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Terminale C · Leçon 2

Limites et continuité

Ce que dit le programme officiel (33 points)
  • la propriété relative à la limite d’une fonction composée
  • la propriété relative à la limite d’une fonction monotone sur un intervalle ouvert
  • les propriétés relatives aux opérations sur les fonctions continues sur un intervalle
  • la propriété relative à la composée de deux fonctions continues sur un intervalle
  •  en utilisant son tableau de variation
  •  en utilisant une méthode algébrique
  • les propriétés relatives aux fonctions continues et strictement monotones sur un intervalle
  • les méthodes de dichotomie et de balayage
  • les propriétés relatives aux puissances d’exposants rationnels
  • noter une racine n-ième d’un nombre positif (√𝑥^𝑛 ou 𝑥^(1/𝑛))
  • noter une puissance d’exposant rationnel (𝑥^(𝑝/𝑞))
  • déterminer la limite d’une fonction
  •  en utilisant les limites de référence
  •  en utilisant une expression conjuguée
  •  en utilisant la définition d’un nombre dérivé
  •  en utilisant les propriétés de comparaison (minoration, majoration et encadrement)
  •  en utilisant une égalité remarquable
  • la limite d’une fonction composée
  • l’image d’un intervalle par une fonction continue
  • une valeur approchée d’une solution d’une équation
  • le nombre de solutions d’une équation du type 𝑓(𝑥) = 𝑘
  • la formule explicite d’une bijection réciproque quand cela est possible
  • un prolongement par continuité d’une fonction en un point
  • représenter la courbe de la bijection réciproque d’une bijection dans un repère orthonormé
  • 𝑓 étant une fonction telle que : lim 𝑥 → +∞ 𝑓(𝑥) = ±∞ (resp 𝑙𝑖𝑚 𝑥 → −∞ 𝑓(𝑥) = ±∞)
  •  lim 𝑥→ +∞ 𝑓(𝑥)/𝑥 = 0
  •  lim 𝑥→ +∞ 𝑓(𝑥)/𝑥 = +∞
  •  lim 𝑥→ −∞ 𝑓(𝑥)/𝑥 = 0
  •  lim 𝑥→ −∞ 𝑓(𝑥)/𝑥 = +∞
  • démontrer qu’une fonction 𝑓 est une bijection d’un intervalle 𝐼 sur un intervalle 𝐽 dans le cas où 𝑓 est continue et strictement monotone sur 𝐼.
  • l’existence d’une unique solution de l’équation 𝑓(𝑥) = 𝑚 (𝑚 réel) sur un intervalle 𝐼, 𝑓 étant continue et strictement monotone sur 𝐼
  • l’existence d’une unique solution de l’équation 𝑓(𝑥) = 0 sur un intervalle ouvert ]𝑎 ; 𝑏[, 𝑓 étant continue et strictement monotone sur [𝑎 ; 𝑏]
  • traiter une situation faisant appel aux limites et à la continuité d’une fonction

Source : Programme éducatif Terminale C, DPFC, version CND 0923

Limite d'une fonction composée

Théorème

Soit \(u(x) = ax + b\) avec \(a \neq 0\), et soit \(f\) l'une des fonctions de référence (\(x^2\), \(\sqrt{x}\), \(1/x\), \(\ln x\), \(e^x\)). Si \(\lim u(x) = \ell\) (fini ou infini) et si \(f\) admet une limite \(L\) en \(\ell\), alors :

\[ \lim f\!\bigl(u(x)\bigr) = L. \]

En pratique, on procède en deux étapes : d'abord calculer la limite de \(ax+b\), puis appliquer la règle usuelle de \(f\) à ce résultat intermédiaire.

Méthode — Les deux étapes

Étape 1 : identifier \(u(x) = ax + b\) et déterminer \(\lim u(x)\) comme une limite affine usuelle.
Étape 2 : remplacer mentalement \(u(x)\) par sa limite dans la fonction \(f\) et lire la limite usuelle de \(f\) à ce point.

Exemple 1 — Racine carrée

\(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\sqrt{2x-3}\). On a \(u(x)=2x-3 \to +\infty\), et \(\sqrt{u}\to+\infty\). Donc la limite vaut \(+\infty\).

Exemple 2 — Exponentielle

\(\displaystyle\lim_{x\to+\infty} e^{-2x+1}\). On a \(u(x)=-2x+1 \to -\infty\), et \(e^u \to 0^+\). Donc la limite vaut \(0^+\).

Exemple 3 — Logarithme

\(\displaystyle\lim_{x\to(1/2)^+} \ln(2x-1)\). On a \(u(x)=2x-1 \to 0^+\) quand \(x\to(1/2)^+\), et \(\ln u \to -\infty\). Donc la limite vaut \(-\infty\).

Exemple 4 — Inverse

\(\displaystyle\lim_{x\to(-2/3)^+} \frac{1}{3x+2}\). On a \(3x+2 \to 0^+\) donc \(\dfrac{1}{3x+2}\to+\infty\). À gauche de \(-2/3\) : \(3x+2 \to 0^-\) donc \(\dfrac{1}{3x+2}\to-\infty\). La limite globale n'existe pas.

Piège — Ne pas oublier le sens d'approche d'un pôle

Quand la limite intérieure est \(0\), il faut impérativement préciser si c'est \(0^+\) ou \(0^-\) avant d'appliquer la limite de \(f = 1/u\) ou de \(f = \ln u\). Le signe de \(u(x)\) au voisinage du point est déterminé par celui de \(a\) dans \(u(x)=ax+b\).

Figure 4 — \(f(ax+b)\) : choisir \(f\), \(a\) et \(b\)

\(f(ax+b)\)

Théorèmes de comparaison et des gendarmes

Résultats admis — à citer et appliquer
  • Compatibilité avec l'ordre : si \(f(x) \le g(x)\) au voisinage de \(a\) et si les deux limites existent, alors \(\displaystyle\lim_{x\to a} f(x) \le \lim_{x\to a} g(x)\).
  • Théorème des gendarmes : si \(g(x) \le f(x) \le h(x)\) au voisinage de \(a\) et \(\displaystyle\lim_{x\to a} g(x) = \lim_{x\to a} h(x) = \ell\), alors \(\displaystyle\lim_{x\to a} f(x) = \ell\).
  • Limite d'une composée : si \(\displaystyle\lim_{x\to a} g(x) = b\) et si \(f\) est continue en \(b\), alors \(\displaystyle\lim_{x\to a} f\!\left(g(x)\right) = f(b)\).
  • Fonction croissante majorée : une fonction croissante et majorée sur \([a\,;+\infty[\) admet une limite finie en \(+\infty\).
Application — Gendarmes

Montrons que \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty} \dfrac{\sin x}{x} = 0\).

Pour \(x > 0\) : \(-1 \le \sin x \le 1\), donc \(-\dfrac{1}{x} \le \dfrac{\sin x}{x} \le \dfrac{1}{x}\).

Or \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty} \left(\pm\dfrac{1}{x}\right) = 0\). Par les gendarmes, \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty} \dfrac{\sin x}{x} = 0\).

Application — Limite d'une composée

Calculons \(\displaystyle\lim_{x\to 0} \ln\!\left(\dfrac{\sin x}{x}\right)\).

On sait que \(\displaystyle\lim_{x\to 0} \dfrac{\sin x}{x} = 1\) (limite remarquable). La fonction \(\ln\) est continue en 1. Par la limite d'une composée :

\[\lim_{x\to 0} \ln\!\left(\frac{\sin x}{x}\right) = \ln(1) = 0.\]
Ces résultats sont admis : ne les démontrez pas

Au Bac, écrire « par le théorème des gendarmes » ou « par continuité de \(\ln\) en 1 » est suffisant. S'engager dans une démonstration formelle est une perte de temps et peut être pénalisé si elle n'est pas demandée.

Continuité en un point et sur un intervalle, types de discontinuité

Définition — Continuité en un point

Soit \(f\) une fonction définie sur un intervalle \(I\) et \(a \in I\). On dit que \(f\) est continue en \(a\) lorsque \(f\) admet une limite en \(a\) égale à \(f(a)\) :

\[ \lim_{x \to a} f(x) = f(a). \]

Cette définition condense trois exigences simultanées :

  1. \(f\) est définie en \(a\) — la valeur \(f(a)\) existe.
  2. La limite de \(f\) en \(a\) existe — limites à gauche et à droite coïncident.
  3. Cette limite est précisément égale à \(f(a)\).

