Première S2-S4-S5 · Leçon 6
Suites numériques
Ce que dit le programme officiel (10 points)
- Généralités : définition, sens de variation ; démontrer qu’une suite est monotone
- Suites périodiques ; suites bornées : majorer ou minorer une suite
- Comparaison de suites
- Représentation graphique d’une suite
- Suites récurrentes : déterminer les termes d’une suite récurrente
- Raisonnement par récurrence sur des exemples significatifs, sans théorie
- Suites arithmétiques, suites géométriques : définition, terme général en fonction du premier terme, du rang et de la raison
- Somme de p termes consécutifs d’une suite arithmétique ou géométrique ; notation indicielle et notation Σ
- Réels en progression arithmétique ou géométrique
- Convergence d’une suite : suites convergentes introduites sur des exemples simples ; une suite non convergente est divergente ; théorèmes généraux admis ; déterminer des limites de suites convergentes
Source : Programme de mathématiques, Premières S2 et S4 (Sénégal), octobre 2006
Suites : définition, modes de génération
Une suite \((u_n)\) est une liste ordonnée de réels indexée par les entiers. Deux façons courantes de la générer : \(u_n=f(n)\) (terme explicite en fonction du rang \(n\)), ou par récurrence : \(u_{n+1}=f(u_n)\) connaissant le premier terme.
On distingue bien le rang (la position \(n\)) de la valeur \(u_n\) elle-même. Attention à la notation indicielle : \(u_{n+3}\) est le terme de rang \(n+3\), pas \(u_n+3\).
\((u_n)\) est arithmétique de raison \(a\) si \(u_{n+1}=u_n+a\) pour tout \(n\) (on ajoute toujours la même quantité). \((u_n)\) est géométrique de raison \(b\) si \(u_{n+1}=b\,u_n\) (on multiplie toujours par la même quantité).
Arithmétique (premier terme \(u_0\), raison \(a\)) :
\[ u_p = u_0+pa, \qquad u_0+u_1+\cdots+u_{n-1} = n\,\dfrac{u_0+u_{n-1}}{2}. \]Géométrique (premier terme \(u_0\), raison \(b\ne1\)) :
\[ u_p = u_0\,b^p, \qquad u_0+u_1+\cdots+u_{n-1} = u_0\,\dfrac{1-b^n}{1-b}. \]Cas particuliers utiles : \(1+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\) et \(1+b+b^2+\cdots+b^n=\dfrac{1-b^{n+1}}{1-b}\) (\(b\ne1\)).
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Voir les offresSuites monotones, majorées, minorées, bornées
\((u_n)\) est majorée par \(M\) si \(u_n\le M\) pour tout \(n\) (de même pour minorée). Elle est croissante si \(u_{n+1}\ge u_n\) pour tout \(n\) (décroissante si \(u_{n+1}\le u_n\)), périodique de période \(T\) si \(u_{n+T}=u_n\) pour tout \(n\).
Pour démontrer qu'une propriété \(P(n)\) est vraie pour tout entier \(n\ge n_0\), il suffit de montrer :
a) Initialisation : \(P(n_0)\) est vraie.
b) Hérédité : pour un entier quelconque \(n\ge n_0\), si \(P(n)\)
est vraie alors \(P(n+1)\) l'est aussi.
c) Conclusion : \(P(n)\) est vraie pour tout \(n\ge n_0\).
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Voir les offresFigure interactive — Termes d'une suite
Les points représentent \((n\,;\,u_n)\) pour \(n=0,\ldots,10\).
Suites récurrentes uₙ₊₁ = f(uₙ) et point fixe
Un capital placé à la banque, une population qui évolue d'une année sur l'autre, le niveau d'eau d'un réservoir que l'on remplit et vide chaque jour : dans toutes ces situations, on ne connaît pas directement la valeur à une date quelconque, mais on sait passer d'une valeur à la suivante. C'est exactement ce que décrit une suite définie par récurrence.
