Première S2-S4-S5 · Leçon 10
Équations, inéquations, systèmes
Ce que dit le programme officiel (7 points)
- Rappel des acquis de Seconde sur les polynômes et les équations du second degré ; résoudre des équations ou inéquations se ramenant au second degré
- Équations et inéquations bicarrées ramenées au second degré par changement de variable
- Équations irrationnelles du type √f(x) = √g(x) ; √f(x) = ax + b, f et g polynômes de degré inférieur ou égal à 2
- Inéquations irrationnelles du type √f(x) ≤ ax + b ; √f(x) ≥ ax + b ; √f(x) ≤ √g(x) (non exigibles)
- Équations et inéquations avec un paramètre réel, le discriminant étant de degré au plus 2 en fonction du paramètre
- Systèmes d’équations linéaires dans ℝ³ : méthode du pivot de Gauss
- Systèmes d’équations ou d’inéquations : programmation linéaire, solutions déterminées graphiquement
Source : Programme de mathématiques, Premières S2 et S4 (Sénégal), octobre 2006
Équation du second degré : discriminant et racines
Rappel de SecondePour \(ax^2+bx+c=0\) (\(a\ne 0\)), on pose \(\Delta = b^2-4ac\).
Si \(\Delta > 0\) : deux solutions distinctes,
\[ x_1 = \dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}, \qquad x_2 = \dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a}. \]Si \(\Delta = 0\) : une unique solution (racine double), \(x_0 = -\dfrac{b}{2a}\).
Si \(\Delta < 0\) : aucune solution réelle.
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Rappel de SecondeSi \(\Delta > 0\) (racines \(x_1<x_2\)) : \(P(x)\) est du signe de \(a\) à l'extérieur de \([x_1;x_2]\), du signe de \(-a\) entre les racines.
Si \(\Delta = 0\) : \(P(x)\) est du signe de \(a\) partout, sauf en \(x_0\) où il s'annule.
Si \(\Delta < 0\) : \(P(x)\) est du signe de \(a\) pour tout réel \(x\) (jamais nul).
Règle mnémotechnique du Bac : « signe de \(a\), sauf entre les racines ».
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Observez comment le signe du discriminant détermine le nombre de points d'intersection avec l'axe des abscisses.
Discriminant réduit et équations se ramenant au second degré
Rappel de SecondeRésoudre une équation du second degré demande surtout de ne pas se tromper dans les calculs. Lorsque le coefficient de \(x\) est pair, une variante de la formule habituelle, le discriminant réduit, divise par quatre les nombres à manipuler. Par ailleurs, bien des équations qui ne sont pas du second degré le deviennent après un changement d'inconnue ou une mise au même dénominateur : il suffit alors d'appliquer ce que l'on sait déjà.
Soit l'équation \(ax^2+bx+c=0\) avec \(a\neq 0\). On suppose que \(b\) s'écrit \(b=2b'\) (c'est le cas en particulier quand \(b\) est un entier pair). Le discriminant réduit est le nombre
\[\Delta'=b'^2-ac.\]Propriété. \(\Delta=4\Delta'\) : \(\Delta\) et \(\Delta'\) ont le même signe, donc le nombre de solutions se lit sur \(\Delta'\).
- Si \(\Delta'\gt 0\), l'équation a deux solutions : \(x_1=\dfrac{-b'-\sqrt{\Delta'}}{a}\) et \(x_2=\dfrac{-b'+\sqrt{\Delta'}}{a}\).
- Si \(\Delta'=0\), elle a une solution : \(x_0=-\dfrac{b'}{a}\).
- Si \(\Delta'\lt 0\), elle n'a pas de solution réelle.
Démonstration. \(\Delta=b^2-4ac=4b'^2-4ac=4\Delta'\). Si \(\Delta'\geq 0\), alors \(\sqrt\Delta=2\sqrt{\Delta'}\) et \(\dfrac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}=\dfrac{-2b'\pm 2\sqrt{\Delta'}}{2a}=\dfrac{-b'\pm\sqrt{\Delta'}}{a}\).
Équation bicarrée \(ax^4+bx^2+c=0\). On pose \(X=x^2\) : l'équation devient \(aX^2+bX+c=0\). On la résout, puis on revient à \(x\) : chaque solution \(X\) strictement positive donne deux valeurs, \(x=\sqrt X\) et \(x=-\sqrt X\) ; \(X=0\) donne \(x=0\) ; une solution \(X\) négative ne donne rien, car un carré n'est jamais négatif.