Si l'une de ces trois conditions est en défaut, \(f\) est discontinue en \(a\).

Définition — Continuité à gauche et à droite

\(f\) est continue à droite en \(a\) si \(\displaystyle\lim_{x \to a^{+}} f(x) = f(a)\).

\(f\) est continue à gauche en \(a\) si \(\displaystyle\lim_{x \to a^{-}} f(x) = f(a)\).

Ces deux notions interviennent surtout aux bornes d'un intervalle fermé, ou pour une fonction définie par morceaux.

Propriété — Caractérisation par les limites latérales

\(f\) est continue en \(a\) si et seulement si elle est à la fois continue à gauche et à droite en \(a\) :

\[ \lim_{x \to a^{-}} f(x) = \lim_{x \to a^{+}} f(x) = f(a). \]
Définition — Continuité sur un intervalle

\(f\) est continue sur un intervalle \(I\) lorsqu'elle est continue en chaque point de \(I\). Aux bornes fermées, on demande la continuité unilatérale correspondante.

L'image du crayon

Une fonction est continue sur un intervalle si l'on peut tracer sa courbe sans jamais lever le crayon. Pas de saut, pas de trou, pas de branche qui s'échappe à l'intérieur. Cette image suffit pour l'intuition, mais ne remplace pas la vérification formelle en exercice.

Exemples de discontinuités classiques
  • Discontinuité par saut : les limites à gauche et à droite existent, mais elles diffèrent. Exemple : la fonction partie entière \(E(x)\) est discontinue en tout entier, avec un saut de hauteur 1.
  • Discontinuité par trou (supprimable) : la limite existe mais \(f\) n'est pas définie en \(a\), ou \(f(a)\) ne coïncide pas avec la limite. C'est le cas de \(f(x) = \dfrac{x^2-1}{x-1}\) en \(x=1\) : la limite vaut 2, mais \(f(1)\) n'est pas définie.
  • Discontinuité essentielle : la limite n'existe pas (oscillations, ou limite infinie). Exemple : \(\dfrac{1}{x}\) en \(x = 0\).
Piège classique

Beaucoup d'élèves confondent « la fonction n'est pas définie en \(a\) » et « la fonction est discontinue en \(a\) ». La continuité en \(a\) n'a de sens que si \(f\) est définie en \(a\). Si \(f\) ne l'est pas, on ne parle pas de continuité — on se demande si un prolongement par continuité est possible.

Figure interactive — Types de discontinuités

f continue
discontinuité essentielle
discontinuité par saut
trou supprimable

Choisir un type de discontinuité via le sélecteur

Explorez les quatre types de comportement au point singulier. Un trou supprimable est la seule discontinuité qu'un prolongement par continuité peut corriger.

Propriété — Fonctions usuelles continues

Les fonctions suivantes sont continues sur tout intervalle inclus dans leur ensemble de définition :

  • les fonctions polynômes : continues sur \(\mathbb{R}\) ;
  • les fonctions rationnelles \(\dfrac{P(x)}{Q(x)}\) : continues là où \(Q\) ne s'annule pas ;
  • la racine carrée \(x \mapsto \sqrt{x}\) : continue sur \([0\,;+\infty[\) ;
  • les fonctions trigonométriques \(\sin\), \(\cos\) : continues sur \(\mathbb{R}\) ; \(\tan\) continue là où elle est définie ;
  • \(\ln\) : continue sur \(]0\,;+\infty[\) ; \(\exp\) : continue sur \(\mathbb{R}\).
Théorème — Opérations sur les fonctions continues

Si \(f\) et \(g\) sont continues sur \(I\) :

  • \(f + g\), \(f - g\), \(\lambda f\) et \(f \times g\) sont continues sur \(I\) ;
  • \(\dfrac{f}{g}\) est continue en tout point de \(I\) où \(g\) ne s'annule pas ;
  • si \(g(I) \subset J\) et \(f\) est continue sur \(J\), la composée \(f \circ g\) est continue sur \(I\).
Exemples d'application directe
  • \(f(x) = e^{x^2 - 3x}\) : continue sur \(\mathbb{R}\) (composée de \(\exp\) et d'un polynôme).
  • \(g(x) = \ln(\cos x)\) : continue sur tout intervalle où \(\cos x > 0\), par exemple \(]-\pi/2\,;\,\pi/2[\).
  • \(h(x) = \dfrac{x^3 - 2}{x^2 - 1}\) : continue sur tout intervalle ne contenant ni \(1\) ni \(-1\).
Conseil de méthode

Au Bac, pour justifier la continuité d'une fonction classique sur un intervalle, une phrase suffit : «\(f\) est [type de fonction] sur \(I\), donc continue sur \(I\)». Réservez l'énergie pour les points de raccord et les prolongements, qui sont les vraies questions.

La continuité formalise une idée intuitive : une fonction dont la courbe se trace « sans lever le crayon ». C'est la notion fondatrice sur laquelle reposent la dérivabilité (chapitre II) et les fonctions usuelles (chapitre III) : toute fonction dérivable est continue, et toute primitive suppose la continuité de la fonction primitivée.

Définition — Continuité en un point

Soit \(f\) définie sur un intervalle \(I\) contenant \(a\). On dit que \(f\) est continue en \(a\) lorsque :

\[ \lim_{x \to a} f(x) = f(a). \]

Trois conditions sont donc requises : \(f(a)\) existe, \(\displaystyle\lim_{x\to a} f(x)\) existe et est finie, et ces deux valeurs coïncident. Si l'une manque, \(f\) est discontinue en \(a\).

Définition — Continuité sur un intervalle

\(f\) est continue sur un intervalle \(I\) lorsqu'elle est continue en chaque point de \(I\). Graphiquement, la courbe de \(f\) ne présente alors aucune interruption sur \(I\).

Propriété — Fonctions de référence continues

Sont continues sur tout intervalle inclus dans leur ensemble de définition : les fonctions polynômes, les fonctions rationnelles, la fonction racine carrée, les fonctions \(\sin\) et \(\cos\), la fonction exponentielle et — dès qu'elle est introduite (chapitre III) — la fonction \(\ln\). Plus généralement, toute fonction dérivable sur \(I\) y est continue (réciproque fausse, voir chapitre II).

Exemple 1 — Fonction continue en un point

Soit \(f(x) = x^2 - 3x + 1\). Comme \(f\) est polynomiale, elle est continue en tout point, en particulier en \(a=2\) : \(\displaystyle\lim_{x\to 2} f(x) = 4 - 6 + 1 = -1 = f(2)\).

Exemple 2 — Discontinuité par valeur manquante

Soit \(g(x) = \dfrac{x^2-1}{x-1}\) pour \(x \neq 1\), et \(g(1) = 5\). Or \(\displaystyle\lim_{x\to 1} g(x) = \lim_{x\to 1}(x+1) = 2 \neq 5 = g(1)\). La fonction \(g\) est discontinue en 1, bien que la limite existe : c'est la valeur imposée qui ne correspond pas.

Exemple 3 — Discontinuité de saut (fonction par morceaux)

Soit \(h(x) = \begin{cases} x+1 & \text{si } x \le 2, \\ 2x-2 & \text{si } x > 2. \end{cases}\)

\(\displaystyle\lim_{x\to 2^-} h(x) = 3 = h(2)\) mais \(\displaystyle\lim_{x\to 2^+} h(x) = 2 \neq 3\). La limite globale en 2 n'existe pas (limites à gauche et à droite différentes) : \(h\) présente un saut en \(x=2\), discontinue en ce point.

Piège — Continuité n'est pas dérivabilité

Une fonction peut être continue en \(a\) sans y être dérivable — c'est le cas de \(f(x)=|x|\) en \(0\) (point anguleux, voir chapitre II). L'implication est à sens unique : dérivable \(\Rightarrow\) continue, mais continue \(\not\Rightarrow\) dérivable.

