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Terminale A · Leçon 1

Suites numériques

Ce que dit le programme officiel (9 points)
  • Raisonnement par récurrence
  • Utiliser le raisonnement par récurrence pour établir certaines propriétés
  • Limite : les élèves sont initiés au raisonnement par récurrence à l’aide des suites récurrentes
  • Généralités sur les suites : sens de variation, convergence et divergence
  • Déterminer le sens de variation d’une suite
  • Déterminer si une suite est convergente ou divergente
  • Suites arithmétiques et géométriques : convergence, calcul sur les suites
  • Utiliser les suites arithmétiques et géométriques dans la résolution des problèmes
  • Déterminer si une suite arithmétique ou géométrique est convergente ou divergente

Source : Programme de mathématiques, classe de Terminale A, ministère des Enseignements secondaires (Niger)

Raisonnement par récurrence

Principe

Méthode pour démontrer qu'une propriété \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout entier \(n\geq n_0\)

Les 3 étapes obligatoires
  1. Initialisation : vérifier que \(\mathcal{P}(n_0)\) est vraie.
  2. Hérédité : supposer \(\mathcal{P}(n)\) vraie pour un certain \(n\geq n_0\) (hypothèse de récurrence), puis démontrer \(\mathcal{P}(n+1)\) en utilisant cette hypothèse.
  3. Conclusion : "D'après le principe de récurrence, \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout \(n\geq n_0\)."
Les 3 erreurs éliminatoires
  • Oublier l'initialisation — démonstration incomplète, note = 0
  • Ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence — écrire explicitement "par hypothèse de récurrence, \(u_n=\ldots\)" avant de l'utiliser
  • Omettre la conclusion globale — phrase finale indispensable pour le correcteur
Exemple 1 — Somme des entiers

Démontrons que pour tout \(n\geq 1\) : \(\displaystyle 1+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\)

Init. : Pour \(n=1\) : \(1=\frac{1\times 2}{2}=1\). Vrai.

Hér. : Supposons \(1+\cdots+n=\frac{n(n+1)}{2}\). Alors :

\[1+\cdots+n+(n+1)=\frac{n(n+1)}{2}+(n+1)=\frac{(n+1)(n+2)}{2}\]

Correspond à la formule au rang \(n+1\). Vrai.

Concl. : Par récurrence, \(1+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\) pour tout \(n\geq 1\).

Exemple 2 — Terme général d'une suite récurrente

Suite : \(u_0=1\), \(u_{n+1}=3u_n+2\). Montrons que \(u_n=2\times 3^n-1\).

Init. : \(u_0=1\) et \(2\times 3^0-1=1\). Vrai.

Hér. : Supposons \(u_n=2\times 3^n-1\). Alors :

\[u_{n+1}=3(2\times 3^n-1)+2=6\times 3^n-1=2\times 3^{n+1}-1\]

Correspond à la formule au rang \(n+1\). Vrai.

Concl. : Par récurrence, \(u_n=2\times 3^n-1\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\).

Marquer l'hypothèse de récurrence

Sur la copie, écrire "par H.R." ou "par hypothèse de récurrence" au-dessus du signe "=" au moment où vous l'utilisez. Le correcteur doit voir clairement ce moment-clé.

Suites récurrentes uₙ₊₁ = f(uₙ) et point fixe

Théorème — Identification par le point fixe

Si la suite \((u_n)\) définie par \(u_{n+1} = f(u_n)\) converge vers un réel \(\ell\) et si \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(\ell\) est un point fixe de \(f\) : \[ f(\ell) = \ell. \] La démarche est donc : montrer que la suite converge (théorème de la limite monotone), puis résoudre \(f(x) = x\) dans l'intervalle stable pour identifier la limite.

