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Terminale D · Leçon 3

Suites numériques

Ce que dit le programme officiel (18 points)
  • Raisonnement par récurrence
  • Utiliser le raisonnement par récurrence pour établir certaines propriétés
  • Convergence d’une suite
  • Propriétés de convergence des suites
  • Suites divergentes
  • Démontrer qu’une suite est convergente
  • Utiliser la propriété : toute suite croissante (resp. décroissante) et majorée (resp. minorée) est convergente
  • Utiliser la propriété : si uₙ₊₁ = f(uₙ), (uₙ) convergente de limite l et f continue en l alors f(l) = l
  • Exemples de suites de la forme uₙ = aⁿ, uₙ = n^α, uₙ₊₁ = f(uₙ) et uₙ₊₁ = a uₙ + b uₙ₋₁ (α, a et b réels)
  • Théorèmes de comparaison des suites (admis). Si, à partir d’un certain rang : uₙ ≤ vₙ et lim uₙ = + ∞, alors lim vₙ = + ∞ ; |vₙ – L| ≤ uₙ et lim uₙ = 0, alors lim vₙ = L ; uₙ ≤ vₙ, lim uₙ = L et lim vₙ = L’, alors L ≤ L’ ; uₙ ≤ vₙ ≤ wₙ et lim uₙ = lim wₙ = L, alors lim vₙ = L
  • Théorème de comparaison : uₙ comparée à vₙ et limite de uₙ égale à + ∞, alors limite de vₙ égale à + ∞
  • Théorème de comparaison : |vₙ – L| comparée à uₙ et limite de uₙ égale à 0, alors limite de vₙ égale à L
  • Théorème de comparaison : uₙ comparée à vₙ, limite de uₙ égale à L et limite de vₙ égale à L’, alors L comparée à L’
  • Théorème de comparaison : vₙ encadrée par uₙ et wₙ, limites de uₙ et de wₙ égales à L, alors limite de vₙ égale à L
  • Utiliser les théorèmes de comparaison lors de la résolution des problèmes
  • Limite : ces propriétés sont admises
  • Limite : les suites arithmétiques et géométriques ne sont pas reprises mais sont utilisées au cours des différentes activités
  • Limite : pour étudier la convergence d’une suite de la forme uₙ₊₁ = a uₙ + b avec a ≠ 1, on étudie la suite auxiliaire vₙ = uₙ – b/(1 – a)

Source : Programme de mathématiques, classe de Terminale D, ministère des Enseignements secondaires (Niger)

Raisonnement par récurrence

Principe

Méthode pour démontrer qu'une propriété \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout entier \(n\geq n_0\)

Les 3 étapes obligatoires
  1. Initialisation : vérifier que \(\mathcal{P}(n_0)\) est vraie.
  2. Hérédité : supposer \(\mathcal{P}(n)\) vraie pour un certain \(n\geq n_0\) (hypothèse de récurrence), puis démontrer \(\mathcal{P}(n+1)\) en utilisant cette hypothèse.
  3. Conclusion : "D'après le principe de récurrence, \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout \(n\geq n_0\)."
Les 3 erreurs éliminatoires
  • Oublier l'initialisation — démonstration incomplète, note = 0
  • Ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence — écrire explicitement "par hypothèse de récurrence, \(u_n=\ldots\)" avant de l'utiliser
  • Omettre la conclusion globale — phrase finale indispensable pour le correcteur
Exemple 1 — Somme des entiers

Démontrons que pour tout \(n\geq 1\) : \(\displaystyle 1+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\)

Init. : Pour \(n=1\) : \(1=\frac{1\times 2}{2}=1\). Vrai.

Hér. : Supposons \(1+\cdots+n=\frac{n(n+1)}{2}\). Alors :

\[1+\cdots+n+(n+1)=\frac{n(n+1)}{2}+(n+1)=\frac{(n+1)(n+2)}{2}\]

Correspond à la formule au rang \(n+1\). Vrai.

Concl. : Par récurrence, \(1+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\) pour tout \(n\geq 1\).