Théorème — Stabilité par opérations

Si \(f\) et \(g\) sont continues en \(a\) (ou sur \(I\)), alors le sont aussi, sur leur ensemble de définition commun :

  • \(f + g\), \(f - g\), \(k f\) (\(k \in \mathbb{R}\)) et \(f \times g\) ;
  • \(\dfrac{f}{g}\), pourvu que \(g\) ne s'annule pas ;
  • la composée \(g \circ f\), si \(f\) est continue en \(a\) et \(g\) continue en \(f(a)\).

Ces règles permettent de justifier la continuité d'une expression complexe sans revenir à la définition par les limites : il suffit de la décomposer en opérations élémentaires sur des fonctions déjà connues comme continues.

Méthode — Étudier la continuité en un point de raccord
  1. Calculer \(f(a)\) (valeur imposée par la définition de \(f\) en \(a\)).
  2. Calculer la limite à gauche \(\displaystyle\lim_{x\to a^-} f(x)\) avec l'expression du morceau gauche.
  3. Calculer la limite à droite \(\displaystyle\lim_{x\to a^+} f(x)\) avec l'expression du morceau droit.
  4. Comparer les trois valeurs : si elles coïncident, \(f\) est continue en \(a\) ; sinon, discontinue (préciser le type : saut ou valeur manquante).
Exemple 1 — Ajuster un paramètre pour assurer la continuité

Soit \(f(x) = \begin{cases} x^2 + m & \text{si } x \le 1, \\ 3x & \text{si } x > 1. \end{cases}\) Déterminer \(m\) pour que \(f\) soit continue en \(1\).

\(\displaystyle\lim_{1^-} f = 1 + m\), \(\displaystyle\lim_{1^+} f = 3\), \(f(1) = 1+m\). Il faut \(1+m = 3\), soit \(\boxed{m=2}\).

Exemple 2 — Composée continue

Soit \(k(x) = \sqrt{x^2+1}\). La fonction \(u : x \mapsto x^2+1\) est polynomiale donc continue sur \(\mathbb{R}\), à valeurs dans \([1\,;+\infty[\) où la racine carrée est continue. Par composition, \(k\) est continue sur \(\mathbb{R}\) tout entier — sans qu'il soit nécessaire d'étudier une limite en chaque point individuellement.

Rédaction attendue

Pour justifier la continuité d'une fonction sur son ensemble de définition, il suffit en général d'une phrase invoquant les opérations autorisées : « \(f\) est continue sur \(I\) comme somme (ou composée, quotient...) de fonctions continues sur \(I\). » Il est rarement exigé de revenir à la définition par les limites, sauf en un point de raccord ou de rupture de formule.

Sens de variation, maximum et minimum d'une fonction

Rappel de Seconde
Définitions — Maximum, minimum, croissance, décroissance

\(f\) admet un maximum \(M\) sur \(D_f\) s'il existe \(x_0\) tel que \(f(x_0)=M\) et \(f(x)\le M\) pour tout \(x \in D_f\) (de même pour un minimum, avec \(\ge\)).

\(f\) est croissante sur un intervalle \(I\) si, pour tous \(a,b \in I\), \(a \le b \implies f(a) \le f(b)\) (l'ordre est conservé). \(f\) est décroissante sur \(I\) si \(a \le b \implies f(a)\ge f(b)\) (l'ordre est inversé).

Méthode — Étudier le sens de variation directement

Au programme de Seconde, on étudie le sens de variation directement (en comparant \(f(a)\) et \(f(b)\) par le calcul), sans passer par la notion de limite (hors programme à ce niveau).

Exemple. Montrer que \(f(x)=x^2\) est décroissante sur \(]-\infty;0]\). Soit \(a \le b \le 0\). Alors \(f(a)-f(b)=a^2-b^2=(a-b)(a+b)\). Or \(a-b \le 0\) (car \(a \le b\)) et \(a+b \le 0\) (car \(a,b \le 0\)), donc \(f(a)-f(b) = (a-b)(a+b) \ge 0\) (produit de deux négatifs), soit \(f(a) \ge f(b)\) : \(f\) est bien décroissante sur \(]-\infty;0]\).

Remarque propre au programme du Burkina Faso : vérifie ce point dans ton programme.

Localisation et approximation d'une solution (dichotomie)

Méthode — Balayage par dichotomie

On cherche \(\alpha \in [a\,;b]\) tel que \(f(\alpha) = 0\), avec \(f\) continue et strictement monotone.

  1. Tester la valeur médiane \(m = \dfrac{a+b}{2}\).
  2. Si \(f(m) = 0\) : trouvé. Sinon, si \(f(a)\) et \(f(m)\) sont de signes opposés, la solution est dans \([a\,;m]\) ; sinon dans \([m\,;b]\).
  3. Recommencer avec le nouvel intervalle, deux fois plus petit.
  4. Arrêter quand l'intervalle atteint la précision souhaitée.

Après \(n\) étapes, la précision est \(\dfrac{b-a}{2^n}\).

Exemple — Encadrement à \(10^{-2}\) près

On reprend \(f(x) = x^3 + x - 1\) sur \([0\,;1]\). On cherche \(\alpha\) à \(10^{-2}\) près.

ÉtapeIntervalleMilieu \(m\)\(f(m)\)Nouveau sous-intervalle
1[0 ; 1]0,5\(-0{,}375 < 0\)[0,5 ; 1]
2[0,5 ; 1]0,75\(0{,}172 > 0\)[0,5 ; 0,75]
3[0,5 ; 0,75]0,625\(-0{,}119 < 0\)[0,625 ; 0,75]
4[0,625 ; 0,75]0,6875\(0{,}022 > 0\)[0,625 ; 0,6875]
5[0,625 ; 0,6875]0,656\(-0{,}049 < 0\)[0,656 ; 0,6875]
6[0,656 ; 0,6875]0,672\(-0{,}014 < 0\)[0,672 ; 0,6875]
7[0,672 ; 0,6875]0,680\(0{,}004 > 0\)[0,672 ; 0,680]

Après 7 étapes, l'intervalle a une longueur \(\approx 0{,}008 < 0{,}01\). On conclut :

\[0{,}672 \le \alpha \le 0{,}680,\]

soit \(\alpha \approx 0{,}68\) à \(10^{-2}\) près.

Combien d'étapes faut-il ?

Pour atteindre une précision de \(10^{-p}\) sur un intervalle de longueur \(L\), il faut \(n\) étapes telles que \(L / 2^n \le 10^{-p}\). Sur \([0\,;1]\), il faut environ \(3{,}32\, p\) étapes pour \(p\) décimales de précision.

Puissances d'exposant réel et racines n-ièmes

Les puissances entières sont familières. La nouveauté est d'étendre la notion à un exposant réel quelconque — ce qui permet d'écrire \(2^{\sqrt{3}}\) ou \(x^{1/3}\) de façon cohérente.

Définition — Puissance d'exposant réel

Pour \(a > 0\) et \(\alpha \in \mathbb{R}\) :

\[a^\alpha = e^{\alpha \ln a}.\]

Cette définition est cohérente avec les puissances entières et impose \(a > 0\).

Propriété — Règles de calcul \[a^{x+y} = a^x a^y \qquad (a^x)^y = a^{xy} \qquad (ab)^x = a^x b^x \qquad a^{-x} = \frac{1}{a^x}.\]

Et : \(\ln(a^\alpha) = \alpha \ln a\) pour tout \(\alpha \in \mathbb{R}\), \(a > 0\).

Propriété — Fonctions puissances

La fonction \(x \mapsto x^\alpha = e^{\alpha \ln x}\) est définie et dérivable sur \(]0\,;+\infty[\) :

\[(x^\alpha)' = \alpha\,x^{\alpha - 1}.\]

Si \(\alpha > 0\) : strictement croissante, \(\lim_{+\infty} x^\alpha = +\infty\), \(\lim_{0^+} x^\alpha = 0\). Si \(\alpha < 0\) : décroissante, limites échangées.

Définition — Racine nième

Pour \(n \in \mathbb{N}^*\) et \(x > 0\) :

\[\sqrt[n]{x} = x^{1/n} = e^{\frac{\ln x}{n}}.\]

C'est l'unique réel strictement positif dont la puissance \(n\)-ième vaut \(x\).

