Première S2-S4-S5 · Leçon 7
Dénombrement
Ce que dit le programme officiel (11 points)
- Notions élémentaires de la théorie des ensembles : appartenance, réunion…
- Ensemble fini ; cardinal d’un ensemble fini ; opérations sur les cardinaux
- Produit cartésien ; cardinal de A × B ; cardinal de Aᵖ
- p-listes : définition
- p-arrangements ; permutations
- Combinaisons : définition, propriétés ; triangle de Pascal
- Binôme de Newton : utiliser la formule
- Connaître les notations des arrangements, n! et des combinaisons ; connaître et utiliser les formules des p-listes, arrangements et combinaisons
- Utiliser des représentations pour dénombrer (arbres, tableaux) ; tirages successifs ou simultanés, avec ou sans remise
- Modéliser des situations concrètes pour résoudre des problèmes de dénombrement
- Limite : aucun développement théorique ; approche à partir d’activités (jeux de cartes, boules colorées et numérotées)
Source : Programme de mathématiques, Premières S2 et S4 (Sénégal), octobre 2006
Langage des ensembles (inclusion, réunion, intersection, complémentaire)
Pour un ensemble fini \(E\), on note \(\mathrm{Card}(E)\) (ou \(|E|\)) son cardinal, le nombre de ses éléments. \(A\cup B\) est la réunion (éléments de \(A\) ou de \(B\)), \(A\cap B\) l'intersection (éléments communs), \(\overline A\) le complémentaire de \(A\) dans \(E\). Une partition de \(E\) est une famille de parties non vides, deux à deux disjointes, dont la réunion est \(E\).
Si \(A\) et \(B\) sont disjoints (\(A\cap B=\varnothing\)) : \(\mathrm{Card}(A\cup B)=\mathrm{Card}(A)+\mathrm{Card}(B)\). On soustrait le cardinal de l'intersection pour ne pas compter deux fois les éléments communs.
Dans un lycée, 120 élèves font des maths renforcées, 80 font de la physique renforcée, et 35 font les deux. Combien suivent au moins l'une des deux options ?
\[ \mathrm{Card}(A\cup B)=120+80-35=165\ \text{élèves}. \]Figure — Diagramme de Venn de l'exemple ci-dessus
\(120+80-35=165\) : la zone commune (35) n'est comptée qu'une seule fois.
Cardinal d'un ensemble fini, réunion et complémentaire
Pour deux ensembles finis \(A\) et \(B\) :
\[ \text{card}(A\cup B)=\text{card}(A)+\text{card}(B)-\text{card}(A\cap B). \]On retranche \(\text{card}(A\cap B)\) car les éléments communs à \(A\) et \(B\) seraient sinon comptés deux fois. Si \(A\) et \(B\) sont disjoints (\(A\cap B=\varnothing\)), on retrouve simplement \(\text{card}(A\cup B)=\text{card}(A)+\text{card}(B)\) — c'est le principe de partition. Pour le complémentaire \(\overline A\) de \(A\) dans un ensemble \(E\) : \(\text{card}(\overline A)=\text{card}(E)-\text{card}(A)\).
Dans une classe de \(30\) élèves, \(18\) pratiquent le football (\(F\)), \(12\) pratiquent le basketball (\(B\)), et \(6\) pratiquent les deux. Combien pratiquent au moins un des deux sports ? Combien n'en pratiquent aucun ?
\[ \text{card}(F\cup B)=18+12-6=24. \]Élèves ne pratiquant aucun des deux sports : \(30-\text{card}(F\cup B)=30-24=6\).
Figure — Diagramme de Venn de l'exemple (classe de 30 élèves)
\(12\) élèves ne pratiquent que le football, \(6\) que le basketball, \(6\) les deux, \(6\) aucun des deux — total \(12+6+6+6=30\).
Dénombrer avec un arbre de choix ou un tableau
Dénombrer, c'est compter sans rien oublier et sans rien compter deux fois. Avant toute formule, deux outils permettent d'y parvenir en organisant les possibilités : l'arbre de choix et le tableau. Ils restent indispensables dans les situations où aucune formule ne s'applique.
Un arbre de choix représente une situation où l'on fait plusieurs choix l'un après l'autre.
- On part d'un point, la racine.
- Chaque étape de choix est un niveau de l'arbre : de chaque point partent autant de branches qu'il y a de choix possibles à cette étape.
