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Seconde A · Leçon 2

Équations et inéquations dans ℝ, systèmes linéaires et de contraintes

Ce que dit le programme officiel (13 points)
  • Équations et inéquations du premier et du second degré
  • Résoudre des équations et inéquations du premier degré avec un paramètre
  • Utiliser le discriminant pour résoudre une équation ou une inéquation du second degré
  • Limite : dans le cadre des équations du second degré, on ne parle pas de somme et de produit de racines
  • Limite : les équations et inéquations du second degré avec paramètre sont hors programme
  • Systèmes d’équations affines dans ℝ², dans ℝ³
  • Utiliser le déterminant pour résoudre les systèmes d’équations affines de ℝ²
  • Résoudre des systèmes d’équations affines de ℝ³
  • Limite : on traite aussi des cas de système comprenant un paramètre
  • Limite : le déterminant d’ordre 3 n’est pas au programme ; la résolution des systèmes d’équations affines de ℝ³ se fait par les méthodes déjà connues (substitution, combinaison linéaire, déterminant d’ordre 2)
  • Systèmes d’inéquations affines dans ℝ²
  • Utiliser le régionnement du plan pour résoudre un système d’inéquations affines de ℝ²
  • Limite : on n’envisage que des régions de frontières rectilignes

Source : Programme de mathématiques, classe de Seconde A, ministère des Enseignements secondaires (Niger)

Équations et inéquations du premier degré

Comportement de l'ordre vis-à-vis des opérations

L'ordre est conservé par addition d'un même réel, et par multiplication par un réel strictement positif. Il est inversé par multiplication par un réel strictement négatif. Toute virtuosité technique au-delà de ces règles élémentaires est exclue du programme.

Remarque propre au programme du Burkina Faso : vérifie ce point dans ton programme.

Méthode — Résoudre une inéquation du premier degré

Résoudre \(-2x+5 \le 11\).

\(-2x \le 6\), puis on divise par \(-2\) (négatif : l'inégalité s'inverse) : \(x \ge -3\). Solution : \(x \in [-3\,;+\infty[\).

Exemples gradués

Facile. \(3x-1 > 8 \iff 3x > 9 \iff x > 3\), soit \(x \in\ ]3\,;+\infty[\).

Intervalle. \(x \in [-2\,;5[\) signifie \(-2 \le x < 5\) : borne de gauche incluse, borne de droite exclue.

Figure interactive — Fonction de proportionnalité

La droite \(y=ax\) passe toujours par l'origine, quel que soit \(a\).

Équation du second degré : discriminant et racines

Forme canonique

Pour \(P(x)=ax^2+bx+c\) (\(a\ne0\)) :

\[ P(x)=a(x-\alpha)^2+\beta, \qquad \alpha=-\dfrac{b}{2a},\quad \beta=P(\alpha). \]
Discriminant

Pour résoudre \(ax^2+bx+c=0\), on pose \(\Delta=b^2-4ac\).

\(\Delta>0\) : deux solutions \(x_{1,2}=\dfrac{-b\mp\sqrt\Delta}{2a}\). \(\Delta=0\) : une solution double \(x_0=-\dfrac{b}{2a}\). \(\Delta<0\) : aucune solution réelle.

Exemples gradués

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Signe du trinôme et inéquations du second degré

Signe du trinôme

Si \(\Delta>0\) (racines \(x_1<x_2\)) : \(P(x)\) est du signe de \(a\) à l'extérieur de \([x_1;x_2]\), du signe opposé entre les racines. Règle mnémotechnique : « signe de \(a\), sauf entre les racines ».

Méthode — Signe d'un produit, résolution d'une inéquation

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Exemple — Problème concret

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Figure interactive — Parabole \(y=ax^2+bx+c\)

Systèmes linéaires de deux équations à deux inconnues

L'objectif est double : connaître les différentes méthodes de résolution, et surtout savoir choisir la mieux adaptée à une situation — en particulier mettre en équations un problème concret. Tout se fait sur des exemples numériques.

Rappel — Système de deux équations à deux inconnues \[ \begin{cases} ax+by=e \\ cx+dy=f \end{cases} \]

Résoudre le système, c'est trouver le(s) couple(s) \((x,y)\) qui vérifient les deux équations à la fois.

Méthode — Substitution

Résoudre \(\begin{cases}y=2x-1\\3x+y=9\end{cases}\).

La première équation donne directement \(y\) en fonction de \(x\) : on substitue dans la seconde. \(3x+(2x-1)=9\), soit \(5x=10\), donc \(x=2\), puis \(y=3\).