Soit \(f\) une fonction. Une suite \((u_n)\) est définie par récurrence lorsque l'on donne :
- son premier terme, par exemple \(u_0\) ;
- une relation de récurrence \(u_{n+1}=f(u_n)\), valable pour tout entier naturel \(n\), qui permet de calculer chaque terme à partir du précédent.
Les termes s'obtiennent alors de proche en proche : \(u_1=f(u_0)\), puis \(u_2=f(u_1)\), puis \(u_3=f(u_2)\), et ainsi de suite.
Deux façons de définir une suite, à ne pas confondre. Avec une formule explicite \(u_n=g(n)\), on calcule directement n'importe quel terme à partir de son rang : pour \(u_n=n^2-2\), on a tout de suite \(u_{10}=98\). Avec une relation de récurrence, on applique la fonction au terme précédent, pas au rang : pour obtenir \(u_{10}\), il faut d'abord calculer \(u_1\), \(u_2\), …, \(u_9\).
Des suites déjà connues. Une suite arithmétique de raison \(r\) est définie par \(u_{n+1}=u_n+r\) : c'est une suite récurrente, avec \(f(x)=x+r\). Une suite géométrique de raison \(q\) est définie par \(u_{n+1}=q\,u_n\), avec \(f(x)=qx\).
Calculer les premiers termes. On part du premier terme et l'on applique la relation autant de fois qu'il le faut, en présentant les résultats dans un tableau à deux lignes (le rang \(n\), le terme \(u_n\)). À la calculatrice, on saisit le premier terme, puis on répète le même calcul sur le dernier résultat.
Traduire une situation. On appelle \(u_n\) la quantité étudiée à l'étape \(n\) et l'on écrit ce qui se passe entre l'étape \(n\) et l'étape \(n+1\). Une augmentation de 5 % multiplie par 1,05 ; un ajout fixe s'additionne.
Étudier le sens de variation. On calcule la différence \(u_{n+1}-u_n\) en remplaçant \(u_{n+1}\) par \(f(u_n)\), et l'on étudie son signe. Si elle est positive pour tout \(n\), la suite est croissante ; si elle est négative pour tout \(n\), la suite est décroissante.
Cas d'une suite constante. Si le premier terme \(u_0\) est une solution de l'équation \(f(x)=x\), alors \(u_1=f(u_0)=u_0\), puis \(u_2=u_0\), etc. : tous les termes sont égaux à \(u_0\).
Énoncé. a) La suite \((u_n)\) est définie par \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=2u_n+3\). Calculer \(u_1\) à \(u_5\), puis étudier le sens de variation de la suite. b) On place 100 000 francs sur un compte qui rapporte 5 % par an, et l'on y ajoute 20 000 francs à la fin de chaque année. On note \(c_n\) le capital après \(n\) années. Écrire la relation de récurrence et calculer \(c_3\).
Solution : a) \(u_1=2\times 1+3=5\) ; \(u_2=2\times 5+3=13\) ; \(u_3=2\times 13+3=29\) ; \(u_4=2\times 29+3=61\) ; \(u_5=2\times 61+3=125\).
Pour tout \(n\), \(u_{n+1}-u_n=2u_n+3-u_n=u_n+3\). Or tous les termes sont positifs : le premier l'est, et chaque terme s'obtient à partir du précédent en le multipliant par 2 et en ajoutant 3. Donc \(u_{n+1}-u_n\gt 0\) : la suite est croissante.
b) Chaque année, le capital est multiplié par 1,05, puis augmenté de 20 000 : \(c_0=100\,000\) et \(c_{n+1}=1{,}05\,c_n+20\,000\). On calcule \(c_1=125\,000\), \(c_2=1{,}05\times 125\,000+20\,000=151\,250\), puis \(c_3=1{,}05\times 151\,250+20\,000=178\,812{,}5\). Après trois ans, le capital est de 178 812,5 francs.
Première représentation : les points \((n\,;u_n)\). On place dans un repère les points d'abscisse le rang et d'ordonnée le terme. On ne les relie pas : une suite n'est définie que pour les entiers.