Équation avec des fractions. On écrit d'abord les valeurs interdites, celles qui annulent un dénominateur. On réduit ensuite au même dénominateur, on multiplie les deux membres par ce dénominateur (non nul), et l'on obtient une équation du second degré. À la fin, on écarte les solutions qui seraient des valeurs interdites.
Dans tous les cas, on termine en vérifiant les valeurs trouvées dans l'équation de départ.
Énoncé. Résoudre : a) \(3x^2-10x+7=0\) ; b) \(x^2+6x-7=0\).
Solution : a) \(b=-10=2\times(-5)\), donc \(b'=-5\). \(\Delta'=(-5)^2-3\times 7=25-21=4\), strictement positif, et \(\sqrt{\Delta'}=2\). Les solutions sont \(x_1=\dfrac{5-2}{3}=1\) et \(x_2=\dfrac{5+2}{3}=\dfrac73\). Avec la formule habituelle, on aurait manipulé \(\Delta=100-84=16\) : le résultat est le même.
b) \(b'=3\) et \(\Delta'=9-1\times(-7)=16\), donc \(\sqrt{\Delta'}=4\). Les solutions sont \(x_1=-3-4=-7\) et \(x_2=-3+4=1\). Contrôle : la somme vaut \(-6=-\dfrac ba\) et le produit \(-7=\dfrac ca\).
Énoncé. Résoudre : a) \(x^4-5x^2+4=0\) ; b) \(x^4-x^2-12=0\).
Solution : a) On pose \(X=x^2\) : \(X^2-5X+4=0\). \(\Delta=25-16=9\), d'où \(X=\dfrac{5-3}{2}=1\) ou \(X=\dfrac{5+3}{2}=4\). Les deux valeurs sont positives : \(x^2=1\) donne \(x=1\) ou \(x=-1\) ; \(x^2=4\) donne \(x=2\) ou \(x=-2\). L'équation a quatre solutions : \(-2\), \(-1\), \(1\), \(2\).
b) Avec \(X=x^2\) : \(X^2-X-12=0\). \(\Delta=1+48=49\), d'où \(X=\dfrac{1+7}{2}=4\) ou \(X=\dfrac{1-7}{2}=-3\). L'égalité \(x^2=-3\) est impossible ; \(x^2=4\) donne \(x=2\) ou \(x=-2\). L'équation n'a que deux solutions : \(-2\) et \(2\).
Figure — Les quatre solutions de la première équation bicarrée
La courbe d'équation y = x⁴ − 5x² + 4 coupe l'axe des abscisses en quatre points, d'abscisses −2, −1, 1 et 2 : ce sont les solutions trouvées dans l'exemple 2. La courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, ce qui explique que les solutions aillent par paires de nombres opposés.
Énoncé. Résoudre l'équation \(\dfrac1x+\dfrac1{x+3}=\dfrac12\).
Solution : Valeurs interdites : \(x=0\) et \(x=-3\). Pour \(x\) différent de ces deux valeurs, on multiplie les deux membres par \(2x(x+3)\), qui n'est pas nul : \(2(x+3)+2x=x(x+3)\), soit \(4x+6=x^2+3x\), c'est-à-dire
\[x^2-x-6=0.\]\(\Delta=1+24=25\) ; les solutions sont \(\dfrac{1-5}{2}=-2\) et \(\dfrac{1+5}{2}=3\). Aucune n'est une valeur interdite.
Vérification : pour \(x=3\), \(\dfrac13+\dfrac16=\dfrac12\) ; pour \(x=-2\), \(-\dfrac12+1=\dfrac12\). L'ensemble des solutions est \(\{-2\,;3\}\).
Mélanger les deux formules. Avec \(\Delta'\), le dénominateur est \(a\) et non \(2a\), et le numérateur contient \(b'\) et non \(b\). Si l'on hésite, on revient à la formule habituelle.
S'arrêter à \(X\). Dans une équation bicarrée, les solutions de l'équation en \(X\) ne sont pas les solutions de l'équation de départ : il reste à résoudre \(x^2=X\).
Garder une valeur négative de \(X\), ou oublier une racine. \(x^2=-3\) n'a pas de solution ; \(x^2=4\) en a deux, \(2\) et \(-2\).
Oublier les valeurs interdites. L'équation \(\dfrac{x^2-4}{x-2}=0\) n'a pas pour solutions \(2\) et \(-2\) : la valeur 2 annule le dénominateur. La seule solution est \(-2\).
