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Série C · Partie 3 sur 5 · Analyse II

Équations différentielles, Suites & Calcul intégral

Résolution des équations différentielles du premier et du second ordre, étude des suites numériques et maîtrise du calcul intégral — trois piliers de l'analyse au programme de Terminale C.

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VII

Équations différentielles

4 h de cours Analyse En ligne

VII.1 — Vocabulaire et définitions

Définition — Équation différentielle

Une équation différentielle est une relation entre une fonction inconnue \(y\), définie sur un intervalle \(I\), et une ou plusieurs de ses dérivées successives. L'ordre de l'équation est l'ordre de la dérivée la plus élevée qui y apparaît.

Résoudre l'équation sur \(I\) signifie déterminer l'ensemble de toutes les fonctions dérivables sur \(I\) qui satisfont cette relation : on les appelle les solutions de l'équation. L'ensemble des solutions constitue en général une famille à un ou deux paramètres réels, selon l'ordre de l'équation.

Une condition initiale (ou condition de Cauchy) fixe la valeur de \(y\) — et éventuellement de ses dérivées — en un point particulier \(x_{0}\). Elle sélectionne, parmi toute la famille, une solution unique : la solution particulière associée à ces données.

Exemples introductifs

Les trois équations suivantes illustrent les trois grandes familles du programme.

ÉquationOrdreType
\(y' + 2y = 0\)1Homogène, 1er ordre
\(y'' - 3y' + 2y = 0\)2Homogène, 2e ordre, \(\Delta > 0\)
\(y'' + 4y = 0\)2Oscillatoire, \(\Delta < 0\)
\(y' - 2y = e^{x}\)11er ordre avec second membre
Remarque — Existence et unicité

Pour toutes les équations du programme (linéaires à coefficients constants), on admet que pour toute condition initiale \(y(x_{0}) = y_{0}\) (et \(y'(x_{0}) = y'_{0}\) pour le second ordre), il existe une unique solution vérifiant ces données. Ce résultat justifie qu'il suffit d'exhiber la forme générale et d'identifier ses paramètres.

VII.2 — Équation du premier ordre \(y' + ay = 0\)

Théorème — Solution générale

Soit \(a \in \mathbb{R}\). Les solutions de \(y' + ay = 0\) sur \(\mathbb{R}\) sont exactement les fonctions de la forme : \[ y(x) = C\,e^{-ax}, \qquad C \in \mathbb{R}. \] Pour toute condition initiale \(y(x_{0}) = y_{0}\), la constante est \(C = y_{0}\,e^{ax_{0}}\), ce qui fournit l'unique solution particulière \(y(x) = y_{0}\,e^{-a(x - x_{0})}\).

Méthode — Résolution pas à pas
  1. Identifier \(a\) dans \(y' + ay = 0\). (Si l'équation est \(y' = ky\), poser \(a = -k\).)
  2. Écrire immédiatement : \(y = Ce^{-ax}\), \(C \in \mathbb{R}\).
  3. Si une condition initiale \(y(x_{0}) = y_{0}\) est donnée, substituer : \(y_{0} = Ce^{-ax_{0}}\), d'où \(C = y_{0}\,e^{ax_{0}}\).
  4. Conclure en écrivant explicitement la solution particulière.
Exemple 1 — Résolution simple

Résoudre \(y' + 2y = 0\) avec \(y(0) = 3\).

Ici \(a = 2\), donc la solution générale est \(y = Ce^{-2x}\). La condition initiale donne \(3 = C\,e^{0} = C\), d'où \(C = 3\). \[ y(x) = 3\,e^{-2x}. \] La courbe part du point \((0, 3)\) et décroît vers zéro quand \(x \to +\infty\).

Exemple 2 — Famille de solutions (exploration graphique)

On représente ci-dessous plusieurs solutions \(y = Ce^{-2x}\) pour différentes valeurs de \(C\). Faites varier le curseur pour observer comment la condition initiale sélectionne une courbe unique parmi la famille.

Famille de solutions de \(y' + 2y = 0\) — curseur \(C\)

Solution choisie
Autres membres

Déplacez le curseur pour changer \(C\)

Point initial : (0 ; 3.0)

Chaque valeur de \(C\) correspond à une solution distincte. La condition initiale \(y(x_0) = y_0\) fixe \(C\) et sélectionne une unique courbe.

Application — Désintégration radioactive

Le nombre \(N(t)\) de noyaux radioactifs satisfait \(N'(t) = -\lambda\,N(t)\), équation de la forme \(N' + \lambda N = 0\), d'où : \[ N(t) = N_{0}\,e^{-\lambda t}, \] où \(N_{0} = N(0)\) est la quantité initiale. La demi-vie \(T_{1/2}\) est le temps au bout duquel la moitié des noyaux s'est désintégrée : \[ N_{0}\,e^{-\lambda T_{1/2}} = \frac{N_{0}}{2} \;\Longrightarrow\; T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}. \] Le carbone-14 a \(\lambda \approx 1{,}21 \times 10^{-4}\) an\(^{-1}\), soit \(T_{1/2} \approx 5730\) ans — donnée utilisée en datation archéologique.

Piège fréquent

Si l'équation est écrite \(y' = ky\) (signe positif), il ne faut pas conclure hâtivement à \(y = Ce^{kx}\) « avec \(a = k\) ». La forme standard est \(y' + ay = 0\), donc ici \(a = -k\) et la solution est bien \(y = Ce^{kx}\). Vérifier systématiquement en substituant dans l'équation d'origine.

VII.3 — Second ordre homogène — \(\Delta \ge 0\)

Définition — Équation caractéristique

À l'équation \(y'' + ay' + by = 0\) (\(a, b \in \mathbb{R}\)) on associe le polynôme caractéristique \(r^{2} + ar + b\) et l'équation : \[ r^{2} + ar + b = 0, \quad \Delta = a^{2} - 4b. \] La nature des racines détermine entièrement la forme de la solution générale.

Théorème — Solutions générales (admis)

Les solutions de \(y'' + ay' + by = 0\) sur \(\mathbb{R}\) sont :

\[ \Delta > 0 : \quad y = A\,e^{r_{1}x} + B\,e^{r_{2}x}, \quad r_{1,2} = \frac{-a \pm \sqrt{\Delta}}{2}. \] \[ \Delta = 0 : \quad y = (Ax + B)\,e^{r_{0}x}, \quad r_{0} = -\frac{a}{2}. \]

Dans les deux cas, \(A, B \in \mathbb{R}\) sont déterminés par les deux conditions initiales.