Exemples de calcul
  • \(8^{2/3} = (8^{1/3})^2 = 2^2 = 4\).
  • \(4^{3/2} = (4^{1/2})^3 = 2^3 = 8\).
  • \(\left(\dfrac{1}{9}\right)^{-1/2} = 9^{1/2} = 3\).
  • Dérivée de \(f(x) = x^{5/3}\) : \(f'(x) = \dfrac{5}{3}x^{2/3}\).
Deux confusions à éviter
  • \(x^\alpha\) vs \(a^x\) : dans \(x^\alpha\), l'exposant est fixe, la base varie — dérivée \(\alpha x^{\alpha-1}\). Dans \(a^x = e^{x\ln a}\), la base est fixe, l'exposant varie — dérivée \(\ln(a) \cdot a^x\). Ce sont deux natures très différentes.
  • Domaine : \(x^\alpha\) avec \(\alpha \notin \mathbb{Z}\) n'est définie (au sens réel) que pour \(x > 0\).

Figure interactive — Familles de fonctions puissances \(x^\alpha\)

courbe \(x^\alpha\)
tangente en \(x=1\)

Déplacer le curseur pour faire varier l'exposant \(\alpha\)

Exposant \(\alpha\) = 2.0

Toutes les courbes \(x^\alpha\) passent par \((1\,;\,1)\). La pente de la tangente en ce point vaut \(\alpha\). Quand \(\alpha > 0\) la fonction est croissante ; quand \(\alpha < 0\) elle est décroissante. Le cas \(\alpha = 1\) donne la droite \(y = x\).

Limites des fonctions de référence en l'infini et en un réel

Définition

Soit \(f\) une fonction définie au voisinage de \(a\) (sauf peut-être en \(a\)). On dit que \(f\) admet pour limite \(\ell\) en \(a\) si \(f(x)\) peut être rendu aussi proche de \(\ell\) qu'on le souhaite pourvu que \(x\) soit suffisamment proche de \(a\) :

\[\lim_{x \to a} f(x) = \ell\]

On définit de même les limites à gauche \(\displaystyle\lim_{x \to a^-}\) et à droite \(\displaystyle\lim_{x \to a^+}\), ainsi que les limites en \(\pm\infty\).

Existence de la limite

La limite existe si et seulement si les limites à gauche et à droite existent et sont égales. Pour toute fonction définie par morceaux, vérifier systématiquement les deux côtés.

Limites usuelles à connaître
FonctionEn \(+\infty\)En \(-\infty\)
\(x^n\) (\(n>0\))\(+\infty\)\(+\infty\) si \(n\) pair, \(-\infty\) si \(n\) impair
\(\dfrac{1}{x^n}\) (\(n>0\))\(0\)\(0\)
\(e^x\)\(+\infty\)\(0\)
\(\ln x\)\(+\infty\)non définie

Limites fondamentales :

\[\lim_{x \to 0} \frac{\sin x}{x} = 1 \qquad \lim_{x \to 0} \frac{e^x-1}{x} = 1 \qquad \lim_{x \to +\infty} \frac{e^x}{x^n} = +\infty \qquad \lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x^n} = 0\]

Théorème — Opérations sur les limites

Si \(\lim_{x\to a}f(x)=\ell\) et \(\lim_{x\to a}g(x)=\ell'\), alors \(\lim(f+g)=\ell+\ell'\), \(\lim(f\cdot g)=\ell\cdot\ell'\), et \(\lim\frac{f}{g}=\frac{\ell}{\ell'}\) si \(\ell'\neq 0\).

Techniques de levée d'indétermination (factorisation, quantité conjuguée)

Formes indéterminées — jamais calculables directement

\(+\infty-\infty\)  ·  \(0\times\infty\)  ·  \(\dfrac{\infty}{\infty}\)  ·  \(\dfrac{0}{0}\)  ·  \(1^\infty\)  ·  \(0^0\)  ·  \(\infty^0\)

Écrire « \(\infty-\infty=0\) » directement est une erreur éliminatoire au Bac.

Méthode — Techniques de levée
  • Factorisation par le terme de plus haut degré — FI \(\frac{\infty}{\infty}\) ou \(\infty-\infty\) polynomiale
  • Quantité conjuguée — FI \(\frac{0}{0}\) avec racine carrée
  • Croissances comparées — FI avec exponentielle ou logarithme
  • Règle de l'Hôpital — si \(\frac{0}{0}\) ou \(\frac{\infty}{\infty}\) : \(\lim\frac{f}{g}=\lim\frac{f'}{g'}\)
Exemple 1 — Factorisation

Calculons \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{2x^2+3x-1}{x^2-5}\). Forme \(\frac{\infty}{\infty}\), on factorise par \(x^2\) :

\[\lim_{x\to+\infty}\frac{x^2\!\left(2+\frac{3}{x}-\frac{1}{x^2}\right)}{x^2\!\left(1-\frac{5}{x^2}\right)}=\frac{2+0-0}{1-0}=\boxed{2}\]

Exemple 2 — Quantité conjuguée

Calculons \(\displaystyle\lim_{x\to 0}\frac{\sqrt{1+x}-1}{x}\). Forme \(\frac{0}{0}\), on multiplie par \(\sqrt{1+x}+1\) :

\[\frac{\sqrt{1+x}-1}{x}\cdot\frac{\sqrt{1+x}+1}{\sqrt{1+x}+1}=\frac{1+x-1}{x(\sqrt{1+x}+1)}=\frac{1}{\sqrt{1+x}+1}\xrightarrow[x\to 0]{}\boxed{\frac{1}{2}}\]

Nombre dérivé, tangente et approximation affine

Définition — Nombre dérivé

\(f\) est dérivable en \(a\) si la limite suivante existe et est finie :

\[f'(a)=\lim_{h\to 0}\frac{f(a+h)-f(a)}{h}=\lim_{x\to a}\frac{f(x)-f(a)}{x-a}\]

Interprétation géométrique : \(f'(a)\) est le coefficient directeur de la tangente à \(\mathcal{C}_f\) en \(x=a\).

Équation de la tangente en \(a\) : \(\quad y=f'(a)(x-a)+f(a)\)

Figure interactive — Tangente en mouvement

f(x) = x³ − 3x + 1
Tangente en A
f ′(x) = 3x² − 3
Point a : a = −1,00  |  f(a) = 3,00  |  f′(a) = 0,00

En x=±1, la tangente est horizontale (f′=0) : ce sont les extremums locaux. Entre −1 et 1, f′<0 : f est décroissante.

Calcul littéral : développement, factorisation, identités remarquables

Rappel de Seconde
Identités remarquables \[ (a+b)^2=a^2+2ab+b^2, \quad (a-b)^2=a^2-2ab+b^2, \quad (a-b)(a+b)=a^2-b^2. \]

Les identités du troisième degré ne sont pas au programme.

Remarque propre au programme du Burkina Faso : vérifie ce point dans ton programme.

Théorème — Racine et factorisation (admis)

Soit \(P(x)\) un polynôme et \(a\) un réel. On admet :

\[ P(a)=0 \iff \text{il existe un polynôme } Q(x) \text{ tel que } P(x)=(x-a)Q(x). \]
Méthode — Coefficients indéterminés (exemple du programme)

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Théorème de la bijection monotone

Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)

Si \(f\) est continue sur \([a\,;b]\), alors pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe au moins un réel \(c \in [a\,;b]\) tel que \(f(c) = k\).

En d'autres termes : une fonction continue sur un segment ne peut pas sauter par-dessus une valeur.

La variante la plus utile en Terminale

Le cas \(k = 0\) revient le plus souvent :

\[ f \text{ continue sur } [a\,;b],\quad f(a)\cdot f(b) < 0 \;\Longrightarrow\; \exists\, c \in\, ]a\,;b[\; \text{ tel que } f(c) = 0. \]

La condition \(f(a) \cdot f(b) < 0\) signifie que \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes strictement opposés. C'est l'outil standard pour montrer qu'une équation admet une solution dans un intervalle.

Propriété — Image d'un intervalle

L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle. La continuité préserve la connexité : on ne peut pas obtenir un ensemble disjoint en appliquant une fonction continue à un intervalle.

Théorème de la bijection (corollaire du TVI)

Si \(f\) est continue et strictement monotone sur \([a\,;b]\), alors pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l'équation \(f(x) = k\) admet une unique solution dans \([a\,;b]\).

Le TVI garantit l'existence ; la stricte monotonie garantit l'unicité.