Équations et inéquations avec radicaux
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Les courbes \(y=\sqrt{2x+3}\) et \(y=x\) ne se croisent qu'en \(x=3\) : \(x=-1\), trouvé après élévation au carré, est une solution parasite (la droite \(y=x\) y est négative, incompatible avec une racine carrée).
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Rappel de SecondeUne inéquation \(ax+by \le e\) (avec \(b>0\)) partage le plan en deux demi-plans, séparés par la droite \(ax+by=e\) : les points qui vérifient l'inéquation forment l'un des deux demi-plans (frontière incluse).
Résoudre un système d'inéquations, c'est trouver l'intersection de tous les demi-plans correspondants — une région du plan.
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Rappel de SecondeUn atelier dispose d'un nombre limité d'heures de travail ; un éleveur doit couvrir des besoins alimentaires au moindre coût. Dans les deux cas, on cherche la meilleure décision possible parmi toutes celles que les contraintes autorisent. Lorsque les contraintes et la quantité à optimiser sont du premier degré, le problème se résout par un simple dessin : c'est la programmation linéaire.
Un problème de programmation linéaire à deux inconnues \(x\) et \(y\) comporte :
- des contraintes : un système d'inéquations du premier degré à deux inconnues (souvent, en plus, \(x\geq 0\) et \(y\geq 0\)) ;
- une fonction à optimiser \(z=ax+by\), qu'on veut rendre la plus grande possible (un bénéfice) ou la plus petite possible (un coût).
L'ensemble des points \(M(x\,;y)\) qui vérifient toutes les contraintes est le domaine des contraintes. Chaque inéquation définit un demi-plan limité par une droite ; le domaine est l'intersection de ces demi-plans : c'est une région du plan limitée par des segments de droites, dont les extrémités sont les sommets du domaine.
Pour une valeur donnée de \(z\), les points tels que \(ax+by=z\) forment une droite. Quand \(z\) varie, ces droites, dites droites de niveau, restent parallèles entre elles : elles ont toutes le même vecteur normal \((a\,;b)\).
Propriété (admise). Lorsque la fonction \(z=ax+by\) admet un maximum ou un minimum sur le domaine des contraintes, celui-ci est atteint en un sommet du domaine (ou en tous les points d'un côté, si ce côté est parallèle aux droites de niveau).
Explication graphique. On fait glisser une droite de niveau parallèlement à elle-même. Dans un sens, la valeur de \(z\) augmente ; dans l'autre, elle diminue. La dernière position où la droite touche encore le domaine donne la meilleure valeur : la droite ne touche alors le domaine qu'en un sommet (ou le long d'un côté).
En pratique, il suffit donc de calculer \(z\) en chacun des sommets et de comparer.
1. Choisir les inconnues \(x\) et \(y\), en précisant leur unité et ce qu'elles comptent.
2. Traduire l'énoncé : une inéquation par contrainte, puis l'expression de \(z\).
3. Représenter le domaine. Pour chaque inéquation, on trace la droite frontière, puis on choisit le bon demi-plan en testant un point simple, par exemple l'origine. On hachure ce qui ne convient pas : le domaine est la partie restée blanche.
4. Calculer les sommets. Chacun est l'intersection de deux droites frontières : on résout un système de deux équations à deux inconnues, et l'on vérifie que le point trouvé respecte les autres contraintes.
5. Comparer les valeurs de \(z\) aux sommets, et conclure par une phrase qui répond à la question posée, avec les unités. Si \(x\) et \(y\) doivent être entiers, on s'assure que la solution l'est.
Énoncé. Un atelier fabrique des tables et des bancs. Une table demande 1 heure de menuiserie et 2 heures de finition ; un banc demande 1 heure de menuiserie et 1 heure de finition. Chaque jour, l'atelier dispose de 8 heures de menuiserie et de 14 heures de finition. Le bénéfice est de 3 000 F par table et de 2 000 F par banc. Combien de tables et de bancs faut-il fabriquer par jour pour que le bénéfice soit maximal ?
Solution : Soit \(x\) le nombre de tables et \(y\) le nombre de bancs fabriqués par jour. Les contraintes sont \(x\geq 0\), \(y\geq 0\), \(x+y\leq 8\) (menuiserie) et \(2x+y\leq 14\) (finition). Le bénéfice, en milliers de francs, est \(z=3x+2y\).
Le domaine est le quadrilatère de sommets \(O(0\,;0)\), \(A(7\,;0)\), \(B(6\,;2)\) et \(C(0\,;8)\). Le sommet \(B\) est l'intersection des droites \(x+y=8\) et \(2x+y=14\) : par soustraction \(x=6\), puis \(y=2\). Le point \(A\) vérifie \(2x+y=14\) avec \(y=0\), et \(7+0\leq 8\).