Seconde représentation : la construction « en escalier ». Elle place les termes sur l'axe des abscisses sans aucun calcul. On trace la courbe \(\mathcal C\) de la fonction \(f\) et la droite \(\Delta\) d'équation \(y=x\).
- On place \(u_0\) sur l'axe des abscisses.
- On monte (ou l'on descend) verticalement jusqu'à la courbe \(\mathcal C\) : le point atteint a pour ordonnée \(f(u_0)=u_1\).
- On se déplace horizontalement jusqu'à la droite \(\Delta\) : le point atteint a pour abscisse \(u_1\). On reporte \(u_1\) sur l'axe des abscisses.
- On recommence à partir de \(u_1\) pour obtenir \(u_2\), et ainsi de suite.
La droite \(\Delta\) sert à « rabattre » une ordonnée sur l'axe des abscisses. Les abscisses des points où \(\mathcal C\) coupe \(\Delta\) sont les solutions de \(f(x)=x\) : ce sont les valeurs de \(u_0\) pour lesquelles la suite est constante.
Figure — La construction en escalier pour u₀ = 1 et f(x) = 0,5x + 2
En bleu marine, la droite d'équation y = 0,5x + 2 (courbe de f) ; en or, la droite d'équation y = x. Le trajet bleu part de 1 sur l'axe des abscisses, monte jusqu'à la courbe, rejoint horizontalement la droite dorée, et recommence. Les traits verticaux en pointillés reportent sur l'axe les termes 1 ; 2,5 ; 3,25 ; 3,625. Les marches se resserrent près du point d'intersection des deux droites, d'abscisse 4.
Énoncé. La suite \((u_n)\) est définie par \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=0{,}5\,u_n+2\). a) Calculer \(u_1\) à \(u_5\). b) Que suggère la construction en escalier de la figure ci-dessus ? c) Que devient la suite si l'on prend \(u_0=4\) ? et \(u_0=6\) ?
Solution : a) \(u_1=0{,}5\times 1+2=2{,}5\) ; \(u_2=0{,}5\times 2{,}5+2=3{,}25\) ; \(u_3=3{,}625\) ; \(u_4=3{,}8125\) ; \(u_5=3{,}90625\).
b) Les termes reportés sur l'axe des abscisses avancent vers la droite : la suite semble croissante. Les marches sont de plus en plus petites et les termes s'approchent de 4, abscisse du point d'intersection des deux droites, sans le dépasser. Le calcul du a) va dans le même sens. Ce sont des observations : le graphique ne constitue pas une démonstration.
c) L'équation \(f(x)=x\) s'écrit \(0{,}5x+2=x\), soit \(x=4\). Avec \(u_0=4\), on trouve \(u_1=0{,}5\times 4+2=4\), puis \(u_2=4\)… : la suite est constante. Avec \(u_0=6\), on obtient \(u_1=5\), \(u_2=4{,}5\), \(u_3=4{,}25\) : cette fois les termes diminuent en s'approchant de 4. Le premier terme change le comportement de la suite.
Figure — Les points (n ; uₙ) de la même suite
Les six premiers termes de la suite de l'exemple 2, représentés par les points de coordonnées (0 ; 1), (1 ; 2,5), (2 ; 3,25), (3 ; 3,625), (4 ; 3,8125) et (5 ; 3,90625). Les points montent de moins en moins vite et se rapprochent de la droite en pointillés d'équation y = 4. On ne relie pas les points.
Énoncé. On reprend la suite définie par \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=0{,}5\,u_n+2\). Pour tout entier naturel \(n\), on pose \(v_n=u_n-4\). a) Montrer que la suite \((v_n)\) est géométrique. b) En déduire l'expression de \(u_n\) en fonction de \(n\), puis calculer \(u_{10}\).