- Un chemin va de la racine à une extrémité de l'arbre ; il correspond à un résultat complet, c'est-à-dire à une suite de choix.
Le nombre de résultats possibles est le nombre de chemins, c'est-à-dire le nombre d'extrémités de l'arbre.
Lorsque le nombre de branches est le même en chaque point d'un niveau, on dit que l'arbre est régulier ; sinon il est irrégulier, et il faut le dessiner en entier pour compter.
Si une situation se décompose en étapes successives, avec \(n_1\) choix à la première étape, puis \(n_2\) choix à la deuxième quel que soit le premier choix, puis \(n_3\) choix à la troisième quels que soient les deux premiers, et ainsi de suite, alors le nombre total de résultats est le produit
\[n_1\times n_2\times n_3\times\cdots\]Justification. Dans l'arbre, il y a \(n_1\) branches au premier niveau ; de chacune partent \(n_2\) branches, ce qui donne \(n_1\times n_2\) chemins de deux étapes ; chacun se prolonge de \(n_3\) façons, et ainsi de suite.
Ce principe suppose un arbre régulier. Il dispense de dessiner toutes les branches : on en trace quelques-unes pour comprendre, puis on multiplie.
Lorsqu'un résultat est formé de deux composantes, on peut le ranger dans un tableau : les lignes correspondent aux valeurs de la première composante, les colonnes aux valeurs de la seconde. Chaque case représente un résultat et un seul. Avec \(n\) lignes et \(p\) colonnes, le tableau compte \(n\times p\) cases : c'est le cardinal du produit cartésien de deux ensembles à \(n\) et \(p\) éléments.
Un tableau sert aussi à répartir une population selon deux critères (fille ou garçon, sportif ou non, par exemple). On écrit alors dans chaque case un effectif, avec une ligne et une colonne de totaux : les effectifs manquants s'obtiennent par addition ou soustraction.
1. Décrire un résultat. Se demander ce qu'est exactement un résultat : une suite de choix ordonnés ? un couple ? une personne classée selon deux critères ?
2. Choisir l'outil. Des choix successifs (trois étapes ou plus, ou des choix qui dépendent des précédents) : un arbre. Deux composantes seulement : un tableau à double entrée, plus rapide à remplir. Une population et deux critères : un tableau d'effectifs.
3. Compter. Si l'arbre est régulier, multiplier les nombres de branches de chaque niveau. S'il est irrégulier, le dessiner entièrement et compter ses extrémités. Dans un tableau, compter les cases qui conviennent.
4. Contrôler. Vérifier que chaque résultat apparaît une fois et une seule, et relire l'énoncé : l'ordre des choix compte-t-il ?
Énoncé. Une cantine propose 2 entrées (salade, soupe), 3 plats (poulet, poisson, riz) et 2 desserts (fruit, gâteau). Un menu comporte une entrée, un plat et un dessert. a) Combien de menus différents peut-on composer ? b) Combien contiennent du poisson ? c) On interdit d'associer la soupe et le riz : combien de menus reste-t-il ?
Solution : a) L'arbre a trois niveaux : 2 branches pour l'entrée, puis 3 pour le plat, puis 2 pour le dessert. Il est régulier : \(2\times 3\times 2=12\) menus.
b) Le plat est imposé : il reste \(2\times 1\times 2=4\) menus.
c) Les menus interdits sont ceux qui passent par « soupe » puis « riz » : il y en a 2 (un par dessert). Il reste \(12-2=10\) menus. L'arbre n'est plus régulier : après « soupe », il n'y a que 2 plats possibles, alors qu'il y en a 3 après « salade ». On peut aussi compter \(1\times 3\times 2+1\times 2\times 2=6+4=10\).
Énoncé. On lance un dé rouge et un dé vert, numérotés de 1 à 6, et l'on note la somme des deux numéros. a) Combien y a-t-il de résultats possibles ? b) Combien donnent une somme égale à 8 ? une somme au moins égale à 10 ? c) Quelle somme est obtenue le plus souvent ?