Exemple 2 — Terme général d'une suite récurrente

Suite : \(u_0=1\), \(u_{n+1}=3u_n+2\). Montrons que \(u_n=2\times 3^n-1\).

Init. : \(u_0=1\) et \(2\times 3^0-1=1\). Vrai.

Hér. : Supposons \(u_n=2\times 3^n-1\). Alors :

\[u_{n+1}=3(2\times 3^n-1)+2=6\times 3^n-1=2\times 3^{n+1}-1\]

Correspond à la formule au rang \(n+1\). Vrai.

Concl. : Par récurrence, \(u_n=2\times 3^n-1\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\).

Marquer l'hypothèse de récurrence

Sur la copie, écrire "par H.R." ou "par hypothèse de récurrence" au-dessus du signe "=" au moment où vous l'utilisez. Le correcteur doit voir clairement ce moment-clé.

Limite d'une suite, convergence, limites usuelles

Limite finie — Convergence

\(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=\ell\) : la suite est convergente. Elle peut diverger sans avoir de limite : \(u_n=(-1)^n\) oscille entre −1 et 1.

Tableau de référence
Suite \(u_n\)Limite en \(+\infty\)
\(\dfrac{1}{n^p}\) (\(p>0\))0
\(n^p\) (\(p>0\))\(+\infty\)
\(q^n\) si \(|q|<1\)0
\(q^n\) si \(q>1\)\(+\infty\)
\(q^n\) si \(q=1\)1
\(q^n\) si \(q\leq-1\)Pas de limite
Règle clé — puissances de q

Si \(|q|<1\) alors \(q^n\to 0\). Exemples : \(\left(\frac{1}{2}\right)^n\to 0\), \((0{,}9)^n\to 0\), \((-0{,}3)^n\to 0\). Si \(|q|>1\) la suite diverge.

Formes indéterminées — factoriser par le terme dominant

Les formes \(+\infty-\infty\), \(0\times\infty\), \(\frac{\infty}{\infty}\), \(\frac{0}{0}\) ne peuvent pas être calculées directement.

Exemple : \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\frac{3n^2+2n-1}{5n^2-4}=\lim\frac{n^2(3+\frac{2}{n}-\frac{1}{n^2})}{n^2(5-\frac{4}{n^2})}=\frac{3}{5}\)

Théorèmes de convergence : monotone bornée, gendarmes, suites adjacentes

Suite monotone et bornée
  • Toute suite croissante et majorée converge
  • Toute suite décroissante et minorée converge
Théorème des Gendarmes (suites)

Si \(u_n\leq v_n\leq w_n\) et \(\lim u_n=\lim w_n=\ell\), alors \(\lim v_n=\ell\).

Exemple : \(-\dfrac{1}{n}\leq\dfrac{\sin n}{n}\leq\dfrac{1}{n}\) et les extrêmes → 0, donc \(\displaystyle\lim\frac{\sin n}{n}=0\).

Suites adjacentes

Deux suites \((u_n)\) et \((v_n)\) sont adjacentes si : \((u_n)\) croissante, \((v_n)\) décroissante, \(\lim(v_n-u_n)=0\). Elles convergent alors vers la même limite \(\ell\) avec \(u_n\leq\ell\leq v_n\).

Trouver la limite par le point fixe

Quand une suite récurrente \(u_{n+1}=f(u_n)\) converge vers \(\ell\), alors \(\ell=f(\ell)\) : la limite est le point fixe de la relation.

Suites récurrentes uₙ₊₁ = f(uₙ) et point fixe

Théorème — Identification par le point fixe

Si la suite \((u_n)\) définie par \(u_{n+1} = f(u_n)\) converge vers un réel \(\ell\) et si \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(\ell\) est un point fixe de \(f\) : \[ f(\ell) = \ell. \] La démarche est donc : montrer que la suite converge (théorème de la limite monotone), puis résoudre \(f(x) = x\) dans l'intervalle stable pour identifier la limite.

