Chargement…

Terminale C · Leçon 19

Plus petit commun multiple et plus grand commun diviseur de deux entiers relatifs

Ce que dit le programme officiel (6 points)
  • Multiple d’un entier relatif
  • Ensemble des multiples d’un entiers relatif 𝑛 : 𝑛ℤ
  • PPCM et PGCD
  • Algorithme d’Euclide
  • Théorème de Bézout
  • Théorème de Gauss.

Source : Programme éducatif Terminale C, DPFC, version CND 0923

PGCD, PPCM et algorithme d'Euclide

Lorsqu'on veut simplifier une fraction ou savoir si deux entiers partagent un facteur commun, on cherche leur plus grand commun diviseur. L'algorithme d'Euclide est la méthode efficace pour le calculer, quel que soit l'ordre de grandeur des entiers.

Définitions — PGCD et PPCM

Pour \(a, b \in \mathbb{Z}\) non tous nuls, le plus grand commun diviseur \(\text{pgcd}(a, b)\) est le plus grand entier naturel qui divise à la fois \(a\) et \(b\). Le plus petit commun multiple \(\text{ppcm}(a, b)\) est le plus petit entier naturel non nul qui est divisible à la fois par \(a\) et par \(b\).

On dit que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux (ou copremiers) si \(\text{pgcd}(a,b) = 1\). C'est la condition clé pour appliquer le théorème de Gauss et Bézout.

Propriétés — PGCD et PPCM \[ \text{pgcd}(a,b) \times \text{ppcm}(a,b) = |a \times b| \]

Si \(d = \text{pgcd}(a, b)\), alors \(a/d\) et \(b/d\) sont premiers entre eux. Par ailleurs, \(\text{pgcd}(ka, kb) = k \cdot \text{pgcd}(a, b)\) pour tout entier \(k > 0\).

Théorème — Algorithme d'Euclide

Si \(a = bq + r\) est la division euclidienne de \(a\) par \(b\), alors :

\[\text{pgcd}(a, b) = \text{pgcd}(b, r).\]

En répétant le procédé (on remplace \((a, b)\) par \((b, r)\) à chaque étape), la suite des restes est strictement décroissante et positive, donc elle atteint nécessairement \(0\). Le dernier reste non nul est le PGCD.

Méthode — Déroulement de l'algorithme

On présente les divisions successives en colonnes. À chaque ligne on écrit \(a_k = b_k q_k + r_k\) avec \(0 \le r_k < b_k\), puis on passe à \((a_{k+1}, b_{k+1}) = (b_k, r_k)\). On s'arrête quand \(r_k = 0\).

Calcul de \(\text{pgcd}(252, 198)\) :

\[ \begin{aligned} 252 &= 198 \times 1 + 54 \\ 198 &= 54 \times 3 + 36 \\ 54 &= 36 \times 1 + 18 \\ 36 &= 18 \times 2 + 0 \quad \leftarrow \text{reste nul} \end{aligned} \]

Dernier reste non nul : \(\mathbf{18}\). Donc \(\text{pgcd}(252, 198) = 18\). Et \(\text{ppcm}(252, 198) = \dfrac{252 \times 198}{18} = 2772\).

Exemples gradués

Rapide. \(\text{pgcd}(48, 18)\) : \(48 = 18 \times 2 + 12\) ; \(18 = 12 \times 1 + 6\) ; \(12 = 6 \times 2 + 0\). Donc \(\text{pgcd}(48,18) = 6\).

Intermédiaire. \(\text{pgcd}(1071, 462)\) : \(1071 = 462 \times 2 + 147\) ; \(462 = 147 \times 3 + 21\) ; \(147 = 21 \times 7 + 0\). Donc \(\text{pgcd}(1071, 462) = 21\).

Astuce de vérification. On vérifie que le PGCD trouvé divise bien les deux nombres. Ici : \(252 / 18 = 14\) et \(198 / 18 = 11\). De plus, \(\text{pgcd}(14, 11) = 1\) : les quotients sont bien premiers entre eux.

Figure interactive — Algorithme d'Euclide pas à pas

Choisissez deux entiers et observez la suite des divisions euclidiennes. Chaque barre représente un reste successif. La convergence vers \(0\) révèle le PGCD.