Méthode — Résolution complète
  1. Lire \(a\) et \(b\), calculer \(\Delta = a^{2} - 4b\).
  2. Si \(\Delta > 0\) : calculer \(r_{1}\) et \(r_{2}\) ; écrire \(y = Ae^{r_{1}x} + Be^{r_{2}x}\).
    Si \(\Delta = 0\) : calculer \(r_{0} = -a/2\) ; écrire \(y = (Ax + B)e^{r_{0}x}\).
  3. Dériver \(y\) pour obtenir \(y'\), puis poser le système \(\{y(x_{0}) = y_{0},\; y'(x_{0}) = y'_{0}\}\).
  4. Résoudre le système \(2 \times 2\) pour trouver \(A\) et \(B\).
  5. Écrire la solution particulière et vérifier par substitution.
Exemple 1 — Discriminant positif (\(\Delta > 0\))

Résoudre \(y'' - 3y' + 2y = 0\) avec \(y(0) = 0\) et \(y'(0) = 1\).

Équation caractéristique : \(r^{2} - 3r + 2 = 0\). \(\Delta = 9 - 8 = 1\), \(r_{1} = 1\), \(r_{2} = 2\). Solution générale : \(y = Ae^{x} + Be^{2x}\).

Condition \(y(0) = 0\) : \(A + B = 0\), soit \(A = -B\).
On calcule \(y' = Ae^{x} + 2Be^{2x}\).
Condition \(y'(0) = 1\) : \(A + 2B = 1\). En substituant \(A = -B\) : \(-B + 2B = 1\), donc \(B = 1\) et \(A = -1\). \[ y(x) = e^{2x} - e^{x}. \]

Exemple 2 — Racine double (\(\Delta = 0\))

Résoudre \(y'' + 4y' + 4y = 0\) avec \(y(0) = 1\) et \(y'(0) = 0\).

Équation caractéristique : \(r^{2} + 4r + 4 = (r+2)^{2} = 0\), racine double \(r_{0} = -2\). Solution générale : \(y = (Ax + B)e^{-2x}\).

Condition \(y(0) = 1\) : \(B = 1\).
\(y' = Ae^{-2x} + (Ax + B)(-2)e^{-2x} = (A - 2B - 2Ax)e^{-2x}\).
Condition \(y'(0) = 0\) : \(A - 2B = 0\), soit \(A = 2\). \[ y(x) = (2x + 1)\,e^{-2x}. \]

Solutions — équations du second ordre, \(\Delta \ge 0\)

Solution particulière
Famille (\(A\) varié)

Sélectionnez un exemple dans les contrôles ci-dessous

Chaque exemple illustre une configuration de discriminant différente. La solution particulière (trait plein) est sélectionnée par les conditions initiales parmi toute la famille (traits fins).

Piège — Oublier le terme \(Ax\) en cas de racine double

Quand \(\Delta = 0\), la solution générale n'est pas \(Ce^{r_{0}x}\) mais \((Ax + B)e^{r_{0}x}\). Omettre le facteur \(Ax\) revient à ne disposer que d'un seul paramètre là où il en faut deux pour satisfaire les deux conditions initiales.

VII.4 — Racines complexes : \(y'' + \omega^{2}y = 0\)

Cadre du programme (Série C)

Pour la Série C, le cas de racines complexes conjuguées est restreint à l'équation \(y'' + \omega^{2}y = 0\) avec \(\omega > 0\) (absence de terme en \(y'\), donc coefficient d'amortissement nul). Le cas général avec amortissement est hors programme.

Théorème — Solutions et forme amplitude-phase

Les solutions de \(y'' + \omega^{2}y = 0\) (\(\omega > 0\)) sur \(\mathbb{R}\) sont :

\[ y(x) = A\cos(\omega x) + B\sin(\omega x), \qquad A, B \in \mathbb{R}. \]

Cette expression se réécrit sous forme amplitude-phase :

\[ y(x) = R\cos(\omega x - \varphi), \quad R = \sqrt{A^{2}+B^{2}},\quad \tan\varphi = \frac{B}{A}. \]

\(R\) est l'amplitude, \(\varphi\) la phase initiale, et \(T = \dfrac{2\pi}{\omega}\) la période propre.

Méthode — Passage à la forme amplitude-phase
  1. Lire les coefficients \(A = y(0)\) et \(B = y'(0)/\omega\) depuis les conditions initiales.
  2. Calculer \(R = \sqrt{A^{2}+B^{2}}\).
  3. Déterminer \(\varphi \in [0, 2\pi[\) tel que \(\cos\varphi = A/R\) et \(\sin\varphi = B/R\) (ne pas se contenter de \(\tan\varphi = B/A\), qui ne détermine pas le quadrant).
  4. Conclure : \(y = R\cos(\omega x - \varphi)\).
Exemple — Résolution avec conditions initiales

Résoudre \(y'' + 9y = 0\) avec \(y(0) = 1\) et \(y'(0) = 3\).

On a \(\omega = 3\). Solution générale : \(y = A\cos 3x + B\sin 3x\).
Condition \(y(0) = 1\) : \(A = 1\).
\(y' = -3A\sin 3x + 3B\cos 3x\) ; condition \(y'(0) = 3\) : \(3B = 3\), donc \(B = 1\).

Forme amplitude-phase : \(R = \sqrt{1+1} = \sqrt{2}\), \(\cos\varphi = 1/\sqrt{2}\) et \(\sin\varphi = 1/\sqrt{2}\), soit \(\varphi = \pi/4\). \[ y(x) = \sqrt{2}\,\cos\!\left(3x - \tfrac{\pi}{4}\right). \]

Oscillateur \(A\cos\omega x + B\sin\omega x\) — paramètres ajustables

Solution
Enveloppe ±R

Ajustez \(\omega\), \(A\), \(B\) pour observer amplitude et période

R = 1.41  ·  T = 2.09

L'amplitude \(R = \sqrt{A^2+B^2}\) est indépendante de \(\omega\). La période \(T = 2\pi/\omega\) diminue quand \(\omega\) augmente. Les enveloppes ±R délimitent la bande dans laquelle oscille la solution.