Méthode — Étude complète d'une suite récurrente
  1. Trouver un intervalle stable \(I\) : montrer que si \(u_n \in I\) alors \(f(u_n) \in I\).
  2. Montrer par récurrence que \(u_n \in I\) : initialisation, hérédité via la stabilité.
  3. Étudier la monotonie : souvent via le signe de \(f(x) - x\) sur \(I\).
  4. Conclure : croissante bornée supérieurement → convergence.
  5. Identifier \(\ell\) : résoudre \(f(x) = x\) dans \(I\).
Théorème — Convergence par l'IAF

Si \(f\) est dérivable sur un intervalle stable \(I\) et si \(|f'(x)| \le k < 1\) pour tout \(x \in I\), alors : \[ |u_{n+1} - \ell| = |f(u_n) - f(\ell)| \le k\,|u_n - \ell|, \qquad |u_n - \ell| \le k^n \,|u_0 - \ell| \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0. \] Cette méthode prouve simultanément la convergence et une vitesse de convergence.

Exemple complet — \(u_0 = 0\), \(u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 2\)

On pose \(f(x) = \dfrac{x}{2} + 2\).

Point fixe : \(f(\ell) = \ell \iff \dfrac{\ell}{2} + 2 = \ell \iff \ell = 4\).

Intervalle stable : si \(x \in [0\,;\,4]\), alors \(f(x) \in [2\,;\,4] \subset [0\,;\,4]\).

Monotonie : \(u_{n+1} - u_n = 2 - \dfrac{u_n}{2} \ge 0\) car \(u_n \le 4\) → suite croissante.

Convergence : croissante et majorée par 4 → converge. Par continuité de \(f\), la limite vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où \(\ell = 4\).

Via l'IAF : \(f'(x) = \dfrac{1}{2}\) sur \(\mathbb{R}\), donc \(|u_n - 4| \le \left(\dfrac{1}{2}\right)^n |u_0 - 4| = \dfrac{4}{2^n} \to 0\).

Toile d'araignée — \(u_{n+1} = f(u_n)\), \(f(x) = ax + b\)

\(y = f(x)\)
\(y = x\)
toile \(u_0, u_1, \ldots\)
point fixe \(\ell\)

Ajustez les paramètres pour visualiser la convergence ou la divergence

La toile d'araignée permet de prévoir graphiquement le comportement de la suite. Depuis \((u_0, 0)\), on monte jusqu'à la courbe de \(f\), puis horizontalement jusqu'à la droite \(y = x\), et ainsi de suite. Si \(|a| < 1\), la suite converge vers le point fixe \(\ell = b/(1-a)\).

Piège fréquent

Résoudre \(f(x) = x\) sans avoir préalablement prouvé la convergence est sans valeur. Si la suite diverge, un point fixe peut exister sans que la suite ne le rejoigne. On doit d'abord établir la convergence, puis identifier la limite.

Suites géométriques : terme général et somme

Définition

\((u_n)\) est géométrique de raison \(q\neq 0\) si \(u_{n+1}=q\cdot u_n\), soit \(q=\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=\text{constante}\).

Terme général et somme

\[u_n=u_0\times q^n \qquad\text{ou}\qquad u_n=u_p\times q^{n-p}\]

Somme de \(u_0\) à \(u_n\) (si \(q\neq 1\)) :

\[S_n=u_0\times\frac{1-q^{n+1}}{1-q}\]

Si \(q=1\) : \(S_n=(n+1)\,u_0\)

Exemple

\(u_0=2\), \(q=3\) → \(u_n=2\times 3^n\) → \(u_5=486\).

Somme : \(S_5=2\times\dfrac{1-3^6}{1-3}=2\times\dfrac{-728}{-2}=\mathbf{728}\)

Formule invalide si q = 1

\(\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\) est invalide pour \(q=1\) (division par zéro). Dans ce cas utiliser \(S_n=(n+1)\,u_0\).