Solution : a) Pour tout \(n\), \(v_{n+1}=u_{n+1}-4=0{,}5\,u_n+2-4=0{,}5\,u_n-2=0{,}5\,(u_n-4)=0{,}5\,v_n\). La suite \((v_n)\) est donc géométrique de raison 0,5 ; son premier terme est \(v_0=u_0-4=-3\).
b) On en déduit \(v_n=-3\times 0{,}5^{\,n}\), puis \(u_n=v_n+4\), c'est-à-dire
\[u_n=4-3\times 0{,}5^{\,n}.\]Vérification : pour \(n=1\), la formule donne \(4-1{,}5=2{,}5\), valeur trouvée à l'exemple 2. Enfin \(u_{10}=4-\dfrac{3}{1024}\approx 3{,}997\). On a obtenu \(u_{10}\) sans calculer les neuf termes qui le précèdent : c'est tout l'intérêt d'une formule explicite. Le nombre 4 retranché n'est pas choisi au hasard : c'est la solution de \(f(x)=x\).
Appliquer la fonction au rang. Pour \(u_0=3\) et \(u_{n+1}=u_n^{\,2}-2\), on a \(u_1=3^2-2=7\) et \(u_2=7^2-2=47\). Écrire \(u_2=2^2-2=2\) revient à utiliser la formule explicite \(u_n=n^2-2\), qui définit une autre suite.
Confondre \(u_{n+1}\) et \(u_n+1\). \(u_{n+1}\) est le terme qui suit \(u_n\) ; \(u_n+1\) est le terme \(u_n\) augmenté de 1. Pour la suite de l'exemple 1, \(u_1=5\) alors que \(u_0+1=2\).
Oublier le premier terme. La relation de récurrence seule ne définit pas la suite : avec la même relation, \(u_0=1\), \(u_0=4\) et \(u_0=6\) donnent trois suites différentes (exemple 2).
Prendre une lecture graphique pour une preuve. Le graphique permet de conjecturer le sens de variation ; pour le démontrer, on étudie le signe de \(u_{n+1}-u_n\).
Limite d'une suite, convergence, limites usuelles
Les suites de terme général \(n\), \(n^2\), \(n^3\) tendent vers \(+\infty\) : on note \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=+\infty\). Les suites de terme général \(\dfrac1n\), \(\dfrac1{n^2}\), \(\dfrac1{\sqrt n}\) tendent vers \(0\) : on note \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=L\) (ici \(L=0\)). L'unicité de la limite est admise.
Pour \(u_n=k^n\) avec \(k>0\) :
• si \(0\leqslant k<1\), alors \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}k^n=0\) ;
• si \(k>1\), alors \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}k^n=+\infty\).
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Voir les offresFigure — \((0{,}5)^n\to0\) contre \((1{,}5)^n\to+\infty\)
Même point de départ (\(k^0=1\)), comportements opposés selon que \(k<1\) ou \(k>1\).
Les limites d'une somme, d'un produit par une constante, d'un produit, d'un inverse et d'un quotient de suites s'obtiennent en combinant les limites de chaque suite (sauf formes indéterminées, hors programme).
Remarque propre au programme du Burkina Faso : vérifie ce point dans ton programme.
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Voir les offresSuites : notation Σ, convergence et divergence, comparaison, réels en progression
Ce cours complète l'étude des suites : une écriture courte pour les sommes, la notion de suite convergente, la comparaison de deux suites, et le vocabulaire des nombres « en progression ». Les théorèmes sur les limites sont admis ; on les utilise sur des exemples, en calculant des termes et en les plaçant sur un graphique.
Pour des entiers \(p\le n\), la somme \(u_p+u_{p+1}+\dots+u_n\) se note
\[\sum_{k=p}^{n}u_k .\]La lettre \(k\) est l'indice de sommation : on peut la remplacer par une autre lettre. Cette somme compte \(n-p+1\) termes.
Suite arithmétique. La somme de termes consécutifs vaut
\[\text{(nombre de termes)}\times\frac{\text{premier terme}+\text{dernier terme}}{2}.\]Suite géométrique de raison \(q\neq 1\). Pour tout entier \(n\) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n}q^k=1+q+\dots+q^n=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}\), ce qui vient de \((1+q+\dots+q^n)(1-q)=1-q^{n+1}\). La somme de termes consécutifs d'une suite géométrique de raison \(q\neq 1\) vaut donc \(\text{premier terme}\times\dfrac{1-q^{N}}{1-q}\), où \(N\) est le nombre de termes.