Application — Oscillateur harmonique

Un système masse-ressort sans frottement obéit à \(\ddot{x} + \omega^{2}x = 0\) où \(\omega = \sqrt{k/m}\) (\(k\) : raideur, \(m\) : masse). Le mouvement est sinusoïdal, de période propre \(T = 2\pi/\omega\). L'amplitude \(R\) et la phase \(\varphi\) sont entièrement déterminées par la position et la vitesse initiales. En l'absence de dissipation, le système oscille indéfiniment à une fréquence qui ne dépend que de ses paramètres intrinsèques.

Piège — Détermination de la phase

Calculer \(\varphi\) à partir de la seule relation \(\tan\varphi = B/A\) ne détermine pas le bon quadrant quand \(A < 0\). Il faut toujours combiner \(\cos\varphi = A/R\) et \(\sin\varphi = B/R\) pour situer \(\varphi\) sans ambiguïté.

VII.5 — Équation avec second membre

Théorème — Structure des solutions

Soit \((E)\) une équation différentielle linéaire avec second membre \(f \ne 0\), et \((H)\) l'équation homogène associée (second membre remplacé par zéro). Si \(y_{p}\) est une solution particulière quelconque de \((E)\), alors : \[ \text{Solutions de } (E) \;=\; y_{p} \;+\; \text{Solutions de } (H). \] En pratique, l'énoncé indique toujours la forme de \(y_{p}\) à chercher.

Méthode — Résolution d'une équation avec second membre
  1. Résoudre \((H)\) : écrire \(y_{H}\) avec ses constantes \(C\) (ou \(A, B\)).
  2. Chercher \(y_{p}\) sous la forme indiquée : substituer dans \((E)\) et identifier les coefficients inconnus.
  3. Écrire la solution générale : \(y = y_{H} + y_{p}\).
  4. Si des conditions initiales sont données, les appliquer à \(y\) (et \(y'\) pour le second ordre) pour fixer les constantes.
Exemple 1 — Second membre exponentiel

Résoudre \(y' - 2y = e^{x}\).

Homogène : \(y' - 2y = 0\), solution \(y_{H} = Ce^{2x}\).
Solution particulière : essayons \(y_{p} = ke^{x}\). Alors \(y_{p}' = ke^{x}\), et \(ke^{x} - 2ke^{x} = -ke^{x} = e^{x}\), d'où \(k = -1\), soit \(y_{p} = -e^{x}\). \[ y(x) = Ce^{2x} - e^{x}, \quad C \in \mathbb{R}. \]

Exemple 2 — Second membre constant, conditions initiales

Résoudre \(y' + y = 3\) avec \(y(0) = 1\).

Homogène : \(y_{H} = Ce^{-x}\).
Solution particulière : \(y_{p} = k\) (constante) → \(0 + k = 3\), d'où \(k = 3\).
Solution générale : \(y = Ce^{-x} + 3\).
Condition \(y(0) = 1\) : \(C + 3 = 1\), d'où \(C = -2\). \[ y(x) = 3 - 2e^{-x}. \] On vérifie : \(y \to 3\) quand \(x \to +\infty\), cohérent avec l'état stationnaire.

Piège — Résonance

Si la forme naturelle de \(y_{p}\) coïncide avec une solution de \((H)\), la substitution aboutit à \(0 = f(x)\), ce qui est impossible. Par exemple, pour \(y' - 2y = e^{2x}\), essayer \(y_{p} = ke^{2x}\) donne \(2ke^{2x} - 2ke^{2x} = 0 \ne e^{2x}\). L'énoncé signale ce cas et impose alors une forme modifiée : typiquement \(y_{p} = kx\,e^{2x}\) (multiplication par \(x\)).

Réflexes gagnants
  • Toujours vérifier la solution trouvée en la substituant dans l'équation d'origine.
  • Pour \(y' + ay = 0\), écrire immédiatement \(y = Ce^{-ax}\) sans passer par les étapes intermédiaires.
  • En cas de racine double, ne jamais oublier le facteur \(x\) dans \((Ax+B)e^{r_0 x}\).
  • Pour l'oscillateur, utiliser \(\cos\varphi = A/R\) et \(\sin\varphi = B/R\) conjointement pour trouver le bon quadrant.
  • Vérifier la cohérence du comportement asymptotique (\(y \to 0\) ou \(y \to\) constante) avec le signe de \(a\).

Exercice type Bac — Étude complète

Modèle de population et oscillations — Parties A et B indépendantes

Partie A — Croissance et saturation (premier ordre)

On considère l'équation \((E_1)\) : \(y' + 0{,}5\,y = 2\) sur \(\mathbb{R}\).

Question 1. Montrer que \(y_{p} = 4\) est solution particulière de \((E_1)\).

Solution

Si \(y_p = 4\) (constante), alors \(y_p' = 0\). Substitution dans \((E_1)\) : \(0 + 0{,}5 \times 4 = 2\). C'est bien égal au second membre. Donc \(y_p = 4\) est une solution particulière.

Question 2. Résoudre l'équation homogène associée, puis écrire la solution générale de \((E_1)\).

Solution

Homogène : \(y' + 0{,}5\,y = 0\) → \(y_H = Ce^{-x/2}\), \(C \in \mathbb{R}\).
Solution générale de \((E_1)\) : \(y = Ce^{-x/2} + 4\), \(C \in \mathbb{R}\).

Question 3. Déterminer la solution vérifiant \(y(0) = 1\). Étudier le comportement en \(+\infty\) et interpréter.

Solution

Condition \(y(0) = 1\) : \(C + 4 = 1\), d'où \(C = -3\). \[ y(x) = 4 - 3e^{-x/2}. \] Quand \(x \to +\infty\), \(e^{-x/2} \to 0\) donc \(y \to 4\). La grandeur part de 1 et converge vers la valeur d'équilibre 4 — comportement typique d'une croissance à saturation (capacité portante).

Partie B — Oscillations libres (second ordre)

On étudie \((E_2)\) : \(y'' + 5y' + 6y = 0\) avec \(y(0) = 2\) et \(y'(0) = -4\).

Question 4. Écrire et résoudre l'équation caractéristique. En déduire la solution générale de \((E_2)\).