Solution : \((x,y)=(2,3)\).

Méthode — Combinaison linéaire

Résoudre \(\begin{cases}2x+3y=12\\5x-3y=9\end{cases}\).

Les coefficients de \(y\) sont opposés : on additionne directement les deux équations, ce qui élimine \(y\). \(2x+3y+5x-3y=12+9\), soit \(7x=21\), donc \(x=3\). En reportant dans la première équation : \(2(3)+3y=12\), donc \(3y=6\), soit \(y=2\).

Solution : \((x,y)=(3,2)\).

Systèmes linéaires à trois inconnues : pivot de Gauss

Un système linéaire à trois inconnues permet de chercher en même temps trois nombres liés par plusieurs conditions. Ce type de problème apparaît dès qu’on veut déterminer trois quantités inconnues à partir de trois relations. La méthode du pivot de Gauss est une méthode organisée d’élimination : elle transforme progressivement le système pour le rendre plus simple à résoudre, sans changer ses solutions.

Définitions : système linéaire, solution, systèmes équivalents

Un système linéaire à trois inconnues est un ensemble de trois équations du premier degré portant sur trois inconnues, souvent notées \(x\), \(y\) et \(z\). Il s’écrit en général sous la forme :

\[\begin{cases}a_1x+b_1y+c_1z=d_1\\a_2x+b_2y+c_2z=d_2\\a_3x+b_3y+c_3z=d_3\end{cases}\]

où \(a_1,b_1,c_1,d_1,a_2,b_2,c_2,d_2,a_3,b_3,c_3,d_3\) sont des réels. Dire qu’il est linéaire signifie que les inconnues n’apparaissent qu’à la puissance 1, sans produit du type \(xy\), sans carré comme \(x^2\), et sans dénominateur contenant une inconnue.

Une solution du système est un triplet \((x;y;z)\) qui vérifie simultanément les trois équations. Il ne suffit donc pas de vérifier une seule ligne : les trois doivent être vraies avec les mêmes valeurs de \(x\), \(y\) et \(z\).

Deux systèmes sont dits équivalents lorsqu’ils ont exactement les mêmes solutions. Le pivot de Gauss consiste justement à remplacer un système par d’autres systèmes équivalents, plus faciles à lire et à résoudre.

On appelle enfin forme triangulaire une écriture du type :

\[\begin{cases}ax+by+cz=d\\a'y+b'z=d'\\a''z=d''\end{cases}\]

Cette forme est pratique, car on peut calculer d’abord \(z\), puis \(y\), puis \(x\). Le but du pivot de Gauss est de se rapprocher de cette situation en supprimant peu à peu certaines inconnues dans certaines lignes.

Propriétés utilisées dans le pivot de Gauss

Le pivot de Gauss repose sur des transformations qui conservent les solutions du système.

  • On peut échanger deux équations. Cela ne change pas les solutions, car on ne fait que changer l’ordre des informations.
  • On peut multiplier une équation par un réel non nul. On obtient alors une équation équivalente : par exemple, \(x+y=3\) et \(2x+2y=6\) expriment la même condition.
  • On peut ajouter à une équation un multiple d’une autre équation. C’est l’opération essentielle d’élimination. Par exemple, si l’on remplace la deuxième ligne par « deuxième ligne moins deux fois la première ligne », on fabrique une nouvelle équation vraie pour exactement les mêmes solutions.

L’idée de la méthode est de choisir une ligne contenant une inconnue avec un coefficient non nul : ce coefficient s’appelle un pivot. Ensuite, on combine les autres lignes avec cette ligne pour faire disparaître cette inconnue ailleurs. On recommence alors avec les lignes restantes.

Après réduction, trois situations peuvent se présenter :

  • on obtient une dernière ligne du type \(az=b\) avec \(a\neq 0\) : on peut calculer \(z\), puis remonter ; le système a en général une solution unique ;
  • on obtient une ligne du type \(0=k\) avec \(k\neq 0\) : c’est impossible, donc le système n’a aucune solution ;
  • on obtient une ligne du type \(0=0\) : cette ligne n’apporte pas d’information nouvelle ; il peut alors rester une inconnue libre, et le système peut avoir une infinité de solutions.

À ce niveau, il faut surtout bien comprendre le sens de ces trois cas et savoir les reconnaître dans les calculs.