Méthode — Étude complète d'une suite récurrente
  1. Trouver un intervalle stable \(I\) : montrer que si \(u_n \in I\) alors \(f(u_n) \in I\).
  2. Montrer par récurrence que \(u_n \in I\) : initialisation, hérédité via la stabilité.
  3. Étudier la monotonie : souvent via le signe de \(f(x) - x\) sur \(I\).
  4. Conclure : croissante bornée supérieurement → convergence.
  5. Identifier \(\ell\) : résoudre \(f(x) = x\) dans \(I\).
Théorème — Convergence par l'IAF

Si \(f\) est dérivable sur un intervalle stable \(I\) et si \(|f'(x)| \le k < 1\) pour tout \(x \in I\), alors : \[ |u_{n+1} - \ell| = |f(u_n) - f(\ell)| \le k\,|u_n - \ell|, \qquad |u_n - \ell| \le k^n \,|u_0 - \ell| \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0. \] Cette méthode prouve simultanément la convergence et une vitesse de convergence.

Exemple complet — \(u_0 = 0\), \(u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 2\)

On pose \(f(x) = \dfrac{x}{2} + 2\).

Point fixe : \(f(\ell) = \ell \iff \dfrac{\ell}{2} + 2 = \ell \iff \ell = 4\).

Intervalle stable : si \(x \in [0\,;\,4]\), alors \(f(x) \in [2\,;\,4] \subset [0\,;\,4]\).

Monotonie : \(u_{n+1} - u_n = 2 - \dfrac{u_n}{2} \ge 0\) car \(u_n \le 4\) → suite croissante.

Convergence : croissante et majorée par 4 → converge. Par continuité de \(f\), la limite vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où \(\ell = 4\).

Via l'IAF : \(f'(x) = \dfrac{1}{2}\) sur \(\mathbb{R}\), donc \(|u_n - 4| \le \left(\dfrac{1}{2}\right)^n |u_0 - 4| = \dfrac{4}{2^n} \to 0\).

Toile d'araignée — \(u_{n+1} = f(u_n)\), \(f(x) = ax + b\)

\(y = f(x)\)
\(y = x\)
toile \(u_0, u_1, \ldots\)
point fixe \(\ell\)

Ajustez les paramètres pour visualiser la convergence ou la divergence

La toile d'araignée permet de prévoir graphiquement le comportement de la suite. Depuis \((u_0, 0)\), on monte jusqu'à la courbe de \(f\), puis horizontalement jusqu'à la droite \(y = x\), et ainsi de suite. Si \(|a| < 1\), la suite converge vers le point fixe \(\ell = b/(1-a)\).

Piège fréquent

Résoudre \(f(x) = x\) sans avoir préalablement prouvé la convergence est sans valeur. Si la suite diverge, un point fixe peut exister sans que la suite ne le rejoigne. On doit d'abord établir la convergence, puis identifier la limite.

Suites : définition, modes de génération

Définition — Suite numérique

Une suite numérique est une application de \(\mathbb{N}\) (ou d'une partie de \(\mathbb{N}\)) dans \(\mathbb{R}\). On note ses valeurs \(u_0, u_1, u_2, \ldots\) ou encore \((u_n)_{n \ge 0}\). Deux modes de définition sont courants.

Forme explicite : on donne directement \(u_n\) en fonction de \(n\), par exemple \(u_n = 3n^2 - 1\). On peut alors calculer n'importe quel terme sans connaître les précédents.

Forme récurrente : on donne \(u_0\) (le premier terme) et une relation de la forme \(u_{n+1} = f(u_n)\). Pour obtenir \(u_5\), il faut d'abord calculer \(u_1, u_2, u_3, u_4\) dans l'ordre.

Sens de variation — Critère

Une suite est croissante si \(u_{n+1} \ge u_n\) pour tout \(n\), et décroissante si \(u_{n+1} \le u_n\). En pratique, on étudie le signe de \(u_{n+1} - u_n\).

Lorsque tous les termes de la suite sont strictement positifs, on peut aussi comparer \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) à \(1\) : si le quotient est supérieur à \(1\), la suite croît ; s'il est inférieur à \(1\), elle décroît.

Méthode — Étudier la monotonie par la différence

Pour montrer que \((u_n)\) est croissante à partir de la forme explicite \(u_n = f(n)\), on calcule \(u_{n+1} - u_n = f(n+1) - f(n)\) et on détermine le signe de cette expression en fonction de \(n\).