Méthode — Justifier existence et unicité d'une solution
  1. Vérifier que \(f\) est continue sur \([a\,;b]\).
  2. Vérifier que \(f\) est strictement monotone sur \([a\,;b]\) : signe de \(f'\).
  3. Calculer \(f(a)\) et \(f(b)\) et vérifier que \(k\) est strictement entre eux.
  4. Conclure par le théorème de la bijection.
Ce que le TVI ne dit pas

Le TVI affirme l'existence d'au moins un \(c\), mais pas son unicité. Sans hypothèse de monotonie, il peut y en avoir plusieurs. De plus, le TVI ne donne pas la valeur de \(c\). Pour l'approcher, on recourt à la dichotomie.

Exemple complet

Montrons que \(x^{3} + x - 1 = 0\) admet une unique solution dans \([0\,;1]\).

Soit \(f(x) = x^3 + x - 1\).

  • Continuité : \(f\) est un polynôme, donc continue sur \(\mathbb{R}\).
  • Monotonie : \(f'(x) = 3x^2 + 1 > 0\) pour tout \(x\). Donc \(f\) est strictement croissante.
  • Valeurs aux bornes : \(f(0) = -1 < 0\) et \(f(1) = 1 > 0\).

Par le théorème de la bijection, l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha \in\, ]0\,;\,1[\).

Figure interactive — Théorème des valeurs intermédiaires

\(f(x) = x^3 + x - 1\)
droite \(y = k\)
solution \(\alpha\)

Déplacer le curseur pour faire varier la valeur de \(k\)

Valeur de \(k\) : k = 0.00

Lorsque \(k \in [f(0)\,;\,f(1)] = [-1\,;\,1]\), le TVI garantit l'existence d'au moins un point d'intersection. La stricte croissance de \(f\) assure l'unicité.

Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)

Soit \(f\) une fonction continue sur un intervalle \([a\,;b]\). Pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe au moins un réel \(c \in [a\,;b]\) tel que :

\[ f(c) = k. \]

Autrement dit, \(f\) prend toutes les valeurs intermédiaires entre \(f(a)\) et \(f(b)\) — sans « saut » possible, puisque la courbe est ininterrompue.

Cas particulier — Existence d'un zéro

Si \(f\) est continue sur \([a\,;b]\) et si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes opposés (\(f(a)\cdot f(b) < 0\)), alors l'équation \(f(x) = 0\) admet au moins une solution dans \([a\,;b]\). C'est le TVI appliqué à \(k = 0\).

Exemple 1 — Existence d'une racine

Soit \(f(x) = x^3 - x - 1\) sur \([1\,;2]\). \(f\) est polynomiale donc continue.

\(f(1) = 1-1-1 = -1 < 0\) et \(f(2) = 8-2-1 = 5 > 0\). Ces valeurs sont de signes opposés : par le TVI, l'équation \(f(x)=0\) admet au moins une solution \(c \in [1\,;2]\).

Exemple 2 — Une valeur \(k\) quelconque

Soit \(g(x) = e^x - x\) sur \([0\,;2]\), continue. \(g(0) = 1\) et \(g(2) = e^2 - 2 \approx 5{,}39\). Pour \(k=3\), compris entre \(g(0)=1\) et \(g(2)\approx 5{,}39\) : par le TVI, il existe \(c \in [0\,;2]\) tel que \(g(c) = 3\), c'est-à-dire \(e^c - c = 3\).

Piège — Le TVI ne donne ni unicité ni valeur exacte

Le TVI garantit l'existence d'au moins une solution, jamais son unicité ni sa valeur explicite. Sans hypothèse supplémentaire de monotonie (§I.4), rien n'exclut plusieurs solutions dans l'intervalle. Ne jamais écrire « donc \(c\) est la seule solution » sans avoir justifié la stricte monotonie.

Figure interactive — Théorème des valeurs intermédiaires

courbe de \(f\)
droite \(y=k\)
solution(s) \(c\)

Déplacer le curseur pour changer \(k\)

\(k\) = 3.0

La courbe \(f(x)=x^3-x-1\) sur \([1\,;2]\) coupe la droite horizontale \(y=k\) en au moins un point dès que \(k\) est compris entre \(f(1)=-1\) et \(f(2)=5\).

Corollaire du TVI — Théorème de la bijection

Si \(f\) est continue et strictement monotone sur \([a\,;b]\), alors pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l'équation \(f(x) = k\) admet une unique solution \(c \in [a\,;b]\).

La stricte monotonie ajoute l'unicité à l'existence déjà garantie par le TVI : la courbe ne peut recroiser la droite \(y=k\), puisqu'elle ne cesse jamais de croître (ou de décroître).

Méthode — Rédaction du théorème de la bijection
  1. Justifier que \(f\) est continue sur \([a\,;b]\) (opérations sur fonctions continues, ou dérivable donc continue).
  2. Justifier que \(f\) est strictement monotone sur \([a\,;b]\) — le plus souvent via le signe de \(f'\).
  3. Calculer \(f(a)\) et \(f(b)\) et vérifier que \(k\) est bien compris entre les deux (ou que \(f(a)\cdot f(b) < 0\) si \(k=0\)).
  4. Conclure : « \(f\) est continue et strictement [croissante/décroissante] sur \([a\,;b]\) ; d'après le corollaire du TVI, l'équation \(f(x)=k\) admet une unique solution \(c \in [a\,;b]\). »
Exemple 1 — Unicité justifiée par la monotonie

Reprenons \(f(x) = x^3 - x - 1\) sur \([1\,;2]\). \(f'(x) = 3x^2 - 1\), or pour \(x \ge 1\) : \(f'(x) \ge 2 > 0\). Donc \(f\) est strictement croissante sur \([1\,;2]\), continue (polynomiale), avec \(f(1)=-1 < 0 < 5=f(2)\).

D'après le corollaire du TVI, l'équation \(f(x)=0\) admet une unique solution \(c \in [1\,;2]\) — précisant ainsi le résultat d'existence obtenu au §I.3.

Méthode — Encadrer la solution par balayage (dichotomie)

Une fois l'existence et l'unicité établies, on encadre \(c\) en évaluant \(f\) en des points intermédiaires, en resserrant l'intervalle à chaque étape (on garde le sous-intervalle où \(f\) change de signe) :

  1. Évaluer \(f\) au milieu de l'intervalle courant.
  2. Comparer son signe à celui de \(f(a)\) : si identique, remplacer \(a\) par ce milieu ; sinon, remplacer \(b\).
  3. Répéter jusqu'à obtenir la précision demandée (l'amplitude de l'intervalle est divisée par 2 à chaque étape).
Exemple 2 — Encadrement à \(10^{-1}\) près

Pour \(f(x)=x^3-x-1\) : \(f(1{,}3) \approx -0{,}103 < 0\) et \(f(1{,}4) \approx 0{,}144 > 0\). Donc \(c \in ]1{,}3\,;1{,}4[\).

En affinant : \(f(1{,}32)\approx -0{,}02\) et \(f(1{,}33)\approx 0{,}0089\), donc \(c \in ]1{,}32\,;1{,}33[\) — encadrement à \(10^{-2}\) près de l'unique solution.

Astuce — Choisir le bon intervalle de départ

Avant toute dichotomie, un rapide tableau de valeurs (ou de variations) permet de repérer l'intervalle \([a\,;b]\) le plus petit possible où \(f\) change de signe : moins l'intervalle de départ est large, moins il faut d'étapes pour atteindre la précision demandée.

Figure interactive — Encadrement par dichotomie

courbe de \(f\)
intervalle courant
Intervalle : [1 ; 2]

Chaque clic évalue \(f\) au milieu de l'intervalle courant et conserve le sous-intervalle où \(f\) change de signe, resserrant l'encadrement de la solution.

Fonctions réciproques et symétrie des courbes

Propriété — Symétrie des courbes réciproques

Deux fonctions réciproques l'une de l'autre ont leurs courbes représentatives symétriques par rapport à la droite \(y = x\). Pour \(\ln\) et \(\exp\), cela signifie que le point \((a\,;\, b)\) appartient à \(\mathcal{C}_{\exp}\) si et seulement si \((b\,;\, a)\) appartient à \(\mathcal{C}_{\ln}\).

Méthode — Étudier une inégalité utile : \(e^x \geq x + 1\)

On pose \(g(x) = e^{x} - x - 1\) et on cherche le minimum de \(g\).