Solution

Équation caractéristique : \(r^{2} + 5r + 6 = 0\). \(\Delta = 25 - 24 = 1 > 0\). \(r_1 = -3\) et \(r_2 = -2\). \[ y = Ae^{-3x} + Be^{-2x}. \]

Question 5. Déterminer \(A\) et \(B\). Montrer que \(y(x) > 0\) pour tout \(x \ge 0\) et que \(y \to 0^{+}\).

Solution

Condition \(y(0) = 2\) : \(A + B = 2\).
\(y' = -3Ae^{-3x} - 2Be^{-2x}\) ; condition \(y'(0) = -4\) : \(-3A - 2B = -4\).
Système : \(\{A + B = 2 \;;\; 3A + 2B = 4\}\). De la seconde : \(3A + 2(2-A) = 4\), soit \(A + 4 = 4\), d'où \(A = 0\) et \(B = 2\). \[ y(x) = 2e^{-2x}. \] Pour \(x \ge 0\), \(e^{-2x} > 0\) donc \(y(x) = 2e^{-2x} > 0\). De plus, \(e^{-2x} \to 0\) quand \(x \to +\infty\) → \(y \to 0^{+}\) : retour exponentiel à l'équilibre sans oscillation (régime sur-amorti).

Résumé — Équations différentielles
1er ordre homogène

\(y' + ay = 0 \Rightarrow y = Ce^{-ax}\)
Condition \(y(x_0)=y_0\) : \(C = y_0\,e^{ax_0}\)

2e ordre, \(\Delta > 0\)

Racines \(r_1, r_2\) réelles distinctes
\(y = Ae^{r_1 x}+Be^{r_2 x}\)

2e ordre, \(\Delta = 0\)

Racine double \(r_0 = -a/2\)
\(y = (Ax+B)e^{r_0 x}\)

Oscillateur \(y''+\omega^2 y=0\)

\(y = A\cos\omega x + B\sin\omega x\)
\(= R\cos(\omega x-\varphi)\), \(T=2\pi/\omega\)

Avec second membre

\(y = y_H + y_p\)
Chercher \(y_p\) sous la forme indiquée ; attention résonance.

Radioactivité

\(N' = -\lambda N \Rightarrow N = N_0 e^{-\lambda t}\)
Demi-vie : \(T_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}\)

VIII

Suites numériques

5 h de cours Analyse En ligne

VIII.1 — Généralités et raisonnement par récurrence

Définition — Modes de génération

Une suite est dite explicite lorsque l'on dispose d'une formule directe \(u_n = f(n)\) exprimant chaque terme à partir de son rang. Elle est définie par récurrence lorsque l'on se donne un ou plusieurs termes initiaux et une relation \(u_{n+1} = f(u_n)\) permettant de calculer chaque terme à partir du précédent.

Théorème — Principe de récurrence

Soit \(P(n)\) une propriété dépendant de l'entier \(n\). Si :

  • Initialisation : la propriété \(P(n_0)\) est vraie pour un entier de départ \(n_0\) ;
  • Hérédité : pour tout entier \(n \ge n_0\), si \(P(n)\) est vraie alors \(P(n+1)\) est vraie ;

alors \(P(n)\) est vraie pour tout entier \(n \ge n_0\).

Méthode — Rédiger une récurrence

La rédaction suit toujours le même schéma en quatre temps : nommer la propriété à démontrer, traiter l'initialisation en vérifiant explicitement que \(P(n_0)\) est vraie, mener l'hérédité en supposant \(P(n)\) vraie et en montrant que cela implique \(P(n+1)\), puis conclure par une phrase explicite. Ne jamais sauter l'étape d'initialisation, même quand elle paraît évidente.

Exemple 1 — Inégalité classique

Montrons que \(2^n \ge n+1\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\).

Initialisation (\(n=0\)) : \(2^0 = 1\) et \(0+1 = 1\), donc \(2^0 \ge 0+1\). Vrai.

Hérédité : supposons \(2^n \ge n+1\). Alors : \[ 2^{n+1} = 2 \cdot 2^n \ge 2(n+1) = (n+2) + n \ge n+2. \] La propriété est vraie au rang \(n+1\).

Conclusion : par le principe de récurrence, \(2^n \ge n+1\) pour tout \(n \ge 0\).

Exemple 2 — Suite récurrente bornée

On pose \(u_0 = 1\) et \(u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 2\). Montrons que \(u_n \in [0\,;\,4]\) pour tout \(n\).

Initialisation : \(u_0 = 1 \in [0\,;\,4]\). Vrai.

Hérédité : si \(0 \le u_n \le 4\), alors \(0 \le \dfrac{u_n}{2} \le 2\), d'où \(2 \le u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 2 \le 4\).

Conclusion : tous les termes de la suite appartiennent à \([0\,;\,4]\).

Propriété — Suites arithmétiques et géométriques \[ \textbf{Arithmétique :}\quad u_{n+1} = u_n + r, \quad u_n = u_0 + nr, \quad \sum_{k=0}^{n} u_k = \frac{(n+1)(u_0+u_n)}{2}. \] \[ \textbf{Géométrique :}\quad u_{n+1} = q\,u_n, \quad u_n = u_0\,q^n, \quad \sum_{k=0}^{n} u_k = u_0\,\frac{1-q^{n+1}}{1-q} \quad (q \ne 1). \]
Piège fréquent

Beaucoup d'élèves écrivent l'hérédité en sens inverse : ils supposent \(P(n+1)\) et en déduisent \(P(n)\). C'est une erreur logique grave. On suppose toujours le rang actuel \(n\) et on en tire le rang suivant \(n+1\).

Réflexe gagnant

Pour choisir l'initialisation, repérez dès l'énoncé à partir de quel rang la propriété est formulée (\(n \ge 0\), \(n \ge 1\), etc.) et initialisez exactement à ce rang.