Méthode : résoudre un système à trois inconnues par pivot de Gauss

Pour résoudre un système linéaire à trois inconnues par pivot de Gauss :

  1. Écris proprement les trois lignes en alignant les inconnues \(x\), \(y\), \(z\) et les termes constants. Cette disposition limite les erreurs de signe.
  2. Choisis un premier pivot, si possible simple, dans la première colonne : un coefficient de \(x\) égal à \(1\) ou \(-1\) est souvent pratique. Si nécessaire, échange deux lignes.
  3. Élimine \(x\) dans les deux autres lignes en faisant des combinaisons du type \(L_2\leftarrow L_2-kL_1\) et \(L_3\leftarrow L_3-k'L_1\). Tu obtiens alors un système où les deux dernières lignes ne contiennent plus \(x\).
  4. Choisis ensuite un deuxième pivot dans la deuxième ligne, cette fois dans la colonne de \(y\). Si ce coefficient est nul et qu’un autre convient mieux, échange les deux dernières lignes.
  5. Élimine \(y\) dans la troisième ligne. Tu arrives alors à une ligne très simple portant seulement sur \(z\), ou bien à une ligne du type \(0=0\) ou \(0=k\).
  6. Interprète la dernière ligne : si elle donne \(z\), continue ; si elle donne une impossibilité, il n’y a pas de solution ; si elle donne \(0=0\), il faudra souvent introduire un paramètre pour décrire toutes les solutions.
  7. Remonte ensuite les calculs : trouve d’abord \(z\), puis remplace sa valeur dans la ligne précédente pour obtenir \(y\), puis enfin dans la première ligne pour obtenir \(x\). Cette étape s’appelle la remontée.
  8. Vérifie le résultat en remplaçant les valeurs trouvées dans les équations de départ. Une vérification rapide permet souvent de repérer une erreur de signe.

Le mot important est éliminer : à chaque étape, tu cherches à faire disparaître une inconnue dans certaines lignes pour simplifier progressivement le système.

Exemple 1 : un système ayant une solution unique

Énoncé : Résous par pivot de Gauss le système

\[\begin{cases}x+y+z=6\\2x-y+z=3\\x+2y-z=2\end{cases}\]

Solution : On choisit la première ligne comme ligne de pivot, car le coefficient de \(x\) vaut \(1\).

On note les lignes \(L_1\), \(L_2\), \(L_3\).

On élimine \(x\) dans \(L_2\) et \(L_3\).

\(L_2\leftarrow L_2-2L_1\) :

\[(2x-y+z)-2(x+y+z)=3-2\times 6\]

\[2x-y+z-2x-2y-2z=3-12\]

\[-3y-z=-9\]

\(L_3\leftarrow L_3-L_1\) :

\[(x+2y-z)-(x+y+z)=2-6\]

\[x+2y-z-x-y-z=-4\]

\[y-2z=-4\]

Le système devient donc :

\[\begin{cases}x+y+z=6\\-3y-z=-9\\y-2z=-4\end{cases}\]

Pour avoir un pivot plus simple sur \(y\), on échange les deux dernières lignes :

\[\begin{cases}x+y+z=6\\y-2z=-4\\-3y-z=-9\end{cases}\]

On élimine maintenant \(y\) dans la troisième ligne :

\(L_3\leftarrow L_3+3L_2\)

\[(-3y-z)+3(y-2z)=-9+3\times(-4)\]

\[-3y-z+3y-6z=-9-12\]

\[-7z=-21\]

Donc \(z=3\).

On remonte dans la deuxième ligne :

\[y-2\times 3=-4\]

\[y-6=-4\]

\[y=2\]

Puis dans la première ligne :

\[x+2+3=6\]

\[x+5=6\]

\[x=1\]

La solution du système est donc :

\[(x;y;z)=(1;2;3)\]

Une vérification rapide confirme : \(1+2+3=6\), \(2\times 1-2+3=3\), \(1+2\times 2-3=2\).

Exemple 2 : un système sans solution

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Exemple 3 : un système ayant une infinité de solutions

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Pièges et erreurs fréquentes

Une erreur fréquente consiste à mal interpréter les lignes obtenues à la fin des calculs.