  1. Exprimer \(u_{n+1}\) en remplaçant \(n\) par \(n+1\) dans la formule.
  2. Former la différence \(u_{n+1} - u_n\) et la simplifier (factorisation si nécessaire).
  3. Conclure : signe constant positif → croissante ; négatif → décroissante.
Exemple 1 — Forme explicite simple

Soit \(u_n = 2n + 5\). On a \(u_{n+1} - u_n = 2(n+1)+5 - (2n+5) = 2 > 0\). La suite est donc strictement croissante.

Exemple 2 — Forme récurrente

Soit \(u_0 = 10\) et \(u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 1\). Calculons les premiers termes : \(u_1 = 6\), \(u_2 = 4\), \(u_3 = 3\), \(u_4 = 2{,}5\). La suite semble décroissante. On vérifie : si \(u_n > 2\), alors \(u_{n+1} - u_n = 1 - \dfrac{u_n}{2} < 0\), ce qui confirme la décroissance tant que les termes restent supérieurs à \(2\).

Piège fréquent

Vérifier que quelques termes croissent ne suffit pas à conclure : il faut que la propriété soit établie pour tout \(n \ge 0\). Une suite peut croître pour les premiers rangs puis décroître (par exemple \(u_n = n\,e^{-n}\)).

Représentation de deux suites — visualisation interactive

\(u_n = 2n+5\)
\(v_n = -n^2/4+6\)

Limite d'une suite, convergence, limites usuelles

Définition — Convergence et divergence

On dit que \((u_n)\) converge vers \(\ell \in \mathbb{R}\) si les termes \(u_n\) se rapprochent indéfiniment de \(\ell\) quand \(n\) grandit. On note alors \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = \ell\).

Si les termes grandissent sans limite, on écrit \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty\) (divergence vers \(+\infty\)). Si la suite n'admet pas de limite (oscillation persistante), on dit qu'elle diverge.

Théorème — Limite de \(q^n\) (admis) \[ \begin{array}{lll} |q| < 1 & \Rightarrow & q^n \to 0 \\[4pt] q = 1 & \Rightarrow & q^n = 1 \text{ (constante)} \\[4pt] q > 1 & \Rightarrow & q^n \to +\infty \\[4pt] q \le -1 & \Rightarrow & \text{pas de limite (oscillations)} \end{array} \]

C'est le résultat pivot du chapitre : toute limite de suite géométrique ou de suite du type \(u_n = a \cdot q^n + b\) se ramène à ce tableau.

Limites des opérations

Si \(\lim u_n = \ell\) et \(\lim v_n = m\), alors : \(\lim (u_n + v_n) = \ell + m\), \(\lim (u_n \cdot v_n) = \ell m\), et \(\lim (u_n / v_n) = \ell/m\) si \(m \ne 0\). Ces règles permettent de calculer les limites terme à terme.

Méthode — Limites de \(u_n = f(n)\)

Lorsque \(u_n\) s'exprime comme une fraction rationnelle en \(n\), on factorise numérateur et dénominateur par la plus haute puissance de \(n\) présente, puis on passe à la limite terme à terme.

  1. Repérer la puissance dominante au dénominateur.
  2. Diviser tous les termes (numérateur et dénominateur) par cette puissance.
  3. Exploiter \(\dfrac{1}{n^k} \to 0\) pour simplifier.
Exemple 1 — Suite géométrique convergente

\(u_n = 5 \times (0{,}5)^n + 3\). Comme \(|0{,}5| < 1\), \((0{,}5)^n \to 0\), donc \(u_n \to 3\). La suite converge vers \(3\).

Exemple 2 — Fraction rationnelle

\(u_n = \dfrac{2n+1}{n+3}\). On divise par \(n\) : \[\frac{2n+1}{n+3} = \frac{2+\tfrac{1}{n}}{1+\tfrac{3}{n}} \xrightarrow[n\to+\infty]{} \frac{2}{1} = 2.\]

Exemple 3 — Racine carrée

\(v_n = \sqrt{3n+1}\). Comme \(3n+1 \to +\infty\), on a \(\sqrt{3n+1} \to +\infty\). La suite diverge vers \(+\infty\).

Exemple 4 — Raison négative, pas de limite

\(w_n = (-2)^n\). Comme \(q = -2 \le -1\), la suite oscille entre des valeurs positives et négatives de plus en plus grandes : elle n'admet pas de limite.