Caractérisations
  • Arithmétique \(\Leftrightarrow\) \(u_n=\dfrac{u_{n-1}+u_{n+1}}{2}\)
  • Géométrique \(\Leftrightarrow\) \(u_n^2=u_{n-1}\times u_{n+1}\)

Figure interactive — Arithmétique vs Géométrique

Arithmétique
Géométrique
u₀ = r = q =

Comparez la croissance linéaire (arithmétique, bleu) et la croissance exponentielle (géométrique, or). Pour |q|<1 la suite géométrique tend vers 0.

Suites arithmétiques : terme général et somme

Définition

\((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\) si \(u_{n+1}=u_n+r\), soit \(r=u_{n+1}-u_n=\text{constante}\).

Terme général et somme

\[u_n=u_0+n\cdot r \qquad\text{ou}\qquad u_n=u_p+(n-p)\cdot r\]

Sens : \(r>0\) → croissante · \(r<0\) → décroissante · \(r=0\) → constante

Somme de \(u_0\) à \(u_n\) (\(n+1\) termes) :

\[S_n=(n+1)\times\frac{u_0+u_n}{2}=(n+1)\times\frac{\text{premier}+\text{dernier}}{2}\]

Exemple

\(u_0=3\), \(r=5\) → \(u_n=3+5n\) → \(u_{10}=53\).

Somme des 11 premiers termes : \(S_{10}=11\times\dfrac{3+53}{2}=11\times 28=\mathbf{308}\)

Gauss : \(1+2+\cdots+100=100\times\dfrac{1+100}{2}=\mathbf{5050}\)

Mémo somme arithmétique

Nombre de termes × moyenne des extrêmes. Pour compter les termes entre \(u_p\) et \(u_q\) inclus : \(q-p+1\) termes.

Erreur de comptage — la plus fréquente au Bac

La somme \(S_n=u_0+u_1+\cdots+u_n\) contient \((n+1)\) termes, pas \(n\). Cette erreur de décalage d'indice est systématiquement sanctionnée.

Résumé

Résumé — Suites Numériques
Arithmétique

\(u_{n+1}=u_n+r\) · \(u_n=u_0+nr\) · \(S_n=(n+1)\frac{u_0+u_n}{2}\)

Géométrique

\(u_{n+1}=qu_n\) · \(u_n=u_0q^n\) · \(S_n=u_0\frac{1-q^{n+1}}{1-q}\)

Arithmético-géométrique

Point fixe \(\ell=\frac{c}{1-b}\) · \(v_n=u_n-\ell\) géométrique · \(u_n=(u_0-\ell)b^n+\ell\)

Convergence

Croissante + majorée → converge · Décroissante + minorée → converge · Limite = point fixe

Limite géométrique

\(|q|<1\Rightarrow q^n\to 0\) · \(q>1\Rightarrow q^n\to+\infty\) · \(q\leq-1\) → pas de limite

Récurrence — 3 étapes

1. Initialisation · 2. Hérédité (avec H.R. explicite) · 3. Conclusion globale

Résumé — Suites numériques
Récurrence

Initialisation + hérédité dans cet ordre. On suppose \(P(n)\) et on déduit \(P(n+1)\), jamais l'inverse.

Monotonie

Signe de \(u_{n+1} - u_n\), quotient si \(u_n > 0\), variations de \(f\) si explicite, récurrence si récurrente.

Convergence

Croissante majorée ou décroissante minorée → convergence (admis). Gendarmes : deux suites encadrantes de même limite.

Suite \(u_n = f(n)\)

Transférer les limites de fonctions. Croissances comparées : \(\ln n \ll n^\alpha \ll a^n \ll n!\).

Point fixe

Si \((u_n)\) converge et \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(f(\ell) = \ell\). Méthode en 5 étapes.

IAF et vitesse

Si \(|f'| \le k < 1\) sur l'intervalle stable : \(|u_n - \ell| \le k^n |u_0 - \ell| \to 0\).

Sujet type Bac

Exercice type Bac

Énoncé : Soit \((u_n)\) définie par \(\begin{cases}u_0=4\\u_{n+1}=\dfrac{1}{3}u_n+2\end{cases}\).