Bézout, Gauss et équations diophantiennes

Théorème — Identité de Bézout

Pour tous \(a, b \in \mathbb{Z}\), il existe des entiers \(u, v \in \mathbb{Z}\) tels que \(au + bv = \text{pgcd}(a, b)\). En particulier :

\[ \text{pgcd}(a, b) = 1 \iff \exists\, u, v \in \mathbb{Z},\quad au + bv = 1. \]

Ce couple \((u, v)\) n'est pas unique : si \((u_0, v_0)\) est une solution, toutes les solutions sont de la forme \(\left(u_0 + \tfrac{b}{d}k,\ v_0 - \tfrac{a}{d}k\right)\) avec \(d = \text{pgcd}(a,b)\) et \(k \in \mathbb{Z}\).

Méthode — Remontée de l'algorithme d'Euclide

Pour trouver \(u, v\) tels que \(23u + 17v = 1\), on applique d'abord l'algorithme d'Euclide (en notant chaque étape), puis on remonte en sens inverse en exprimant les restes successifs comme combinaisons de \(23\) et \(17\).

Étape 1 — Descente :

\[ \begin{aligned} 23 &= 17 \times 1 + 6 \\ 17 &= 6 \times 2 + 5 \\ 6 &= 5 \times 1 + 1 \\ 5 &= 1 \times 5 + 0 \end{aligned} \]

Étape 2 — Remontée :

\[ \begin{aligned} 1 &= 6 - 5 \times 1 \\ &= 6 - (17 - 6 \times 2) \times 1 = 3 \times 6 - 17 \\ &= 3 \times (23 - 17 \times 1) - 17 = 3 \times 23 - 4 \times 17. \end{aligned} \]

Donc \(23 \times 3 + 17 \times (-4) = 1\) : un couple de Bézout est \((u, v) = (3, -4)\).

Astuce — Vérification rapide

Toujours vérifier le résultat en recalculant \(au + bv\) : \(23 \times 3 + 17 \times (-4) = 69 - 68 = 1\). Cela prend dix secondes et évite les erreurs de signe dans la remontée.

Théorème de Gauss

Si \(a \mid bc\) et \(\text{pgcd}(a, b) = 1\), alors \(a \mid c\).

Corollaire : si \(a \mid n\), \(b \mid n\) et \(\text{pgcd}(a, b) = 1\), alors \(ab \mid n\).

Méthode — Résolution d'une équation diophantienne

Une équation diophantienne est une équation de la forme \(ax + by = c\) cherchée dans \(\mathbb{Z}^2\). Elle admet des solutions si et seulement si \(\text{pgcd}(a, b) \mid c\).

Exemple. Résoudre dans \(\mathbb{Z}^{2}\) : \(5x - 3y = 1\).

Étape 1 — Existence : \(\text{pgcd}(5, 3) = 1\), qui divise \(1\) : des solutions existent.

Étape 2 — Solution particulière : par inspection (ou Euclide), \(5 \times 2 - 3 \times 3 = 10 - 9 = 1\). Donc \((x_0, y_0) = (2, 3)\).

Étape 3 — Solution générale : si \((x, y)\) est solution, alors \(5(x - 2) = 3(y - 3)\). Donc \(3 \mid 5(x-2)\) ; comme \(\text{pgcd}(3,5) = 1\), Gauss donne \(3 \mid (x - 2)\), soit \(x = 2 + 3k\) pour \(k \in \mathbb{Z}\). On substitue : \(y = \dfrac{5x - 1}{3} = \dfrac{5(2+3k)-1}{3} = \dfrac{9+15k}{3} = 3 + 5k\).

\[ \mathcal{S} = \{(2 + 3k,\ 3 + 5k),\ k \in \mathbb{Z}\} \]
Exemples gradués

Application de Gauss. Sachant que \(7 \mid 3n\) et \(\text{pgcd}(7,3)=1\), on conclut par Gauss que \(7 \mid n\). Simple mais puissant.

Équation sans solution. \(6x + 4y = 3\) : \(\text{pgcd}(6, 4) = 2\) et \(2 \nmid 3\), donc cette équation n'a aucune solution entière.

Équation avec second membre non unitaire. Résoudre \(7x + 5y = 11\). Bézout donne \(7 \times 3 + 5 \times (-4) = 1\), donc en multipliant par 11 : \(7 \times 33 + 5 \times (-44) = 11\). Solution particulière \((33, -44)\). Solution générale : \(x = 33 + 5k\), \(y = -44 - 7k\), \(k \in \mathbb{Z}\).

Mode hors-ligne — données en cache