Astuce — Ne pas confondre \(q^n\) et \(n^k\)

Le théorème sur \(q^n\) concerne la base fixe et l'exposant variable. Pour \(u_n = n^2\) ou \(u_n = n^3\), ce sont des puissances polynomiales de \(n\) qui tendent vers \(+\infty\), pas des suites géométriques.

Comportement de \(u_n = a \cdot q^n + L\) — choisissez les paramètres

\(u_n = a \cdot q^n + L\)
Limite \(L\)

Suites arithmétiques : terme général et somme

Définition

Une suite \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r \in \mathbb{R}\) si chaque terme s'obtient en ajoutant \(r\) au précédent : \[u_{n+1} = u_n + r \quad \text{pour tout } n \ge 0.\] Si \(r > 0\), la suite est croissante ; si \(r < 0\), décroissante ; si \(r = 0\), tous les termes sont égaux (suite constante).

Terme général et somme \[ u_n = u_0 + n\,r \]

Cette formule permet d'accéder directement à n'importe quel terme sans calculer les intermédiaires. Elle montre que \(u_n\) est une fonction affine de \(n\).

\[ S_n = u_0 + u_1 + \cdots + u_n = \frac{(n+1)\,(u_0 + u_n)}{2} \]

La somme vaut « nombre de termes » multiplié par « demi-somme du premier et du dernier terme ». Remarquons qu'il y a \(n+1\) termes de \(u_0\) à \(u_n\).

Méthode — Identifier une suite arithmétique
  1. Calculer \(u_1 - u_0\), \(u_2 - u_1\), \(u_3 - u_2\).
  2. Si toutes ces différences sont égales, la suite est arithmétique de raison \(r = u_1 - u_0\).
  3. Écrire la formule du terme général \(u_n = u_0 + nr\).
Exemple 1 — Calcul de terme et de somme

\((u_n)\) est arithmétique de raison \(r = 3\) et \(u_0 = 5\).

Terme général : \(u_n = 5 + 3n\).
Terme d'indice 10 : \(u_{10} = 5 + 3 \times 10 = 35\).
Somme \(S_{10}\) : \(S_{10} = \dfrac{11 \times (5 + 35)}{2} = \dfrac{11 \times 40}{2} = 220\).

Exemple 2 — Retrouver la raison et le premier terme

On sait que \(u_3 = 11\) et \(u_7 = 19\). Trouver \(r\), \(u_0\) et \(u_{20}\).

De \(u_7 = u_3 + 4r\) on tire \(19 = 11 + 4r\), donc \(r = 2\).
Ensuite \(u_0 = u_3 - 3r = 11 - 6 = 5\).
Enfin \(u_{20} = 5 + 2 \times 20 = 45\).

Exemple 3 — Somme partielle

On veut calculer la somme des entiers de \(1\) à \(100\). La suite \(u_n = n\) est arithmétique, \(u_1 = 1\), \(u_{100} = 100\), donc \(S = \dfrac{100 \times (1 + 100)}{2} = 5050\).

Piège — Compter le bon nombre de termes

De \(u_0\) à \(u_n\) il y a \(n+1\) termes, pas \(n\). De \(u_p\) à \(u_q\) il y en a \(q - p + 1\). Oublier le « \(+1\) » est l'erreur classique dans le calcul de somme.

Suite arithmétique — ajustez \(u_0\) et la raison \(r\)

\(u_n = u_0 + nr\)

Suites géométriques : terme général et somme

Définition

Une suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q \ne 0\) si chaque terme s'obtient en multipliant le précédent par \(q\) : \[u_{n+1} = q\,u_n \quad \text{pour tout } n \ge 0.\] La raison \(q\) est le rapport constant \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) (valable tant que \(u_n \ne 0\)).

Terme général et somme \[ u_n = u_0 \cdot q^n \] \[ S_n = u_0 + u_1 + \cdots + u_n = u_0 \cdot \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q} \quad (q \ne 1) \]

Cas particulier : si \(q = 1\), tous les termes valent \(u_0\) et \(S_n = (n+1)\,u_0\).