Solution : a) Un résultat est un couple (numéro rouge ; numéro vert). On dresse le tableau des sommes : 6 lignes et 6 colonnes, donc \(6\times 6=36\) résultats.
| + | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
b) La somme 8 apparaît dans 5 cases : \((2\,;6)\), \((3\,;5)\), \((4\,;4)\), \((5\,;3)\), \((6\,;2)\). Les sommes 10, 11 et 12 occupent \(3+2+1=6\) cases.
c) La somme 7 occupe toute une diagonale du tableau : 6 cases. C'est la somme la plus fréquente.
Énoncé. Deux joueurs, A et B, s'affrontent. Le premier qui gagne deux manches remporte le match, et l'on arrête alors de jouer. Combien de déroulements différents le match peut-il avoir ? Dans combien de cas A est-il vainqueur ?
Solution : On note à chaque manche le nom du gagnant. Après « A puis A » ou « B puis B », le match s'arrête : ces branches ne se prolongent pas. Après « A puis B » ou « B puis A », une troisième manche est nécessaire. L'arbre est irrégulier ; on le dessine en entier (figure ci-dessous) et l'on compte ses extrémités : AA, ABA, ABB, BAA, BAB, BB, soit 6 déroulements.
Le joueur A gagne dans 3 cas : AA, ABA et BAA. Le produit \(2\times 2\times 2=8\) serait faux ici : il compterait des manches jouées après la fin du match.
Figure — L'arbre du match en deux manches gagnantes
Chaque niveau est une manche et chaque branche porte le nom du gagnant. Les deux branches du haut et du bas s'arrêtent au deuxième niveau : le match est terminé. Les six extrémités sont les six déroulements possibles ; en or, les trois où le joueur A l'emporte, en bleu les trois où c'est le joueur B.
Énoncé. Dans une classe de 30 élèves, 18 pratiquent le football. La classe compte 12 filles, dont 5 pratiquent le football. Combien de garçons ne pratiquent pas le football ?
Solution : On dresse un tableau à deux critères et l'on y place d'abord les quatre nombres de l'énoncé : 30, 18, 12 et 5. Les autres s'obtiennent par soustraction.
| Football | Pas de football | Total | |
|---|---|---|---|
| Filles | 5 | 7 | 12 |
| Garçons | 13 | 5 | 18 |
| Total | 18 | 12 | 30 |
Garçons : \(30-12=18\). Garçons qui pratiquent le football : \(18-5=13\). Filles qui ne le pratiquent pas : \(12-5=7\). Garçons qui ne le pratiquent pas : \(18-13=5\). Contrôle par la colonne : \(7+5=12=30-18\). Cinq garçons ne pratiquent pas le football.
Multiplier alors que l'arbre est irrégulier. Le principe multiplicatif exige le même nombre de choix à chaque étape, quels que soient les choix précédents. Dans le match de l'exemple 3, ce n'est pas le cas : il faut compter les extrémités une à une.
Compter un ordre qui n'existe pas. Un arbre range les choix dans un ordre. Si l'on doit désigner deux délégués parmi trois élèves A, B et C, l'arbre « premier choisi, second choisi » donne \(3\times 2=6\) chemins, mais « A puis B » et « B puis A » désignent la même paire de délégués : il n'y a que 3 paires. Avant de conclure, il faut toujours se demander si deux chemins différents donnent ou non le même résultat.
Produit cartésien, parties d'un ensemble et p-uplets
Pour \(E\) et \(F\) finis, de cardinaux \(n\) et \(m\), et \(p\) un entier naturel :
\[ \text{card}(E\times F)=n\times m, \qquad \text{card}\bigl(\mathcal P(E)\bigr)=2^n, \qquad \text{card}(E^p)=n^p. \]\(\mathcal P(E)\) désigne l'ensemble des parties de \(E\) (sous-ensembles de \(E\), \(\varnothing\) et \(E\) inclus). \(E^p\) désigne l'ensemble des \(p\)-uplets d'éléments de \(E\) (des \(p\)-listes ordonnées, avec répétitions possibles).
Produit cartésien. Un menu propose \(4\) entrées et \(3\) plats. Nombre de menus (entrée, plat) possibles : \(4\times3=12\).
Parties. Un ensemble \(E\) à \(5\) éléments possède \(2^5=32\) parties (dont \(\varnothing\) et \(E\) lui-même).
\(p\)-uplets. Un digicode comporte \(4\) chiffres, chacun choisi parmi \(\{0,1,\dots,9\}\), avec répétitions autorisées : nombre de codes possibles \(=10^4=10\,000\).