  1. \(g'(x) = e^{x} - 1\) : \(g'(x) < 0\) pour \(x < 0\), \(g'(x) > 0\) pour \(x > 0\).
  2. \(g\) est donc décroissante puis croissante, avec un minimum en \(x = 0\).
  3. \(g(0) = 1 - 0 - 1 = 0\), donc \(g(x) \geq 0\) pour tout \(x\).
  4. On conclut : \(e^{x} \geq x + 1\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\), avec égalité uniquement en \(x = 0\).

Cette inégalité est très souvent demandée en préliminaire d'exercice de Bac.

Exemple — Application de l'inégalité

Montrer que \(\ln x \leq x - 1\) pour tout \(x > 0\).

Pour \(x > 0\), on pose \(t = \ln x\) (qui parcourt \(\mathbb{R}\) quand \(x\) parcourt \(]0\,;+\infty[\)). L'inégalité \(e^{t} \geq t + 1\) s'écrit \(x \geq \ln x + 1\), soit \(\ln x \leq x - 1\). L'égalité a lieu en \(t = 0\), c'est-à-dire en \(x = 1\).

Astuce — Lire la symétrie sur la figure

Sur la figure interactive ci-dessous, on peut vérifier que le passage d'un point de \(\mathcal{C}_{\exp}\) à sa symétrique par rapport à \(y = x\) donne bien un point de \(\mathcal{C}_{\ln}\). Le curseur permet de déplacer le point et d'observer la construction en temps réel.

Figure 3 — Symétrie de ln et exp par rapport à y = x (déplacer le point bleu)

\(y = e^{x}\)
\(y = \ln x\)
\(y = x\)

Prolongement et recollement par continuité

Définition

Soit \(f\) définie sur \(I \setminus \{a\}\). Si \(f\) admet une limite finie \(\ell\) en \(a\), le prolongement par continuité de \(f\) en \(a\) est la fonction \(\tilde{f}\) définie sur \(I\) par :

\[ \tilde{f}(x) = \begin{cases} f(x) & \text{si } x \neq a, \\[6pt] \ell & \text{si } x = a. \end{cases} \]

La fonction \(\tilde{f}\) est alors continue en \(a\) par construction. On dit qu'on « rebouche le trou ».

Si la limite en \(a\) est infinie ou n'existe pas, aucun prolongement par continuité n'est possible.

Méthode — Prolonger par continuité en pratique
  1. Repérer la valeur \(a\) interdite (zéro d'un dénominateur, \(\ln(0)\), etc.).
  2. Lever l'indétermination pour calculer \(\displaystyle\lim_{x \to a} f(x)\) : factorisation, quantité conjuguée, croissances comparées.
  3. Si la limite est finie et vaut \(\ell\) : poser \(\tilde{f}(a) = \ell\).
  4. Si la limite est infinie ou n'existe pas : aucun prolongement possible.
Exemple 1 — Forme 0/0 par factorisation

Soit \(f(x) = \dfrac{x^{2}-1}{x-1}\), définie sur \(\mathbb{R}\setminus\{1\}\).

Pour \(x \neq 1\) : \(f(x) = \dfrac{(x-1)(x+1)}{x-1} = x+1\). Donc \(\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = 2\).

On pose \(\tilde{f}(1) = 2\). La courbe de \(f\) est la droite \(y = x+1\) privée du point \((1\,;\,2)\) ; le prolongement rebouche ce trou.

Exemple 2 — Forme 0/0 avec exponentielle

Soit \(g(x) = \dfrac{e^x - 1}{x}\), définie sur \(\mathbb{R}\setminus\{0\}\).

On reconnaît le taux d'accroissement de \(e^x\) en 0. Comme \((e^x)'=e^x\) et \(e^0=1\) :

\[\lim_{x \to 0} \frac{e^x - 1}{x} = 1.\]

On pose \(\tilde{g}(0) = 1\). La fonction prolongée est continue en 0.

Exemple 3 — Pas de prolongement possible

Soit \(h(x) = \dfrac{1}{x}\). En \(a = 0\) : \(\displaystyle\lim_{x\to 0^+} h(x) = +\infty\). La limite est infinie. Aucun prolongement par continuité n'existe en 0.

Lien avec la dérivabilité

Calculer \(\displaystyle\lim_{h\to 0}\dfrac{f(a+h)-f(a)}{h}\), c'est précisément prolonger par continuité le taux d'accroissement en \(h=0\). La dérivabilité est un prolongement par continuité. Ce lien montre que la continuité est la notion fondatrice de tout l'édifice de l'analyse.

Figure interactive — Prolongement par continuité de \((x^2-1)/(x-1)\)

droite \(y = x+1\) prolongée
trou de \(f\) en \(x=1\)
valeur ajoutée \(\tilde f(1)=2\)

Cochez/décochez les éléments via les cases

Le trou est la discontinuité supprimable de \(f\). Le point vert représente la valeur qu'on ajoute pour obtenir la fonction prolongée \(\tilde f\), continue sur \(\mathbb{R}\).

Définition — Fonction définie par morceaux

Une fonction est définie par morceaux lorsqu'elle s'exprime par des formules différentes sur des sous-intervalles disjoints. En un point \(a\) séparant deux morceaux, la continuité n'est pas automatique :

\[ f \text{ continue en } a \;\Longleftrightarrow\; \lim_{x \to a^{-}} f(x) = \lim_{x \to a^{+}} f(x) = f(a). \]
Méthode — Déterminer un paramètre de recollement
  1. Calculer la limite à gauche en \(a\) avec l'expression valable pour \(x < a\).
  2. Calculer la limite à droite en \(a\) avec l'expression valable pour \(x > a\).
  3. Identifier \(f(a)\) d'après la définition (quel morceau s'applique en \(a\) ?).
  4. Écrire que les trois quantités sont égales et en déduire le paramètre.
Exemple 1 — Un paramètre à trouver

Soit \(f(x) = \begin{cases} x + m & \text{si } x \le 2, \\ 3x - 4 & \text{si } x > 2, \end{cases}\) avec \(m \in \mathbb{R}\).

  • Limite à gauche et valeur : \(\displaystyle\lim_{x \to 2^{-}} (x+m) = 2+m = f(2)\).
  • Limite à droite : \(\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} (3x-4) = 2\).

Continuité en 2 : \(2+m = 2\), d'où \(\boxed{m = 0}\).

Exemple 2 — Deux paramètres

Soit \(g(x) = \begin{cases} ax + b & \text{si } x < 0, \\ \cos x & \text{si } 0 \le x \le \pi, \\ cx & \text{si } x > \pi. \end{cases}\)

En \(x = 0\) : \(\displaystyle\lim_{x\to 0^-}(ax+b) = b\) et \(g(0) = 1\). Donc \(b = 1\).

En \(x = \pi\) : \(g(\pi) = -1\) et \(\displaystyle\lim_{x\to\pi^+} cx = c\pi\). Donc \(c = -\dfrac{1}{\pi}\).

Le paramètre \(a\) reste libre : la continuité en 0 ne le contraint pas.

Attention à la définition en \(a\)

Lisez attentivement l'énoncé : une inégalité \(x \le a\) versus \(x < a\) change quel morceau définit \(f(a)\). Cette erreur de lecture est très fréquente.

Figure interactive — Recollement par continuité

morceau gauche (\(x \le 2\))
morceau droit (\(x > 2\))
saut de discontinuité

Déplacer le curseur pour faire varier le paramètre \(m\)

Paramètre \(m\) = 1.0

Lorsque \(m = 0\), la limite à gauche en \(x=2\) vaut 2 et coïncide avec la limite à droite : la fonction est continue. Toute autre valeur de \(m\) crée un saut visible.

Asymptotes horizontales, verticales, obliques et branches infinies

Asymptote verticale

\(x=a\) est une AV si \(\displaystyle\lim_{x\to a^\pm}f(x)=\pm\infty\). On la cherche là où \(f\) n'est pas définie.

Asymptote horizontale

\(y=\ell\) est une AH en \(\pm\infty\) si \(\displaystyle\lim_{x\to\pm\infty}f(x)=\ell\).

Asymptote oblique

\(y=ax+b\) (\(a\neq 0\)) est une AO en \(+\infty\) si \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}[f(x)-(ax+b)]=0\).