Méthode — Identifier une suite géométrique
  1. Si tous les termes sont non nuls, calculer \(\dfrac{u_1}{u_0}\), \(\dfrac{u_2}{u_1}\), etc.
  2. Si ces rapports sont tous égaux, la suite est géométrique de raison \(q\).
  3. Écrire \(u_n = u_0 \cdot q^n\).
Exemple 1 — Raison entière

\((u_n)\) géométrique de raison \(q = 3\), \(u_0 = 2\).

\(u_5 = 2 \times 3^5 = 2 \times 243 = 486\).
\(S_5 = 2 \times \dfrac{1 - 3^6}{1 - 3} = 2 \times \dfrac{1 - 729}{-2} = 2 \times 364 = 728\).

Exemple 2 — Raison décimale (placement financier)

Un capital de \(1000\) € est placé à intérêts composés de taux \(5\,\%\) par an. Le capital après \(n\) années vaut \(u_n = 1000 \times 1{,}05^n\). Il s'agit d'une suite géométrique de raison \(1{,}05\).

Après \(10\) ans : \(u_{10} = 1000 \times 1{,}05^{10} \approx 1629\) €.

Exemple 3 — Raison négative

Soit \(u_0 = 8\) et \(q = -\dfrac{1}{2}\). \(u_n = 8 \times \left(-\tfrac{1}{2}\right)^n\). Les termes alternent en signe et tendent vers \(0\).

Piège — Appliquer la formule de somme quand \(q = 1\)

La formule \(u_0 \dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\) n'est pas définie pour \(q = 1\) (division par zéro). Dans ce cas, utiliser directement \(S_n = (n+1)u_0\).

Suite géométrique — faites varier \(u_0\) et \(q\)

\(u_n = u_0 \cdot q^n\)

Résumé

Résumé — Suites Numériques
Arithmétique

\(u_{n+1}=u_n+r\) · \(u_n=u_0+nr\) · \(S_n=(n+1)\frac{u_0+u_n}{2}\)

Géométrique

\(u_{n+1}=qu_n\) · \(u_n=u_0q^n\) · \(S_n=u_0\frac{1-q^{n+1}}{1-q}\)

Arithmético-géométrique

Point fixe \(\ell=\frac{c}{1-b}\) · \(v_n=u_n-\ell\) géométrique · \(u_n=(u_0-\ell)b^n+\ell\)

Convergence

Croissante + majorée → converge · Décroissante + minorée → converge · Limite = point fixe

Limite géométrique

\(|q|<1\Rightarrow q^n\to 0\) · \(q>1\Rightarrow q^n\to+\infty\) · \(q\leq-1\) → pas de limite

Récurrence — 3 étapes

1. Initialisation · 2. Hérédité (avec H.R. explicite) · 3. Conclusion globale

Résumé — Suites numériques
Récurrence

Initialisation + hérédité dans cet ordre. On suppose \(P(n)\) et on déduit \(P(n+1)\), jamais l'inverse.

Monotonie

Signe de \(u_{n+1} - u_n\), quotient si \(u_n > 0\), variations de \(f\) si explicite, récurrence si récurrente.

Convergence

Croissante majorée ou décroissante minorée → convergence (admis). Gendarmes : deux suites encadrantes de même limite.

Suite \(u_n = f(n)\)

Transférer les limites de fonctions. Croissances comparées : \(\ln n \ll n^\alpha \ll a^n \ll n!\).

Point fixe

Si \((u_n)\) converge et \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(f(\ell) = \ell\). Méthode en 5 étapes.

IAF et vitesse

Si \(|f'| \le k < 1\) sur l'intervalle stable : \(|u_n - \ell| \le k^n |u_0 - \ell| \to 0\).

L'essentiel pour le Bac
Suite arithmétique

Raison \(r\) constante : \(u_{n+1} = u_n + r\). Terme général : \(u_n = u_0 + nr\). Somme : \(S_n = \dfrac{(n+1)(u_0+u_n)}{2}\).

Suite géométrique

Raison \(q \ne 0\) : \(u_{n+1} = qu_n\). Terme général : \(u_n = u_0 q^n\). Somme : \(S_n = u_0 \dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\) (\(q \ne 1\)).

Limites de \(q^n\)

\(|q|<1\) : \(q^n \to 0\). \(q>1\) : \(q^n \to +\infty\). \(q \le -1\) : pas de limite.