Arrangements
Dénombrer, c'est compter sans tout écrire. Avant toute formule, deux questions décident du modèle : l'ordre des éléments compte-t-il ? un même élément peut-il être choisi plusieurs fois ? Une fois ces deux réponses connues, le calcul se fait en une ligne.
Un arrangement de \(p\) éléments pris parmi \(n\) (\(p\leqslant n\)) est une liste ordonnée de \(p\) éléments distincts choisis parmi les \(n\). Leur nombre, noté \(A_n^p\), vaut :
\[ A_n^p=n\times(n-1)\times\cdots\times(n-p+1)=\dfrac{n!}{(n-p)!}. \]C'est aussi le nombre d'applications injectives d'un ensemble à \(p\) éléments vers un ensemble à \(n\) éléments. Une permutation est le cas particulier \(p=n\) : \(A_n^n=n!\).
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Voir les offresFigure — Arbre des arrangements de 2 lettres parmi \(\{A,B,C\}\)
3 choix pour la première lettre, puis 2 choix restants pour la seconde : \(A_3^2=3\times2=6\) arrangements, un par branche finale.
Principe multiplicatif. Si un choix se fait en plusieurs étapes successives, avec \(n_1\) possibilités à la première, puis \(n_2\) à la deuxième quel que soit le premier choix, et ainsi de suite, le nombre total de choix est \(n_1\times n_2\times\cdots\). C'est le dénombrement d'un produit cartésien, que l'on visualise par un arbre.
On choisit successivement \(p\) éléments dans un ensemble de \(n\) éléments, en tenant compte de l'ordre :
| Situation | Nombre de choix |
|---|---|
| répétitions permises (\(p\)-liste) | \(n^p\) |
| éléments distincts, \(p\leq n\) (arrangement) | \(A_n^p=\dfrac{n!}{(n-p)!}\) |
| tous les éléments, une fois chacun (permutation) | \(n!\) |
Les trois formules sont des cas du principe multiplicatif : \(n\) choix à chaque étape pour une \(p\)-liste ; \(n\), puis \(n-1\), puis \(n-2\)… pour un arrangement.
1. Décrire un résultat sous forme d'une liste : que choisit-on, et combien de fois ?
2. L'ordre compte-t-il ? Oui si échanger deux éléments donne un résultat différent (rangs, rôles distincts, positions dans un mot ou un code).
3. Répétition possible ? Oui pour un code ou un mot quelconque ; non pour des personnes, des places, des objets distincts.
4. Contraintes (un élément imposé, des éléments voisins, un premier chiffre non nul) : on commence par l'étape la plus contrainte, ou l'on compte le contraire et on le retire du total.
5. Contrôler sur un cas réduit en écrivant toutes les possibilités, ou avec un arbre.
Énoncé. Un cadenas s'ouvre avec un code de 4 chiffres (de 0 à 9). Combien de codes existe-t-il a) en tout ; b) formés de chiffres tous différents ; c) formés de chiffres différents et ne commençant pas par 0 ?
Solution : a) l'ordre compte et les répétitions sont permises : \(10^4=10\,000\) codes. b) chiffres distincts : \(A_{10}^4=10\times9\times8\times7=5\,040\) codes.
c) on commence par le premier chiffre, le plus contraint : 9 choix (de 1 à 9) ; puis 9 choix pour le deuxième (le 0 est revenu, le premier chiffre est exclu), puis 8, puis 7. Total : \(9\times9\times8\times7=4\,536\) codes. On en déduit aussi qu'il y a \(10\,000-5\,040=4\,960\) codes avec au moins deux chiffres égaux.
Énoncé. On appelle anagramme du mot MATHS tout mot formé avec ses cinq lettres, chacune utilisée une fois. Combien y a-t-il d'anagrammes ? Combien commencent par M ? Combien ont les lettres A et T côte à côte ?
Solution : les cinq lettres sont distinctes : une anagramme est une permutation des 5 lettres, il y en a \(5!=120\). Si la première lettre est M, il reste à ranger les 4 autres : \(4!=24\) anagrammes.
Pour A et T côte à côte, on colle les deux lettres en un bloc : on range 4 objets (le bloc, M, H, S), soit \(4!=24\) façons, puis on choisit l'ordre dans le bloc (AT ou TA), soit 2 façons. Total : \(24\times2=48\) anagrammes.