VIII.2 — Monotonie, suites majorées et minorées

Définition — Monotonie et bornes

La suite \((u_n)\) est croissante si \(u_{n+1} \ge u_n\) pour tout \(n\), strictement croissante si \(u_{n+1} > u_n\). De même pour décroissante. Elle est majorée par \(M\) si \(u_n \le M\) pour tout \(n\), minorée par \(m\) si \(u_n \ge m\), et bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

Méthode — Étudier la monotonie

Quatre stratégies couvrent la quasi-totalité des cas au Bac :

  • Différence : calculer \(u_{n+1} - u_n\) et étudier son signe. Méthode universelle.
  • Quotient : si \(u_n > 0\), comparer \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) à \(1\). Efficace pour les puissances et factorielles.
  • Fonction auxiliaire : si \(u_n = f(n)\), étudier les variations de \(f\) via \(f'\).
  • Récurrence : pour \(u_{n+1} = f(u_n)\), montrer la monotonie par récurrence en utilisant la borne.
Exemple 1 — Méthode par différence

Soit \(u_n = 3n - n^2\). On calcule :

\[ u_{n+1} - u_n = 3(n+1)-(n+1)^2 - (3n-n^2) = 3 - 2n - 1 = 2 - 2n. \]

Ce terme est positif si \(n \le 1\), négatif si \(n \ge 2\). La suite est croissante jusqu'au rang 1, puis décroissante à partir du rang 2.

Exemple 2 — Méthode par quotient

Soit \(v_n = \dfrac{2^n}{n!}\) pour \(n \ge 1\). Les termes sont positifs :

\[ \frac{v_{n+1}}{v_n} = \frac{2^{n+1}}{(n+1)!} \cdot \frac{n!}{2^n} = \frac{2}{n+1}. \]

Ce rapport est inférieur à 1 dès que \(n \ge 2\). Ainsi \((v_n)\) est décroissante à partir du rang 2.

Visualisation : suite \(u_n = an^2 + bn + c\) — monotonie et bornes

termes \(u_n\)
courbe de \(f\)

Ajustez \(a\), \(b\), \(c\) pour modifier la suite

Les points représentent les termes \(u_0, u_1, \ldots, u_9\). La courbe en pointillés montre la fonction \(f(x) = ax^2 + bx + c\) dont la suite est la restriction aux entiers.

Piège fréquent

Vérifier le signe d'une différence sur quelques valeurs numériques ne constitue pas une démonstration. Il faut étudier le signe de l'expression générale \(u_{n+1} - u_n\) en fonction de \(n\), idéalement en factorisant.

VIII.3 — Convergence : théorèmes admis

Définition — Convergence et limite

On dit que la suite \((u_n)\) converge vers le réel \(\ell\) si tout intervalle ouvert contenant \(\ell\) contient tous les termes \(u_n\) à partir d'un certain rang. On note \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = \ell\). Une suite qui ne converge vers aucun réel est dite divergente. La limite d'une suite convergente est unique.

Théorème — Des gendarmes

Si \(v_n \le u_n \le w_n\) à partir d'un certain rang et si \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} v_n = \lim_{n \to +\infty} w_n = \ell\), alors \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = \ell\).

Théorème — Limite monotone (admis)

Toute suite croissante et majorée est convergente. Toute suite décroissante et minorée est convergente. Une suite croissante non majorée diverge vers \(+\infty\). Ces théorèmes ne donnent pas directement la valeur de la limite ; il faut l'identifier par d'autres moyens (équation du point fixe).

Propriété — Limite de \(q^n\) \[ |q| < 1 : q^n \to 0 \qquad q = 1 : q^n \to 1 \qquad q > 1 : q^n \to +\infty \qquad q \le -1 : \text{pas de limite.} \]
Exemple — Théorème des gendarmes

Soit \(u_n = \dfrac{\sin n}{n}\). Comme \(-1 \le \sin n \le 1\), on a \(-\dfrac{1}{n} \le u_n \le \dfrac{1}{n}\). Les deux suites encadrantes tendent vers 0, donc \(u_n \to 0\).

Piège fréquent

Le théorème de la limite monotone garantit l'existence de la limite, pas sa valeur. Écrire « la limite existe, donc \(\ell = 4\) » sans résoudre \(f(x) = x\) est une erreur de logique. Les deux étapes (existence puis identification) sont indépendantes.

VIII.4 — Suites du type \(u_n = f(n)\)

Théorème — Transfert des limites de fonctions

Si \(u_n = f(n)\) et si \(f\) admet une limite \(\ell\) (finie ou infinie) quand \(x \to +\infty\), alors \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = \ell\). Toutes les règles de calcul des limites de fonctions — levée des formes indéterminées, croissances comparées, limites usuelles — s'appliquent directement.

Propriété — Croissances comparées (rappel) \[ \lim_{n \to +\infty} \frac{\ln n}{n^\alpha} = 0 \quad (\alpha > 0), \qquad \lim_{n \to +\infty} \frac{n^\beta}{a^n} = 0 \quad (a > 1,\, \beta \in \mathbb{R}), \qquad \lim_{n \to +\infty} \frac{a^n}{n!} = 0 \quad (a \in \mathbb{R}). \]
Exemple 1 — Forme indéterminée \(\infty/\infty\)

\(u_n = \dfrac{2n+1}{n+1}\). On factorise par \(n\) :

\[ u_n = \frac{n(2 + 1/n)}{n(1 + 1/n)} = \frac{2 + 1/n}{1 + 1/n} \xrightarrow[n \to +\infty]{} \frac{2}{1} = 2. \]
Exemple 2 — Croissances comparées

\(v_n = \dfrac{\ln n}{n} \to 0\) car \(\ln n \ll n\) quand \(n \to +\infty\).
\(w_n = n^2 e^{-n} = \dfrac{n^2}{e^n} \to 0\) car les exponentielles l'emportent sur les puissances.

Piège fréquent

L'inégalité \(u_n \le v_n\) pour tout \(n\) n'implique pas \(\ell_1 < \ell_2\) (l'inégalité stricte peut devenir large à la limite) ; on obtient seulement \(\ell_1 \le \ell_2\).

VIII.5 — Suites récurrentes et point fixe

Théorème — Identification par le point fixe

Si la suite \((u_n)\) définie par \(u_{n+1} = f(u_n)\) converge vers un réel \(\ell\) et si \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(\ell\) est un point fixe de \(f\) : \[ f(\ell) = \ell. \] La démarche est donc : montrer que la suite converge (théorème de la limite monotone), puis résoudre \(f(x) = x\) dans l'intervalle stable pour identifier la limite.