Suites du type \(f(n)\)

Fractions rationnelles : diviser par la plus haute puissance de \(n\). Croissance exponentielle > polynomiale à l'infini.

Sujet type Bac

Exercice type Bac

Énoncé : Soit \((u_n)\) définie par \(\begin{cases}u_0=4\\u_{n+1}=\dfrac{1}{3}u_n+2\end{cases}\).

A. Premiers termes : \(u_1=\frac{10}{3}\approx 3{,}33\) · \(u_2=\frac{28}{9}\approx 3{,}11\) — La suite semble décroissante et converger vers 3.

B. Bornage par récurrence — \(\mathcal{P}(n):u_n>3\)

Init. : \(u_0=4>3\). Vrai.
Hér. : Si \(u_n>3\), alors \(u_{n+1}=\frac{1}{3}u_n+2>\frac{1}{3}(3)+2=3\). Vrai.
Concl. : \(u_n>3\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\).

Variations : \(u_{n+1}-u_n=-\frac{2}{3}u_n+2=2\!\left(1-\frac{u_n}{3}\right)<0\) car \(u_n>3\). Donc \((u_n)\) est décroissante et minorée par 3 → converge.

C. Suite auxiliaire : \(v_n=u_n-3\) → \(v_{n+1}=\frac{1}{3}v_n\) → \(v_n=\left(\frac{1}{3}\right)^n\).

\[u_n=3+\left(\frac{1}{3}\right)^n\]

D. Limite : \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=3+0=\mathbf{3}\)

Suite récurrente — algorithme de Héron

On considère la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 1\) et, pour tout \(n \in \mathbb{N}\) : \[ u_{n+1} = \frac{u_n^{\,2} + 2}{2\,u_n}. \]

Question 1. Calculer \(u_1\) et \(u_2\). En déduire une conjecture sur le comportement de la suite.

Solution \[ u_1 = \frac{1 + 2}{2} = \frac{3}{2} = 1{,}5, \qquad u_2 = \frac{(3/2)^2 + 2}{2 \cdot 3/2} = \frac{17}{12} \approx 1{,}417. \]

Les termes semblent décroître et se rapprocher de \(\sqrt{2} \approx 1{,}414\). Conjecture : la suite converge vers \(\sqrt{2}\).

Question 2. Déterminer les points fixes de \(f(x) = \dfrac{x^2+2}{2x}\).

Solution

On résout \(f(x) = x\) pour \(x > 0\) :

\[ \frac{x^2 + 2}{2x} = x \iff x^2 + 2 = 2x^2 \iff x^2 = 2 \iff x = \sqrt{2}. \]

Question 3. Montrer par récurrence que \(u_n \ge \sqrt{2}\) pour tout \(n \ge 1\).

Solution

Initialisation (\(n=1\)) : \(u_1 = 3/2 > \sqrt{2}\). Vrai.

Hérédité : supposons \(u_n \ge \sqrt{2}\). On calcule :

\[ u_{n+1} - \sqrt{2} = \frac{u_n^2 + 2 - 2\sqrt{2}\,u_n}{2u_n} = \frac{(u_n - \sqrt{2})^2}{2u_n} \ge 0. \]

Le numérateur est positif ou nul, le dénominateur est positif : \(u_{n+1} \ge \sqrt{2}\).

Question 4. Montrer que la suite est décroissante à partir du rang 1.

Solution

Pour \(n \ge 1\), on a \(u_n \ge \sqrt{2} > 0\) :

\[ u_{n+1} - u_n = \frac{u_n^2 + 2 - 2u_n^2}{2u_n} = \frac{2 - u_n^2}{2u_n}. \]

Comme \(u_n^2 \ge 2\), on a \(2 - u_n^2 \le 0\) et \(2u_n > 0\) : la suite est décroissante.

Question 5. Conclure sur la convergence et calculer la limite.

Solution

À partir du rang 1, la suite est décroissante et minorée par \(\sqrt{2}\). Par le théorème de la limite monotone, elle converge. Sa limite \(\ell\) vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où :

\[ \lim_{n \to +\infty} u_n = \sqrt{2}. \]

C'est l'algorithme de Héron, méthode de calcul numérique de \(\sqrt{2}\) connue depuis l'Antiquité. Le nombre de décimales exactes double à chaque itération.