Énoncé. Un club de 12 membres élit un président, un trésorier et un secrétaire, trois personnes différentes. Combien de bureaux sont possibles ? Combien comptent Awa, l'une des membres ?
Solution : les rôles sont distincts, donc l'ordre compte, et une personne n'occupe qu'un poste : \(A_{12}^3=12\times11\times10=1\,320\) bureaux.
Si Awa est dans le bureau : on choisit son poste (3 choix), puis les deux autres postes parmi les 11 autres membres, \(A_{11}^2=110\) façons. Total : \(3\times110=330\). Contrôle par le contraire : sans Awa, il y a \(A_{11}^3=990\) bureaux, et \(1\,320-990=330\).
Énoncé. On range sur une étagère 3 livres de mathématiques et 2 livres de physique, tous différents, de sorte que les livres d'une même matière soient côte à côte. Combien de rangements sont possibles ?
Solution : on procède par étapes. On choisit l'ordre des deux matières (mathématiques puis physique, ou l'inverse) : 2 façons. On range les 3 livres de mathématiques entre eux : \(3!=6\) façons ; puis les 2 livres de physique : \(2!=2\) façons. Total : \(2\times6\times2=24\) rangements, sur les \(5!=120\) rangements possibles sans contrainte.
Oublier qu'un chiffre peut se répéter (ou l'autoriser quand il s'agit de personnes). Le nombre de codes à 4 chiffres est \(10^4\), pas \(A_{10}^4\) ; un bureau ne peut pas avoir deux fois la même personne.
Additionner au lieu de multiplier. Des étapes successives (« puis ») se multiplient ; on n'additionne que des cas qui s'excluent (« ou bien … ou bien »), comme les deux ordres des matières si on les comptait séparément : \(12+12=24\).
Commencer par une étape non contrainte. Pour l'exemple 1 c), si l'on choisit d'abord les trois derniers chiffres, il reste 7 chiffres pour le premier, dont 6 ou 7 permis selon que le 0 a déjà servi ou non : le principe multiplicatif ne s'applique plus directement : on traite toujours d'abord la position soumise à une contrainte.
Factorielle et permutations
Une permutation d'un ensemble à \(n\) éléments est un rangement ordonné de ces \(n\) éléments, chacun utilisé une seule fois. Le nombre de permutations est \(n!\) (« factorielle \(n\) »), défini par \(n!=n\times(n-1)\times\cdots\times2\times1\), avec \(0!=1\).
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Une combinaison de \(p\) éléments pris parmi \(n\) est une partie à \(p\) éléments d'un ensemble à \(n\) éléments — contrairement à l'arrangement, l'ordre n'intervient pas. Leur nombre, noté \(\binom np\) (ou \(C_n^p\)), s'obtient en divisant le nombre d'arrangements par le nombre \(p!\) de façons de réordonner chaque groupe de \(p\) éléments :
\[ \binom np=\dfrac{A_n^p}{p!}=\dfrac{n!}{p!\,(n-p)!}. \]Réservé aux abonnés Premium et Élève-Classe.
Voir les offresTriangle de Pascal et formule du binôme
La première traduit le fait que choisir \(p\) éléments à garder revient à choisir les \(n-p\) éléments à écarter. La seconde (« relation de Pascal ») permet de construire le triangle de Pascal, où chaque nombre est la somme des deux nombres juste au-dessus.
Les coefficients \(\binom nk\) se lisent directement sur la ligne \(n\) du triangle de Pascal.
Figure — Triangle de Pascal (\(n=0\) à \(5\))
Chaque valeur est la somme des deux valeurs juste au-dessus (relation \(\binom np+\binom n{p+1}=\binom{n+1}{p+1}\)).
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Voir les offresTirages successifs ou simultanés, avec ou sans remise
Tirer des boules d'une urne, des cartes d'un jeu, choisir des élèves pour une équipe : ces situations reviennent sans cesse en dénombrement. Avant de calculer, il faut répondre à deux questions : l'ordre compte-t-il ? un même objet peut-il être tiré plusieurs fois ? La réponse désigne l'outil : p-liste, arrangement ou combinaison.
Une urne contient \(n\) boules discernables (par exemple numérotées). On en tire \(p\).