  • Erreur 1 : croire que \(0=0\) signifie « pas de solution ». C’est faux. La ligne \(0=0\) est toujours vraie ; elle indique seulement qu’une équation était répétée ou déduite des autres. Par exemple, dans le troisième exemple, on obtient \(0=0\), et pourtant il y a une infinité de solutions.
  • Erreur 2 : oublier de transformer aussi le second membre. Si tu remplaces \(L_2\) par \(L_2-2L_1\), tu dois faire cette opération sur toute la ligne, y compris sur le nombre à droite du signe égal. Sinon, le nouveau système n’est plus équivalent à l’ancien.
  • Erreur 3 : conclure trop vite qu’il y a une solution unique sans regarder la dernière ligne. Si la dernière ligne donne \(0=5\), alors le système n’a aucune solution, même si les premières étapes semblaient correctes.

Contre-exemple utile : les systèmes

\[\begin{cases}x+y+z=2\\2x+2y+2z=4\\x-y+z=0\end{cases}\quad \text{et} \quad \begin{cases}x+y+z=2\\2x+2y+2z=5\\x-y+z=0\end{cases}\]

se ressemblent beaucoup. Dans le premier, la deuxième ligne est le double de la première, donc on obtient une ligne \(0=0\). Dans le second, on obtient \(0=1\), donc aucune solution. Il faut donc lire très attentivement la dernière ligne obtenue.

Systèmes 2×2 : déterminant et interprétation graphique

Interprétation graphique

Chaque équation représente une droite. La solution du système est le point d'intersection des deux droites — lisible directement sur un graphique bien construit, méthode particulièrement utile pour vérifier un résultat trouvé par le calcul.

Méthode — Mettre un problème en équations

Deux articles A et B. Trois articles A et deux articles B coûtent \(2\,900\) F ; un article A et quatre articles B coûtent \(2\,700\) F. Prix de chaque article ?

Notons \(x\) le prix de A, \(y\) le prix de B :

\[ \begin{cases} 3x+2y=2\,900 \\ x+4y=2\,700 \end{cases} \]

De la seconde équation : \(x=2\,700-4y\). En substituant dans la première : \(3(2\,700-4y)+2y=2\,900\), soit \(8\,100-12y+2y=2\,900\), donc \(-10y=-5\,200\), \(y=520\). Puis \(x=2\,700-2\,080=620\).

L'article A coûte \(620\) F, l'article B coûte \(520\) F.

Figure — Intersection de deux droites

Le point d'intersection donne la solution du système \(\begin{cases}y=2x-1\\3x+y=9\end{cases}\).

Inéquations et systèmes d'inéquations linéaires à deux inconnues

Résolution graphique d'une inéquation linéaire

Une inéquation \(ax+by \le e\) (avec \(b>0\)) partage le plan en deux demi-plans, séparés par la droite \(ax+by=e\) : les points qui vérifient l'inéquation forment l'un des deux demi-plans (frontière incluse).

Résoudre un système d'inéquations, c'est trouver l'intersection de tous les demi-plans correspondants — une région du plan.

Méthode — Modéliser un problème par un système

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Résumé

Résumé — Systèmes linéaires

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Résumé — Systèmes d'équations linéaires
Substitution

Isoler une inconnue dans une équation, remplacer dans l'autre. Efficace si une équation est déjà "\(y=\ldots\)".

Combinaison

Multiplier les équations pour faire disparaître une inconnue par addition ou soustraction.

Résolution graphique

Chaque équation = une droite. Solution = point d'intersection. Utile pour vérifier visuellement un résultat.

Mise en équations

Toujours vérifier la cohérence du résultat avec l'énoncé concret (valeurs entières, positives, réalistes…).

Sujet type devoir

Systèmes linéaires — Sujet complet

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Systèmes — Sujet complet

Un groupe de \(30\) personnes (adultes et enfants) visite un musée. Le billet adulte coûte \(1\,000\) F, le billet enfant \(400\) F. La recette totale est de \(21\,000\) F.

Question 1. En notant \(x\) le nombre d'adultes et \(y\) le nombre d'enfants, écrire le système traduisant la situation.

Solution détaillée \[ \begin{cases} x+y=30 \\ 1\,000x+400y=21\,000 \end{cases} \]

Question 2. Résoudre ce système par substitution.

Solution détaillée

De la première équation : \(y=30-x\). En substituant :

\[ 1\,000x+400(30-x)=21\,000 \]

\(1\,000x+12\,000-400x=21\,000\), soit \(600x=9\,000\), donc \(x=15\). Alors \(y=30-15=15\).

Question 3. Vérifier le résultat, puis interpréter concrètement.

Solution détaillée

Vérification : \(1\,000\times15+400\times15=15\,000+6\,000=21\,000\). Correct. Le groupe compte \(15\) adultes et \(15\) enfants.

Mode hors-ligne — données en cache