Trois réels \(a\), \(b\), \(c\), pris dans cet ordre, sont en progression arithmétique s'ils sont trois termes consécutifs d'une suite arithmétique, c'est-à-dire si \(b-a=c-b\), soit
\[2b=a+c\quad(b\text{ est la moyenne de }a\text{ et }c).\]Ils sont en progression géométrique s'ils sont trois termes consécutifs d'une suite géométrique ; pour des réels non nuls, cela revient à \(\dfrac ba=\dfrac cb\), soit
\[b^2=ac.\]Pour trois nombres en progression arithmétique, il est commode de les écrire \(b-r\), \(b\), \(b+r\) : leur somme vaut \(3b\).
Une suite \((u_n)\) converge vers le réel \(\ell\) si \(u_n\) est aussi proche de \(\ell\) qu'on le veut dès que \(n\) est assez grand. On note \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=\ell\) ; cette limite est unique. Une suite qui ne converge pas est dite divergente : par exemple une suite qui tend vers \(+\infty\), ou la suite \(\left((-1)^n\right)\), qui prend alternativement les valeurs 1 et \(-1\).
Limites de référence (admises). Les suites \(\dfrac1n\), \(\dfrac1{n^2}\), \(\dfrac1{\sqrt n}\) convergent vers 0. Pour une suite géométrique \((q^n)\) : si \(-1\lt q\lt 1\), elle converge vers 0 ; si \(q\gt 1\), elle tend vers \(+\infty\) ; si \(q=1\), elle est constante.
Théorèmes admis. Les règles sur la somme, le produit et le quotient sont les mêmes que pour les fonctions. Comparaison : si, à partir d'un certain rang, \(u_n\le v_n\) et si \(u_n\) tend vers \(+\infty\), alors \(v_n\) tend vers \(+\infty\). Si, à partir d'un certain rang, \(v_n\le u_n\le w_n\) et si \(v_n\) et \(w_n\) convergent vers le même réel \(\ell\), alors \(u_n\) converge vers \(\ell\).
Suite donnée par une formule \(u_n=f(n)\). On calcule la limite comme pour une fonction en \(+\infty\) : mise en facteur des termes de plus haut degré, limites de référence. On peut aussi écrire \(u_n=\ell+r_n\) avec \(r_n\) qui tend vers 0.
Suite qui oscille ou qui contient \((-1)^n\). On l'encadre par deux suites de même limite, ou on montre qu'elle prend une infinité de fois deux valeurs différentes (elle diverge alors).
Lecture graphique. On place les points \((n\,;u_n)\) : s'ils se rapprochent d'une droite horizontale \(y=\ell\), on conjecture que la suite converge vers \(\ell\), puis on le démontre par le calcul.
Énoncé. Calculer \(\displaystyle S_1=\sum_{k=1}^{20}(3k+1)\), \(\displaystyle S_2=\sum_{k=0}^{9}2^k\), puis exprimer \(\displaystyle T_n=\sum_{k=0}^{n}\left(\frac12\right)^k\) en fonction de \(n\).
Solution : \(S_1\) est une somme de termes d'une suite arithmétique de raison 3 ; elle compte \(20-1+1=20\) termes, de 4 à 61. Donc \(S_1=20\times\dfrac{4+61}{2}=650\).
\(S_2=1+2+\dots+2^9=\dfrac{1-2^{10}}{1-2}=2^{10}-1=1023\). Enfin \(T_n=\dfrac{1-\left(\frac12\right)^{n+1}}{1-\frac12}=2\left(1-\left(\dfrac12\right)^{n+1}\right)\).
Énoncé. Étudier la convergence des suites définies pour \(n\ge 1\) par \(u_n=\dfrac{2n+1}{n+3}\), \(v_n=3-\left(\dfrac12\right)^n\), \(w_n=(-1)^n\), \(a_n=\dfrac{(-1)^n}{n}\) et \(T_n\) de l'exemple 1.