- Tirages successifs avec remise : on tire une boule, on note le résultat, on la remet, et on recommence \(p\) fois. Un résultat est une suite ordonnée de \(p\) boules, avec répétitions possibles : une p-liste. Nombre de résultats : \(n^p\).
- Tirages successifs sans remise : on ne remet pas la boule tirée (\(p\le n\)). Un résultat est une suite ordonnée de \(p\) boules distinctes : un arrangement. Nombre de résultats : \(A_n^p=n(n-1)\cdots(n-p+1)=\dfrac{n!}{(n-p)!}\).
- Tirage simultané : on prend \(p\) boules d'un coup. Un résultat est une partie à \(p\) éléments, sans ordre : une combinaison. Nombre de résultats : \(C_n^p=\dfrac{A_n^p}{p!}=\dfrac{n!}{p!\,(n-p)!}\).
Le lien entre les deux derniers cas : chaque tirage simultané de \(p\) boules correspond à \(p!\) tirages successifs sans remise, un par ordre possible.
Tirage simultané. On choisit séparément dans chaque catégorie et on multiplie : « 2 rouges et 1 verte » donne \(C_5^2\times C_3^1\) si l'urne a 5 rouges et 3 vertes.
Tirages successifs. On choisit d'abord les places des objets de chaque catégorie dans la suite, puis on remplit ces places. Un arbre aide à ne rien oublier : on multiplie le long d'un chemin, on additionne les chemins.
« Au moins un ». On passe au contraire : nombre total moins nombre de tirages qui n'en contiennent aucun.
Contrôle. La somme des nombres obtenus pour toutes les compositions possibles doit redonner le nombre total de tirages.
Énoncé. Une urne contient 5 boules rouges et 3 boules vertes, toutes discernables. On tire 3 boules. Combien y a-t-il de tirages possibles a) simultanément, b) successivement sans remise, c) successivement avec remise ?
Solution : L'urne contient 8 boules. a) Parties à 3 éléments : \(C_8^3=\dfrac{8\times7\times6}{3\times2\times1}=56\). b) Arrangements : \(A_8^3=8\times7\times6=336\). c) 3-listes : \(8^3=512\).
On vérifie le lien entre a) et b) : \(336=56\times 3!\), chaque groupe de 3 boules pouvant sortir dans \(3!=6\) ordres.
Énoncé. Avec l'urne de l'exemple 1, dénombrer les tirages de 3 boules contenant exactement 2 rouges, dans chacun des trois modes. Puis dénombrer les tirages simultanés contenant au moins une verte.
Solution : Simultané : on choisit 2 rouges parmi 5 et 1 verte parmi 3 : \(C_5^2\times C_3^1=10\times3=30\).
Successif sans remise : on choisit d'abord la place de la verte (3 choix) ; on remplit les deux autres places, dans l'ordre, par 2 rouges distinctes (\(A_5^2\) choix), puis la place de la verte par l'une des 3 vertes :\(3\times A_5^2\times 3=3\times20\times3=180\). (C'est aussi \(30\times 3!\).)
Successif avec remise : 3 choix de la place de la verte, puis \(5\times5\) pour les rouges et 3 pour la verte : \(3\times25\times3=225\).
Au moins une verte (simultané) : il y a \(C_5^3=10\) tirages sans verte, donc \(56-10=46\) tirages avec au moins une verte.
Figure — Arbre de deux tirages successifs sans remise
L'urne contient 5 rouges (R) et 3 vertes (V). Au premier tirage, 5 boules donnent R et 3 donnent V ; au second, il reste une boule de moins de la couleur tirée. En multipliant le long de chaque chemin, on obtient 20, 15, 15 et 6 tirages, dont la somme 56 est bien A₈² = 8 × 7.
Énoncé. a) Combien de codes de 4 chiffres (de 0 à 9) peut-on former ? Et si les chiffres doivent être distincts ? b) Dans une classe de 12 élèves, combien de façons de choisir 3 délégués ? Et de choisir un président, un secrétaire et un trésorier ?
Solution : a) Un code est une suite ordonnée de 4 chiffres pris parmi 10, avec répétition possible : c'est une 4-liste, \(10^4=10\,000\) codes. Avec des chiffres distincts, c'est un arrangement : \(A_{10}^4=10\times9\times8\times7=5040\).
b) Trois délégués sans rôle : l'ordre ne compte pas, c'est une combinaison, \(C_{12}^3=220\). Avec trois rôles différents, l'ordre compte (le premier choisi est président, etc.) : c'est un arrangement, \(A_{12}^3=12\times11\times10=1320\).