Méthode — Étude complète d'une suite récurrente
  1. Trouver un intervalle stable \(I\) : montrer que si \(u_n \in I\) alors \(f(u_n) \in I\).
  2. Montrer par récurrence que \(u_n \in I\) : initialisation, hérédité via la stabilité.
  3. Étudier la monotonie : souvent via le signe de \(f(x) - x\) sur \(I\).
  4. Conclure : croissante bornée supérieurement → convergence.
  5. Identifier \(\ell\) : résoudre \(f(x) = x\) dans \(I\).
Théorème — Convergence par l'IAF

Si \(f\) est dérivable sur un intervalle stable \(I\) et si \(|f'(x)| \le k < 1\) pour tout \(x \in I\), alors : \[ |u_{n+1} - \ell| = |f(u_n) - f(\ell)| \le k\,|u_n - \ell|, \qquad |u_n - \ell| \le k^n \,|u_0 - \ell| \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0. \] Cette méthode prouve simultanément la convergence et une vitesse de convergence.

Exemple complet — \(u_0 = 0\), \(u_{n+1} = \dfrac{u_n}{2} + 2\)

On pose \(f(x) = \dfrac{x}{2} + 2\).

Point fixe : \(f(\ell) = \ell \iff \dfrac{\ell}{2} + 2 = \ell \iff \ell = 4\).

Intervalle stable : si \(x \in [0\,;\,4]\), alors \(f(x) \in [2\,;\,4] \subset [0\,;\,4]\).

Monotonie : \(u_{n+1} - u_n = 2 - \dfrac{u_n}{2} \ge 0\) car \(u_n \le 4\) → suite croissante.

Convergence : croissante et majorée par 4 → converge. Par continuité de \(f\), la limite vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où \(\ell = 4\).

Via l'IAF : \(f'(x) = \dfrac{1}{2}\) sur \(\mathbb{R}\), donc \(|u_n - 4| \le \left(\dfrac{1}{2}\right)^n |u_0 - 4| = \dfrac{4}{2^n} \to 0\).

Toile d'araignée — \(u_{n+1} = f(u_n)\), \(f(x) = ax + b\)

\(y = f(x)\)
\(y = x\)
toile \(u_0, u_1, \ldots\)
point fixe \(\ell\)

Ajustez les paramètres pour visualiser la convergence ou la divergence

La toile d'araignée permet de prévoir graphiquement le comportement de la suite. Depuis \((u_0, 0)\), on monte jusqu'à la courbe de \(f\), puis horizontalement jusqu'à la droite \(y = x\), et ainsi de suite. Si \(|a| < 1\), la suite converge vers le point fixe \(\ell = b/(1-a)\).

Piège fréquent

Résoudre \(f(x) = x\) sans avoir préalablement prouvé la convergence est sans valeur. Si la suite diverge, un point fixe peut exister sans que la suite ne le rejoigne. On doit d'abord établir la convergence, puis identifier la limite.

Exercice type Bac — Suite récurrente (5 questions progressives)

Suite récurrente — algorithme de Héron

On considère la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 1\) et, pour tout \(n \in \mathbb{N}\) : \[ u_{n+1} = \frac{u_n^{\,2} + 2}{2\,u_n}. \]

Question 1. Calculer \(u_1\) et \(u_2\). En déduire une conjecture sur le comportement de la suite.

Solution \[ u_1 = \frac{1 + 2}{2} = \frac{3}{2} = 1{,}5, \qquad u_2 = \frac{(3/2)^2 + 2}{2 \cdot 3/2} = \frac{17}{12} \approx 1{,}417. \]

Les termes semblent décroître et se rapprocher de \(\sqrt{2} \approx 1{,}414\). Conjecture : la suite converge vers \(\sqrt{2}\).

Question 2. Déterminer les points fixes de \(f(x) = \dfrac{x^2+2}{2x}\).

Solution

On résout \(f(x) = x\) pour \(x > 0\) :

\[ \frac{x^2 + 2}{2x} = x \iff x^2 + 2 = 2x^2 \iff x^2 = 2 \iff x = \sqrt{2}. \]

Question 3. Montrer par récurrence que \(u_n \ge \sqrt{2}\) pour tout \(n \ge 1\).

Solution

Initialisation (\(n=1\)) : \(u_1 = 3/2 > \sqrt{2}\). Vrai.

Hérédité : supposons \(u_n \ge \sqrt{2}\). On calcule :

\[ u_{n+1} - \sqrt{2} = \frac{u_n^2 + 2 - 2\sqrt{2}\,u_n}{2u_n} = \frac{(u_n - \sqrt{2})^2}{2u_n} \ge 0. \]

Le numérateur est positif ou nul, le dénominateur est positif : \(u_{n+1} \ge \sqrt{2}\).

Question 4. Montrer que la suite est décroissante à partir du rang 1.

Solution

Pour \(n \ge 1\), on a \(u_n \ge \sqrt{2} > 0\) :

\[ u_{n+1} - u_n = \frac{u_n^2 + 2 - 2u_n^2}{2u_n} = \frac{2 - u_n^2}{2u_n}. \]

Comme \(u_n^2 \ge 2\), on a \(2 - u_n^2 \le 0\) et \(2u_n > 0\) : la suite est décroissante.

Question 5. Conclure sur la convergence et calculer la limite.

Solution

À partir du rang 1, la suite est décroissante et minorée par \(\sqrt{2}\). Par le théorème de la limite monotone, elle converge. Sa limite \(\ell\) vérifie \(f(\ell) = \ell\), d'où :

\[ \lim_{n \to +\infty} u_n = \sqrt{2}. \]

C'est l'algorithme de Héron, méthode de calcul numérique de \(\sqrt{2}\) connue depuis l'Antiquité. Le nombre de décimales exactes double à chaque itération.

Résumé — Suites numériques
Récurrence

Initialisation + hérédité dans cet ordre. On suppose \(P(n)\) et on déduit \(P(n+1)\), jamais l'inverse.

Monotonie

Signe de \(u_{n+1} - u_n\), quotient si \(u_n > 0\), variations de \(f\) si explicite, récurrence si récurrente.

Convergence

Croissante majorée ou décroissante minorée → convergence (admis). Gendarmes : deux suites encadrantes de même limite.

Suite \(u_n = f(n)\)

Transférer les limites de fonctions. Croissances comparées : \(\ln n \ll n^\alpha \ll a^n \ll n!\).