A. Premiers termes : \(u_1=\frac{10}{3}\approx 3{,}33\) · \(u_2=\frac{28}{9}\approx 3{,}11\) — La suite semble décroissante et converger vers 3.

B. Bornage par récurrence — \(\mathcal{P}(n):u_n>3\)

Init. : \(u_0=4>3\). Vrai.
Hér. : Si \(u_n>3\), alors \(u_{n+1}=\frac{1}{3}u_n+2>\frac{1}{3}(3)+2=3\). Vrai.
Concl. : \(u_n>3\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\).

Variations : \(u_{n+1}-u_n=-\frac{2}{3}u_n+2=2\!\left(1-\frac{u_n}{3}\right)<0\) car \(u_n>3\). Donc \((u_n)\) est décroissante et minorée par 3 → converge.

C. Suite auxiliaire : \(v_n=u_n-3\) → \(v_{n+1}=\frac{1}{3}v_n\) → \(v_n=\left(\frac{1}{3}\right)^n\).

\[u_n=3+\left(\frac{1}{3}\right)^n\]

D. Limite : \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=3+0=\mathbf{3}\)

Suite récurrente — algorithme de Héron

On considère la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 1\) et, pour tout \(n \in \mathbb{N}\) : \[ u_{n+1} = \frac{u_n^{\,2} + 2}{2\,u_n}. \]

Question 1. Calculer \(u_1\) et \(u_2\). En déduire une conjecture sur le comportement de la suite.

Solution \[ u_1 = \frac{1 + 2}{2} = \frac{3}{2} = 1{,}5, \qquad u_2 = \frac{(3/2)^2 + 2}{2 \cdot 3/2} = \frac{17}{12} \approx 1{,}417. \]

Les termes semblent décroître et se rapprocher de \(\sqrt{2} \approx 1{,}414\). Conjecture : la suite converge vers \(\sqrt{2}\).

Question 2. Déterminer les points fixes de \(f(x) = \dfrac{x^2+2}{2x}\).

Solution

On résout \(f(x) = x\) pour \(x > 0\) :

\[ \frac{x^2 + 2}{2x} = x \iff x^2 + 2 = 2x^2 \iff x^2 = 2 \iff x = \sqrt{2}. \]

Question 3. Montrer par récurrence que \(u_n \ge \sqrt{2}\) pour tout \(n \ge 1\).

Solution

Initialisation (\(n=1\)) : \(u_1 = 3/2 > \sqrt{2}\). Vrai.

Hérédité : supposons \(u_n \ge \sqrt{2}\). On calcule :

\[ u_{n+1} - \sqrt{2} = \frac{u_n^2 + 2 - 2\sqrt{2}\,u_n}{2u_n} = \frac{(u_n - \sqrt{2})^2}{2u_n} \ge 0. \]

Le numérateur est positif ou nul, le dénominateur est positif : \(u_{n+1} \ge \sqrt{2}\).

Question 4. Montrer que la suite est décroissante à partir du rang 1.

Solution

Pour \(n \ge 1\), on a \(u_n \ge \sqrt{2} > 0\) :

\[ u_{n+1} - u_n = \frac{u_n^2 + 2 - 2u_n^2}{2u_n} = \frac{2 - u_n^2}{2u_n}. \]

Comme \(u_n^2 \ge 2\), on a \(2 - u_n^2 \le 0\) et \(2u_n > 0\) : la suite est décroissante.

Question 5. Conclure sur la convergence et calculer la limite.

Solution

À partir du rang 1, la suite est décroissante et minorée par \(\sqrt{2}\). Par le théorème de la limite monotone, elle converge. Sa limite \(\ell\) vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où :

\[ \lim_{n \to +\infty} u_n = \sqrt{2}. \]

C'est l'algorithme de Héron, méthode de calcul numérique de \(\sqrt{2}\) connue depuis l'Antiquité. Le nombre de décimales exactes double à chaque itération.

Mode hors-ligne — données en cache