Solution : \(u_n=\dfrac{2n+6-5}{n+3}=2-\dfrac{5}{n+3}\), et \(\dfrac5{n+3}\) tend vers 0 : \((u_n)\) converge vers 2. Comme \(-1\lt\dfrac12\lt 1\), \(\left(\frac12\right)^n\) tend vers 0, donc \((v_n)\) converge vers 3, et \((T_n)\) converge vers 2.
\((w_n)\) vaut 1 pour \(n\) pair et \(-1\) pour \(n\) impair : elle ne se rapproche d'aucun nombre, elle diverge, bien qu'elle soit bornée. Enfin \(-\dfrac1n\le a_n\le\dfrac1n\), et les deux suites qui encadrent convergent vers 0 : \((a_n)\) converge vers 0.
Figure — Les points (n ; uₙ) se rapprochent de la droite y = 2
Les points de coordonnées (n ; uₙ) pour n de 0 à 14, avec uₙ = (2n + 1)/(n + 3), en bleu, et la droite d'équation y = 2, en or. Les points restent sous la droite, puisque uₙ = 2 − 5/(n + 3), et s'en rapprochent : on conjecture puis on démontre que la suite converge vers 2.
Énoncé. a) Trouver les réels \(x\) tels que 2, \(x\), 18 soient en progression géométrique. b) Trouver trois nombres en progression arithmétique dont la somme vaut 15 et le produit 80.
Solution : a) La condition est \(x^2=2\times 18=36\), donc \(x=6\) ou \(x=-6\). Raisons : \(\dfrac62=\dfrac{18}6=3\) dans le premier cas, \(-3\) dans le second.
b) On écrit les nombres \(b-r\), \(b\), \(b+r\). Leur somme \(3b=15\) donne \(b=5\). Leur produit vaut \(5(5-r)(5+r)=5(25-r^2)=80\), soit \(r^2=9\) et \(r=3\) ou \(r=-3\). Les nombres sont 2, 5, 8 (ou 8, 5, 2 dans l'autre ordre). Contrôle : \(2+5+8=15\) et \(2\times5\times8=80\).
Mal compter les termes. De \(k=p\) à \(k=n\), il y a \(n-p+1\) termes, et non \(n-p\) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{5}1=6\).
Appliquer la formule géométrique avec \(q=1\). Elle divise par \(1-q\) : si \(q=1\), tous les termes sont égaux et la somme est simplement le nombre de termes multiplié par le premier.
Croire que divergente veut dire « qui tend vers l'infini ». La suite \(\left((-1)^n\right)\) est bornée et pourtant divergente.
Conclure sur quelques termes. Calculer \(u_1\), \(u_2\), \(u_3\) donne une idée, jamais une preuve : la convergence se démontre par le calcul de la limite ou par un encadrement.
Résumé
Un premier terme et une relation \(u_{n+1}=f(u_n)\) : chaque terme se calcule à partir du précédent.
De proche en proche : \(u_1=f(u_0)\), \(u_2=f(u_1)\)… On ne remplace pas \(n\) dans \(f\).
On étudie le signe de \(u_{n+1}-u_n=f(u_n)-u_n\).
Courbe de \(f\) et droite \(y=x\) : verticale jusqu'à la courbe, horizontale jusqu'à la droite.
Si \(f(u_0)=u_0\), tous les termes sont égaux à \(u_0\).
Arithmétique : nombre de termes \(\times\dfrac{\text{premier}+\text{dernier}}2\). Géométrique : \(1+q+\dots+q^n=\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\) pour \(q\neq 1\).
\(a\), \(b\), \(c\) en progression arithmétique : \(2b=a+c\) ; géométrique : \(b^2=ac\).
\((q^n)\) converge vers 0 si \(-1\lt q\lt 1\) ; une suite non convergente est divergente.
Si \(u_n\le v_n\) et \(u_n\) tend vers \(+\infty\), alors \(v_n\) aussi ; un encadrement par deux suites de même limite donne la limite.
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