Point fixe

Si \((u_n)\) converge et \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(f(\ell) = \ell\). Méthode en 5 étapes.

IAF et vitesse

Si \(|f'| \le k < 1\) sur l'intervalle stable : \(|u_n - \ell| \le k^n |u_0 - \ell| \to 0\).

IX

Calcul intégral

6 h de cours Analyse En ligne

IX.1 — Intégrale d'une fonction continue

Définition

Soit \(f\) une fonction continue sur un intervalle \(I\), et \(F\) une primitive de \(f\) sur \(I\). Pour tous réels \(a\) et \(b\) de \(I\), on appelle intégrale de \(a\) à \(b\) de \(f\) le réel : \[\int_{a}^{b} f(x)\,dx = \Big[F(x)\Big]_{a}^{b} = F(b) - F(a).\] Ce résultat est indépendant de la primitive choisie : deux primitives ne différant que d'une constante, celle-ci s'annule dans la soustraction.

Propriété — Interprétation géométrique

Lorsque \(f \ge 0\) sur \([a\,;b]\) avec \(a \le b\), l'intégrale \(\displaystyle\int_{a}^{b} f(x)\,dx\) représente l'aire du domaine délimité par la courbe de \(f\), l'axe des abscisses et les droites verticales \(x = a\) et \(x = b\). Quand \(f\) prend des valeurs négatives, l'intégrale est une aire algébrique : les parties sous l'axe comptent négativement.

Méthode — Calculer une intégrale

Trois étapes : trouver une primitive \(F\) de \(f\) ; écrire le crochet \([F(x)]_a^b\) ; calculer \(F(b) - F(a)\). Rappel utile : pour \(a \ne 0\), une primitive de \(x \mapsto f(ax+b)\) est \(x \mapsto \dfrac{1}{a}F(ax+b)\). Les formes \(u'e^u\), \(u' u^\alpha\) et \(\dfrac{u'}{u}\) sont les outils de base.

Exemple 1 — Puissance \[\int_{1}^{4} \sqrt{x}\,dx = \left[\frac{2}{3}x^{3/2}\right]_{1}^{4} = \frac{2}{3}(8 - 1) = \frac{14}{3}\ \text{u.a.}\]
Exemple 2 — Fonction composée

On reconnaît la forme \(u' u^\alpha\) avec \(u = x^2+1\) et \(u' = 2x\) :

\[\int_{0}^{1} 2x(x^{2}+1)^{3}\,dx = \left[\frac{(x^{2}+1)^{4}}{4}\right]_{0}^{1} = \frac{2^4 - 1^4}{4} = \frac{15}{4}.\]
Exemple 3 — Exponentielle et linéaire \[\int_{0}^{2} e^{3x-1}\,dx = \left[\frac{e^{3x-1}}{3}\right]_{0}^{2} = \frac{e^{5} - e^{-1}}{3}.\]
Piège fréquent

Oublier la constante multiplicative \(\dfrac{1}{a}\) lors de l'intégration d'une composée linéaire. Ainsi \(\displaystyle\int e^{2x}\,dx = \frac{e^{2x}}{2} + C\), pas \(e^{2x}\). Vérifier systématiquement en dérivant le résultat.

Aire sous \(y = \sqrt{x}\) — bornes réglables

\(y = \sqrt{x}\)
aire \(\displaystyle\int_a^b\!\sqrt{x}\,dx\)

Ajustez \(a\) et \(b\) pour modifier l'aire intégrée

Aire = 4.667 u.a.

L'aire colorée correspond à la valeur de \(\displaystyle\int_a^b \sqrt{x}\,dx = \dfrac{2}{3}(b^{3/2} - a^{3/2})\). Déplacer les bornes modifie instantanément l'aire calculée.

IX.2 — Propriétés de l'intégrale

Propriétés fondamentales \[\int_{a}^{a} f = 0 \qquad\qquad \int_{b}^{a} f = -\int_{a}^{b} f\] \[\textbf{Linéarité :}\quad \int_{a}^{b}\!\bigl(\alpha f + \beta g\bigr) = \alpha\int_{a}^{b}\!f + \beta\int_{a}^{b}\!g\] \[\textbf{Chasles :}\quad \int_{a}^{b}\!f = \int_{a}^{c}\!f + \int_{c}^{b}\!f \quad (\text{pour tout } c)\]
Intégrale et ordre (avec \(a \le b\)) \[f \ge 0 \text{ sur } [a\,;b] \;\Rightarrow\; \int_{a}^{b}\!f \ge 0\] \[f \le g \text{ sur } [a\,;b] \;\Rightarrow\; \int_{a}^{b}\!f \le \int_{a}^{b}\!g\] \[\left|\int_{a}^{b}\!f(x)\,dx\right| \le \int_{a}^{b}\!|f(x)|\,dx\]
Exemple — Chasles avec un point de changement de signe

Pour calculer \(\displaystyle\int_{-1}^{2} |x|\,dx\), on remarque que \(|x| = -x\) sur \([-1\,;0]\) et \(|x| = x\) sur \([0\,;2]\). La relation de Chasles donne :

\[\int_{-1}^{2} |x|\,dx = \int_{-1}^{0}(-x)\,dx + \int_{0}^{2} x\,dx = \frac{1}{2} + 2 = \frac{5}{2}.\]
Piège — Intégrale nulle ≠ fonction nulle

Les propriétés d'ordre exigent \(a \le b\). Si les bornes sont inversées, les inégalités se renversent. Par ailleurs, \(\displaystyle\int_{a}^{b} f = 0\) n'implique pas \(f = 0\) : il suffit que les aires positives et négatives se compensent.

Relation de Chasles — déplacer le point intermédiaire \(c\)

\(y = x^2+1\)
\(\displaystyle\int_0^c\)
\(\displaystyle\int_c^3\)

Déplacez \(c\) : la somme des deux aires reste constante

\(\int_0^c\) + \(\int_c^3\) = \(\int_0^3\) = 12

Quelle que soit la position de \(c\) dans \(]0\,;\,3[\), la somme des deux intégrales vaut toujours \(\displaystyle\int_0^3(x^2+1)\,dx = 12\). C'est le sens de la relation de Chasles.