Placement à intérêts composés et comparaison de suites

Deux amis, Awa et Kofi, placent chacun de l'argent dans deux banques différentes.

  • Awa place \(500\) € à intérêts composés de taux \(4\,\%\) par an. Son capital après \(n\) années est \(A_n = 500 \times 1{,}04^n\).
  • Kofi alimente un compte par versements constants : il commence avec \(200\) € et ajoute \(60\) € chaque année. Son capital est \(K_n = 200 + 60n\).

Question 1 — Quelle est la nature de chacune des suites \((A_n)\) et \((K_n)\) ? Préciser les paramètres.

Solution

\((A_n)\) est géométrique de premier terme \(A_0 = 500\) et de raison \(q = 1{,}04\), car \(A_{n+1} = 1{,}04 \times A_n\). \((K_n)\) est arithmétique de premier terme \(K_0 = 200\) et de raison \(r = 60\), car \(K_{n+1} = K_n + 60\).

Question 2 — Calculer \(A_{10}\) et \(K_{10}\). Arrondir à l'euro.

Solution

\(A_{10} = 500 \times 1{,}04^{10}\). On calcule \(1{,}04^{10} \approx 1{,}4802\), donc \(A_{10} \approx 500 \times 1{,}4802 \approx 740\) €. \(K_{10} = 200 + 60 \times 10 = 200 + 600 = 800\) €. Après \(10\) ans, Kofi dispose de plus de capital.

Question 3 — Calculer la somme totale versée par Awa sur les \(10\) premières années (de \(A_0\) à \(A_9\)).

Solution

La somme \(S = A_0 + A_1 + \cdots + A_9\) est la somme des \(10\) premiers termes d'une suite géométrique : \[S = 500 \times \frac{1 - 1{,}04^{10}}{1 - 1{,}04} = 500 \times \frac{1 - 1{,}4802}{-0{,}04} = 500 \times \frac{0{,}4802}{0{,}04} = 500 \times 12{,}005 = 6\,002{,}5.\] Avec la valeur arrondie \(1{,}04^{10} \approx 1{,}4802\), on trouve donc \(S \approx 6\,003\) € (la calculatrice donne \(6\,003{,}05\)).

Question 4 — Étudier les limites de \((A_n)\) et \((K_n)\) quand \(n \to +\infty\). Interpréter.

Solution

Pour \((A_n)\) : la raison \(q = 1{,}04 > 1\), donc \(1{,}04^n \to +\infty\), et \(A_n = 500 \times 1{,}04^n \to +\infty\). Le capital d'Awa croît sans limite, et de plus en plus vite. Pour \((K_n)\) : \(K_n = 200 + 60n \to +\infty\) également, mais de façon linéaire (un terme de plus en plus petit relativement). À long terme, c'est \((A_n)\) qui « écrase » \((K_n)\) : la croissance exponentielle l'emporte toujours sur la croissance linéaire.

Question 5 (bonus) — À partir de quelle année \(n\) le capital d'Awa dépasse-t-il celui de Kofi ?

Solution

On cherche le plus petit \(n\) tel que \(A_n > K_n\), soit \(500 \times 1{,}04^n > 200 + 60n\). Il n'existe pas de solution algébrique simple ; on procède par tâtonnement ou tableau de valeurs. Pour \(n = 10\) : \(A_{10} \approx 740\) et \(K_{10} = 800\), donc Awa est encore derrière. Pour \(n = 20\) : \(A_{20} = 500 \times 1{,}04^{20} \approx 500 \times 2{,}191 \approx 1096\) et \(K_{20} = 200 + 1200 = 1400\), toujours derrière. Pour \(n = 40\) : \(A_{40} \approx 500 \times 4{,}801 \approx 2400\) et \(K_{40} = 2600\), encore derrière. Pour \(n = 50\) : \(A_{50} \approx 500 \times 7{,}107 \approx 3554\) et \(K_{50} = 3200\) — Awa dépasse Kofi ! Le croisement a lieu entre \(n = 40\) et \(n = 50\), vers \(n \approx 47\).

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