Valeurs de \(z\) : en \(O\), 0 ; en \(A\), \(3\times 7=21\) ; en \(B\), \(18+4=22\) ; en \(C\), \(2\times 8=16\). Le maximum est 22, atteint en \(B\) : l'atelier doit fabriquer 6 tables et 2 bancs par jour, pour un bénéfice de 22 000 F. Toutes les heures disponibles sont alors utilisées.
Figure — Le domaine des contraintes de l'exemple 1 et deux droites de niveau
En bleu clair, le domaine des contraintes : le quadrilatère OABC, limité par les deux axes et par les droites d'équations x + y = 8 et 2x + y = 14. En pointillés or, deux droites de niveau du bénéfice : 3x + 2y = 12, qui traverse le domaine, et 3x + 2y = 22, qui ne le touche plus qu'au sommet B(6 ; 2).
Énoncé. Un éleveur compose chaque jour une ration avec deux aliments. Un kilogramme de l'aliment P apporte 2 unités de protéines et 1 unité de vitamines ; un kilogramme de l'aliment Q apporte 1 unité de protéines et 2 unités de vitamines. La ration doit apporter au moins 8 unités de protéines et au moins 10 unités de vitamines. L'aliment P coûte 400 F le kilogramme, l'aliment Q 300 F. Quelle ration coûte le moins cher ?
Solution : Soit \(x\) et \(y\) les masses, en kilogrammes, des aliments P et Q. Les contraintes sont \(x\geq 0\), \(y\geq 0\), \(2x+y\geq 8\) (protéines) et \(x+2y\geq 10\) (vitamines). Le coût, en centaines de francs, est \(z=4x+3y\).
L'origine ne vérifie aucune des deux dernières inéquations : le domaine est la région située au-dessus des deux droites, dans le quart de plan des coordonnées positives. Il n'est pas borné, mais il a trois sommets : \(D(0\,;8)\), \(E(2\,;4)\) et \(F(10\,;0)\). Le point \(E\) est l'intersection des deux droites : de \(y=8-2x\), on tire \(x+16-4x=10\), d'où \(x=2\) et \(y=4\).
Valeurs de \(z\) : en \(D\), 24 ; en \(E\), \(8+12=20\) ; en \(F\), 40. Comme le coût augmente lorsqu'on s'éloigne de l'origine, il n'y a pas de maximum, mais le minimum est 20, atteint en \(E\) : la ration la moins chère comporte 2 kg de l'aliment P et 4 kg de l'aliment Q, et coûte 2 000 F.
Oublier que les quantités sont positives. Sans \(x\geq 0\) et \(y\geq 0\), le domaine s'étend à des points qui n'ont aucun sens (un nombre négatif de tables).
Choisir le mauvais demi-plan. On teste toujours un point : dans l'exemple 1, l'origine vérifie \(0+0\leq 8\), elle est donc du bon côté de la droite \(x+y=8\) ; dans l'exemple 2, elle ne vérifie pas \(2x+y\geq 8\), elle est du mauvais côté.
Croire que la solution est toujours à l'intersection des deux droites de contraintes. Dans l'exemple 1, si le bénéfice était \(z=4x+y\), on trouverait 28 en \(A(7\,;0)\) et seulement 26 en \(B(6\,;2)\) : le maximum serait en \(A\). Il faut comparer tous les sommets.
Prendre pour sommet un point hors du domaine. Le point \((8\,;0)\) est sur la droite \(x+y=8\), mais il ne vérifie pas \(2x+y\leq 14\) : ce n'est pas un sommet du domaine de l'exemple 1.
Résumé
Si \(b=2b'\) : \(\Delta'=b'^2-ac\) et \(x=\dfrac{-b'\pm\sqrt{\Delta'}}{a}\).
\(\Delta=4\Delta'\) : même signe, donc même nombre de solutions.
On pose \(X=x^2\), on résout, puis on résout \(x^2=X\) pour chaque \(X\geq 0\).
Valeurs interdites d'abord, même dénominateur ensuite, tri des solutions à la fin.
Des contraintes (inéquations du premier degré) et une fonction \(z=ax+by\) à optimiser.
Intersection de demi-plans ; on teste un point pour choisir chaque demi-plan.
Les droites \(ax+by=z\) sont parallèles ; on les fait glisser.
L'optimum est atteint en un sommet : on calcule \(z\) en chaque sommet et l'on compare.
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