Confondre simultané et successif. Tirer 3 boules d'un coup donne 56 résultats, les tirer une à une sans remise en donne 336 : dans le second cas, \(\{1,2,3\}\) et \(\{3,2,1\}\) sont deux résultats différents.
Oublier les places dans un tirage successif. « 2 rouges et 1 verte » en tirages successifs ne se compte pas \(A_5^2\times A_3^1\) seulement : la verte peut sortir en premier, en deuxième ou en troisième, d'où le facteur 3.
Compter « au moins un » directement. Additionner les cas « une verte », « deux vertes », « trois vertes » est possible mais long et source d'oublis ; le passage au contraire est plus sûr.
Résumé
Un niveau par étape, une branche par choix ; un résultat est un chemin de la racine à une extrémité.
Arbre régulier : on multiplie les nombres de choix, \(n_1\times n_2\times n_3\times\cdots\)
Aucune formule : on dessine tout l'arbre et l'on compte ses extrémités.
Pour des résultats à deux composantes : \(n\) lignes et \(p\) colonnes donnent \(n\times p\) cases.
Tableau d'effectifs avec totaux : les cases manquantes se trouvent par soustraction.
Ordre et répétitions : p-listes, \(n^p\) résultats.
Ordre, pas de répétition : arrangements, \(A_n^p=\dfrac{n!}{(n-p)!}\).
Ni ordre ni répétition : combinaisons, \(C_n^p=\dfrac{n!}{p!\,(n-p)!}\).
Total moins le nombre de tirages qui n'en contiennent aucun.
\(\text{card}(A\cup B)=\text{card}(A)+\text{card}(B)-\text{card}(A\cap B)\).
\(\text{card}(\overline A)=\text{card}(E)-\text{card}(A)\).
\(\text{card}(E\times F)=\text{card}(E)\times\text{card}(F)\).
\(\text{card}(\mathcal P(E))=2^n\) ; \(\text{card}(E^p)=n^p\).
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Voir les offres\(\mathrm{Card}(A\cup B)=\mathrm{Card}A+\mathrm{Card}B-\mathrm{Card}(A\cap B)\).
\(\mathrm{Card}(A\times B)=\mathrm{Card}A\times\mathrm{Card}B\).
\(\mathrm{Card}(\mathcal P(E))=2^n\).
\(\mathrm{Card}(E^p)=n^p\).
Sujet type devoir
Question 1. Dans un groupe de \(50\) personnes, \(28\) parlent anglais, \(15\) parlent espagnol, \(8\) parlent les deux langues. Combien parlent au moins une des deux langues ? Combien n'en parlent aucune ?
\(\text{card}(A\cup E)=28+15-8=35\). Aucune des deux langues : \(50-35=15\).
Question 2. Un cadenas à combinaison comporte \(3\) anneaux, chacun réglable sur un chiffre de \(0\) à \(9\). Combien de combinaisons différentes existe-t-il ?
\(10^3=1\,000\) combinaisons.
Question 3. Soit \(E\) un ensemble à \(6\) éléments. Combien \(E\) a-t-il de parties au total ? Combien de parties propres non vides (on exclut \(\varnothing\) et \(E\)) ?
\(2^6=64\) parties au total. En retirant \(\varnothing\) et \(E\) : \(64-2=62\).
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Voir les offresQuestion 1. Sur 200 élèves, 130 aiment les maths, 90 aiment la physique, 45 aiment les deux. Combien n'aiment ni l'une ni l'autre ?
\(\mathrm{Card}(A\cup B)=130+90-45=175\). Aucune des deux : \(200-175=25\) élèves.
Question 2. Une plaque d'immatriculation est formée de 3 lettres (parmi 26) suivies de 4 chiffres (parmi 10), toutes répétitions autorisées. Combien de plaques distinctes ?
\(26^3\times10^4=17\,576\times10\,000=175\,760\,000\) plaques.
Question 3. Combien l'ensemble \(\{1,2,3,4,5\}\) a-t-il de parties de cardinal quelconque ? Combien de parties non vides ?
\(2^5=32\) parties en tout ; \(32-1=31\) parties non vides (on retire \(\varnothing\)).