Méthode — Trouver une AO
  1. Calculer \(a=\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{f(x)}{x}\)
  2. Si \(a\) fini et \(\neq 0\), calculer \(b=\displaystyle\lim_{x\to+\infty}[f(x)-ax]\)
  3. Si \(b\) fini → \(y=ax+b\) est l'AO

Raccourci pour les fractions rationnelles : effectuez directement la division euclidienne du numérateur par le dénominateur.

Exemple — AO par division euclidienne

Pour \(f(x)=\dfrac{x^2+2x+3}{x+1}\) :

\[x^2+2x+3=(x+1)(x+1)+2 \implies f(x)=x+1+\frac{2}{x+1}\]

\(\dfrac{2}{x+1}\to 0\) en \(\pm\infty\) → \(y=x+1\) est l'asymptote oblique.

Résumé

Résumé — Fonctions Numériques
Limites

Identifier la FI, choisir la technique (factorisation, conjuguée, croissances comparées) et lever systématiquement avant de conclure.

TVI

Trois étapes obligatoires : continuité sur [a;b], calcul de f(a) et f(b), signes contraires. Sans elles, les points sont perdus.

Dérivation

Maîtriser le quotient \(\frac{u'v-uv'}{v^2}\) et la composée \(u'\cdot f'(u)\). Ne jamais oublier u′ pour ln u et e^u.

Extremums

f′(a)=0 est nécessaire mais non suffisant. Le changement de signe de f′ autour de a est la seule preuve valide.

Asymptotes

AV → limite infinie. AH → limite finie. AO → division euclidienne. Toujours préciser la position de la courbe par rapport à l'AO.

Ordre d'étude

D_f → parité → limites → asymptotes → f′ → variations → points remarquables → tracé.

Résumé — Continuité
Continuité en \(a\)

\(\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=f(a)\) — trois conditions simultanées : \(f(a)\) défini, limite existante, égalité.

Dérivable → continue

La réciproque est fausse. Contre-exemple : \(|x|\) en 0, point anguleux, continu mais non dérivable.

Prolongement par continuité

Possible ssi \(\displaystyle\lim_{x\to a}f(x) = \ell\) est finie. On pose \(\tilde f(a)=\ell\). Technique : lever l'indétermination.

Recollement

Égaler lim. gauche, lim. droite et \(f(a)\). Vérifier quel morceau définit \(f(a)\). Un paramètre → une équation.

TVI

\(f\) continue sur \([a;b]\), \(k\) entre \(f(a)\) et \(f(b)\) → \(\exists\, c\) avec \(f(c)=k\). Signes opposés → solution de \(f(x)=0\). Ne donne ni unicité ni valeur.

Bijection + dichotomie

Monotonie stricte → unicité. Dichotomie : précision \(L/2^n\) après \(n\) étapes. Citer les trois conditions au Bac.

Résumé — Continuité
Continuité en un point

\(f\) continue en \(a\) ssi \(\displaystyle\lim_{x\to a} f(x) = f(a)\). Fonctions usuelles (polynômes, \(\sqrt{\ }\), \(\exp\), \(\sin\), \(\cos\)) continues sur leur domaine. Dérivable \(\Rightarrow\) continue (pas la réciproque).

Opérations

Somme, produit, quotient (dénominateur non nul) et composée de fonctions continues sont continues. Justifie la continuité sans revenir aux limites.

TVI

\(f\) continue sur \([a\,;b]\) : toute valeur \(k\) entre \(f(a)\) et \(f(b)\) est atteinte. Cas \(k=0\) : \(f(a)\cdot f(b) < 0 \Rightarrow\) au moins une racine.

Corollaire (bijection)

\(f\) continue et strictement monotone sur \([a\,;b]\) : \(f(x)=k\) a une unique solution. La monotonie ajoute l'unicité à l'existence du TVI.

Résolution approchée

Dichotomie / balayage : évaluer \(f\) au milieu de l'intervalle, garder le sous-intervalle où \(f\) change de signe. L'amplitude est divisée par 2 à chaque étape.

Résumé — L'essentiel à retenir
Limites de référence

Puissances, racine carrée, \(e^x\), \(\ln x\) : mémoriser le comportement en \(\pm\infty\) et en \(0\). Pôles : toujours distinguer la limite à gauche et à droite.

Formes indéterminées

\(\infty-\infty\), \(\infty/\infty\), \(0/0\), \(0\times\infty\). Lever par factorisation (terme dominant) ou par quantité conjuguée.

Fractions rationnelles

En \(\pm\infty\) : factoriser par le plus haut degré, les termes inférieurs disparaissent. Le résultat dépend de la comparaison des degrés.

Quantité conjuguée

Multiplier et diviser par \(\sqrt{A}+\sqrt{B}\) pour transformer \(\sqrt{A}-\sqrt{B}\) en \(\dfrac{A-B}{\sqrt{A}+\sqrt{B}}\).

Composée affine

\(f(ax+b)\) : calculer d'abord \(\lim(ax+b)\), puis appliquer la limite usuelle de \(f\) à ce résultat. Attention au signe en cas de pôle (\(0^+\) vs \(0^-\)).

Sujet type Bac

Exercice type Bac — Étude complète de fonction

Énoncé : Soit \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\setminus\{1\}\) par \(f(x)=\dfrac{x^2+x+2}{x-1}\). On note \(\mathcal{C}_f\) sa courbe dans un repère orthonormé.

1. Ensemble de définition

\(D_f=\mathbb{R}\setminus\{1\}=]-\infty\,;\,1[\;\cup\;]1\,;\,+\infty[\)

2. Limites et Asymptotes

En \(x=1\) : numérateur vaut \(4>0\). Donc \(\lim_{x\to 1^-}f(x)=-\infty\) et \(\lim_{x\to 1^+}f(x)=+\infty\) → AV : \(x=1\).

En \(\pm\infty\) : \(\lim f(x)=\pm\infty\) → pas d'AH. Division euclidienne :

\[x^2+x+2=(x-1)(x+2)+4 \implies f(x)=x+2+\frac{4}{x-1}\]

\(\lim_{x\to\pm\infty}[f(x)-(x+2)]=0\) → AO : \(\Delta:y=x+2\).

Position : \(f(x)-(x+2)=\dfrac{4}{x-1}>0\) pour \(x>1\) (courbe au-dessus de \(\Delta\)), \(<0\) pour \(x<1\) (en dessous).

3. Dérivée et Variations

Règle du quotient (\(u=x^2+x+2\), \(u'=2x+1\), \(v=x-1\), \(v'=1\)) :

\[f'(x)=\frac{(2x+1)(x-1)-(x^2+x+2)}{(x-1)^2}=\frac{x^2-2x-3}{(x-1)^2}=\frac{(x-3)(x+1)}{(x-1)^2}\]

\((x-1)^2>0\) pour tout \(x\neq 1\) → signe de \(f'\) = signe de \((x-3)(x+1)\).

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(1\)\(3\)\(+\infty\)
\(f'(x)\) + 0 − || − 0 +
\(f(x)\) \(-\infty\)↗ −1 ↘ \(-\infty\)‖\(+\infty\) ↘ 7 ↗ \(+\infty\)

4. Points remarquables

  • Maximum local en \(x=-1\) : \(f(-1)=\dfrac{1-1+2}{-2}=-1\) → tangente horizontale \(y=-1\)
  • Minimum local en \(x=3\) : \(f(3)=\dfrac{9+3+2}{2}=7\) → tangente horizontale \(y=7\)
  • Intersection Oy : \(f(0)=-2\) · Pas d'intersection Ox (\(\Delta=-7<0\))
Exercice type Bac — Étude de continuité

Énoncé : Soit \(f\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par :

\[ f(x) = \begin{cases} \dfrac{x^2 - 4}{x - 2} & \text{si } x \neq 2, \\[10pt] k & \text{si } x = 2. \end{cases} \]

1. Simplifier l'expression de \(f(x)\) pour \(x \neq 2\).

2. Déterminer la valeur de \(k\) pour que \(f\) soit continue en \(x = 2\).

3. La fonction \(f\) ainsi définie est-elle dérivable en \(x = 2\) ?

4. Montrer que \(f(x) = 3{,}5\) admet une unique solution sur \([1\,;4]\) et l'encadrer à \(0{,}1\) près.

Partie 1 — Simplification. Pour \(x \neq 2\) : \(x^2 - 4 = (x-2)(x+2)\), donc

\[f(x) = \frac{(x-2)(x+2)}{x-2} = x + 2.\]

Partie 2 — Valeur de \(k\) pour la continuité.

\[\lim_{x\to 2} f(x) = \lim_{x\to 2}(x+2) = 4.\]

On doit avoir \(k = 4\). Avec ce choix, \(f(x) = x+2\) sur tout \(\mathbb{R}\).

Partie 3 — Dérivabilité en \(x = 2\). Pour \(k = 4\), \(f(x) = x+2\) est une fonction affine, dérivable sur \(\mathbb{R}\), de dérivée \(f'(x) = 1\). En particulier \(f'(2) = 1\).

Partie 4 — Solution de \(f(x) = 3{,}5\) sur \([1\,;4]\).

  • \(f\) est continue sur \([1\,;4]\) (fonction affine).
  • \(f\) est strictement croissante (\(f' = 1 > 0\)).
  • \(f(1) = 3 < 3{,}5\) et \(f(4) = 6 > 3{,}5\).

Par le théorème de la bijection, l'équation admet une unique solution \(\alpha \in\, ]1\,;\,4[\). Ici \(f(x) = x+2 = 3{,}5 \Leftrightarrow x = 1{,}5\), donc \(1{,}4 \le \alpha \le 1{,}6\).

Exercice type Bac — Continuité et théorème de la bijection

Énoncé : Soit \(f\) la fonction définie sur \([0\,;3]\) par \(f(x) = x^3 - 3x^2 + 4\).

1. Étudier les variations de \(f\) sur \([0\,;3]\).

2. Montrer que l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha\) sur \([2\,;3]\).

3. Donner un encadrement de \(\alpha\) d'amplitude \(10^{-1}\).

4. Étudier la continuité en \(x=2\) de la fonction \(g\) définie par \(g(x)=f(x)\) sur \([0\,;2]\) et \(g(x) = 2x\) sur \(]2\,;3]\).

Partie 1 — Variations.

\(f'(x) = 3x^2 - 6x = 3x(x-2)\). Sur \([0\,;3]\) : \(f'(x) < 0\) sur \(]0\,;2[\), \(f'(x) > 0\) sur \(]2\,;3[\), et \(f'(0)=f'(2)=0\).

\(f\) est donc décroissante sur \([0\,;2]\) puis croissante sur \([2\,;3]\), avec \(f(0)=4\), \(f(2)=8-12+4=0\), \(f(3)=27-27+4=4\).

Partie 2 — Existence et unicité sur \([2\,;3]\).

D'après la partie 1, \(f\) est continue (polynomiale) et strictement croissante sur \([2\,;3]\) (car \(f'(x)>0\) sur \(]2\,;3[\)). On a \(f(2)=0\) et \(f(3)=4\).

Or on cherche \(f(x)=0\) : comme \(f(2)=0\) exactement, \(\alpha = 2\) est déjà une solution évidente sur \([2\,;3]\). Par stricte croissance sur cet intervalle, c'est l'unique solution : \(\boxed{\alpha = 2}\).

Partie 3 — Encadrement.

Puisque \(\alpha = 2\) exactement, l'encadrement à \(10^{-1}\) près est immédiat : \(\alpha \in [1{,}9\,;2{,}1]\) (tout encadrement centré en 2 de largeur \(0{,}2\) convient).

Partie 4 — Continuité de \(g\) en \(x=2\).

\(g(2) = f(2) = 0\) (morceau gauche, \(x \le 2\)).

\(\displaystyle\lim_{x\to 2^-} g(x) = f(2) = 0\) (continuité de \(f\), polynomiale).

\(\displaystyle\lim_{x\to 2^+} g(x) = 2\times 2 = 4\).

Comme \(4 \neq 0\), les limites à gauche et à droite diffèrent : \(g\) est discontinue en \(x=2\) (discontinuité de saut).

Étude d'une fonction rationnelle et irrationnelle

On considère la fonction \(f\) définie par \(\displaystyle f(x) = \frac{\sqrt{3x+4}-2}{x-0}\) pour \(x \neq 0\) et \(x \ge -4/3\), puis la fonction \(g\) définie par \(\displaystyle g(x) = \frac{2x^2 - x - 3}{x^2 - 1}\).

Question 1 — Limite de \(g\) en \(+\infty\). Calculer \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty} g(x)\).

Solution

C'est une forme \(\infty/\infty\). Les deux polynômes sont de même degré 2. On divise numérateur et dénominateur par \(x^2\) :

\[ g(x) = \frac{2 - 1/x - 3/x^2}{1 - 1/x^2} \;\xrightarrow[x\to+\infty]{}\; \frac{2}{1} = 2. \]

La courbe de \(g\) admet donc la droite \(y = 2\) comme asymptote horizontale en \(+\infty\).

Question 2 — Limite de \(g\) en \(1\). Étudier le comportement de \(g\) au voisinage de \(x = 1\).

Solution

Le dénominateur \(x^2 - 1 = (x-1)(x+1)\) s'annule en \(x=1\). Le numérateur en \(x=1\) vaut \(2(1)^2 - 1 - 3 = -2 \neq 0\). C'est donc bien un pôle.

En \(x = 1^+\) : \(x-1 \to 0^+\) et \(x+1 \to 2 > 0\), donc \((x-1)(x+1) \to 0^+\). Le numérateur tend vers \(-2 < 0\). Donc \(g(x) \to -\infty\).

En \(x = 1^-\) : \(x-1 \to 0^-\) et \(x+1 \to 2\), donc le dénominateur \(\to 0^-\). Avec un numérateur négatif, \(g(x) \to +\infty\).

La droite \(x = 1\) est une asymptote verticale à la courbe de \(g\).

Question 3 — Simplification de \(g\). Montrer que, pour \(x \neq \pm 1\), \(g(x) = \dfrac{2x-3}{x-1}\).

Solution

On factorise le numérateur : \(2x^2 - x - 3\). On cherche deux facteurs du type \((2x - a)(x - b)\) avec \(ab = 3\) et \(a + 2b = 1\). On trouve \(a = 3\), \(b = -1\) :

\[ 2x^2 - x - 3 = (2x - 3)(x + 1). \]

Le dénominateur \(x^2 - 1 = (x-1)(x+1)\). Donc :

\[ g(x) = \frac{(2x-3)(x+1)}{(x-1)(x+1)} = \frac{2x-3}{x-1} \quad (x \neq -1). \]

Question 4 — Limite de \(f\) en \(0\). Calculer \(\displaystyle\lim_{x\to 0} f(x) = \lim_{x\to 0} \frac{\sqrt{3x+4}-2}{x}\).

Solution

C'est une forme \(0/0\). On multiplie par la quantité conjuguée \(\sqrt{3x+4}+2\) :

\[ f(x) = \frac{(\sqrt{3x+4}-2)(\sqrt{3x+4}+2)}{x(\sqrt{3x+4}+2)} = \frac{(3x+4)-4}{x(\sqrt{3x+4}+2)} = \frac{3x}{x(\sqrt{3x+4}+2)} = \frac{3}{\sqrt{3x+4}+2}. \]

Quand \(x\to 0\) : \(\sqrt{3(0)+4}+2 = \sqrt{4}+2 = 4\). Donc \(\displaystyle\lim_{x\to 0} f(x) = \frac{3}{4}\).

Question 5 — Interprétation graphique. Que représente géométriquement la valeur \(3/4\) trouvée à la question 4 ?

Solution

La limite \(\displaystyle\lim_{x\to 0}\frac{f(x) - f(0)}{x - 0}\) est précisément la définition du nombre dérivé de \(h(x) = \sqrt{3x+4}\) en \(x = 0\). En effet, \(h(0) = 2\) et \(\dfrac{\sqrt{3x+4} - 2}{x} \to \dfrac{3}{4}\).

La valeur \(3/4\) est donc le coefficient directeur de la tangente à la courbe de \(h : x \mapsto \sqrt{3x+4}\) en son point d'abscisse \(0\). Cette tangente a pour équation \(y = \tfrac{3}{4}x + 2\).

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