IX.3 — Valeur moyenne et inégalité de la moyenne

Définition — Valeur moyenne

La valeur moyenne de \(f\) sur \([a\,;b]\) avec \(a < b\) est le réel :

\[\mu = \frac{1}{b-a}\int_{a}^{b} f(x)\,dx.\]

Géométriquement, \(\mu\) est la hauteur du rectangle de largeur \((b-a)\) qui a la même aire que la surface sous la courbe de \(f\).

Inégalité de la moyenne

Si \(m \le f(x) \le M\) pour tout \(x \in [a\,;b]\), alors :

\[m(b-a) \;\le\; \int_{a}^{b}\!f(x)\,dx \;\le\; M(b-a), \qquad\text{soit}\qquad m \;\le\; \mu \;\le\; M.\]
Exemple 1 — Valeur moyenne du sinus \[\mu = \frac{1}{\pi}\int_{0}^{\pi}\!\sin x\,dx = \frac{1}{\pi}\Big[-\cos x\Big]_{0}^{\pi} = \frac{2}{\pi} \approx 0{,}637.\]
Exemple 2 — Encadrement par l'inégalité de la moyenne

Pour \(f(x)=e^{-x^2}\) sur \([0\,;1]\), on a \(e^{-1} \le f(x) \le 1\), donc : \[e^{-1} \;\le\; \int_{0}^{1}\!e^{-x^2}\,dx \;\le\; 1.\] Cette technique permet d'encadrer une intégrale qu'on ne sait pas calculer exactement.

Valeur moyenne — le rectangle de même aire

courbe de \(f\)
aire sous la courbe
rectangle de hauteur \(\mu\)

Sélectionnez une fonction dans les contrôles

Valeur moyenne \(\mu\) = 0.637

Le rectangle en or a la même aire que la surface sous la courbe. Sa hauteur est la valeur moyenne \(\mu = \dfrac{1}{b-a}\displaystyle\int_a^b f(x)\,dx\).

IX.4 — Intégration par parties

Théorème

Si \(u\) et \(v\) sont dérivables sur \([a\,;b]\) de dérivées continues, alors :

\[\int_{a}^{b}\!u'(x)\,v(x)\,dx = \Big[u(x)\,v(x)\Big]_{a}^{b} - \int_{a}^{b}\!u(x)\,v'(x)\,dx.\]
Méthode — Choisir \(u'\) et \(v\)

Choisir pour \(v\) la fonction qui se simplifie en dérivant (polynôme, \(\ln x\)) et pour \(u'\) celle qu'on sait intégrer (exponentielle, sinus, cosinus, puissance). La nouvelle intégrale \(\displaystyle\int uv'\) doit être plus simple que l'intégrale de départ. Quand \(f(x) = \ln x\), on pose \(u' = 1\), \(v = \ln x\).

Intégrale\(u'\) =\(v\) =
\(\displaystyle\int x\,e^x\,dx\)\(e^x\)\(x\)
\(\displaystyle\int x\cos x\,dx\)\(\cos x\)\(x\)
\(\displaystyle\int x^2\sin x\,dx\)\(\sin x\)\(x^2\)
\(\displaystyle\int \ln x\,dx\)\(1\)\(\ln x\)
\(\displaystyle\int x\ln x\,dx\)\(x\)\(\ln x\)
Exemple 1 — \(\displaystyle\int_0^1 x\,e^x\,dx\)

On pose \(u'(x) = e^x\) et \(v(x) = x\), d'où \(u(x) = e^x\) et \(v'(x) = 1\).

\[\int_{0}^{1}\!x\,e^{x}\,dx = \Big[x\,e^{x}\Big]_{0}^{1} - \int_{0}^{1}\!e^{x}\,dx = e - \Big[e^{x}\Big]_{0}^{1} = e - (e-1) = 1.\]
Exemple 2 — \(\displaystyle\int_1^e \ln x\,dx\)

On pose \(u'(x) = 1\) et \(v(x) = \ln x\), d'où \(u(x) = x\) et \(v'(x) = 1/x\).

\[\int_{1}^{e}\!\ln x\,dx = \Big[x\ln x\Big]_{1}^{e} - \int_{1}^{e}\!1\,dx = e - (e-1) = 1.\]
Exemple 3 — Double IPP : \(\displaystyle\int_0^\pi x^2\sin x\,dx\)

Première IPP : \(u' = \sin x\), \(v = x^2\) :

\[\int_{0}^{\pi}\!x^2\sin x\,dx = \Big[-x^2\cos x\Big]_{0}^{\pi} + 2\int_{0}^{\pi}\!x\cos x\,dx = \pi^2 + 2\int_{0}^{\pi}\!x\cos x\,dx.\]

Deuxième IPP pour \(\displaystyle\int_0^\pi x\cos x\,dx\) : \(u' = \cos x\), \(v = x\) :

\[\int_{0}^{\pi}\!x\cos x\,dx = \Big[x\sin x\Big]_{0}^{\pi} - \int_{0}^{\pi}\!\sin x\,dx = 0 + \Big[\cos x\Big]_{0}^{\pi} = -2.\]

Conclusion :

\[\int_{0}^{\pi}\!x^2\sin x\,dx = \pi^2 + 2\times(-2) = \pi^2 - 4.\]
Réflexe gagnant

Toujours vérifier que la nouvelle intégrale obtenue après l'IPP est bien plus simple que l'initiale. Si ce n'est pas le cas, on a fait le mauvais choix : il faut intervertir \(u'\) et \(v\).

IX.5 — Applications : aires et volumes de révolution

Méthode — Aire entre deux courbes

Si \(f \ge g\) sur \([a\,;b]\), l'aire du domaine délimité par les deux courbes vaut \(\displaystyle\int_{a}^{b}\!\bigl(f(x)-g(x)\bigr)\,dx\) u.a. Quand les courbes se croisent, repérer les points d'intersection, puis découper l'intervalle avec la relation de Chasles.

Exemple 1 — Aire entre \(\sqrt{x}\) et \(x^2\)

Sur \([0\,;1]\), on a \(\sqrt{x} \ge x^2\) :

\[\mathcal{A} = \int_{0}^{1}\!\bigl(\sqrt{x} - x^{2}\bigr)\,dx = \left[\frac{2}{3}x^{3/2} - \frac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{1} = \frac{2}{3} - \frac{1}{3} = \frac{1}{3}\ \text{u.a.}\]
Exemple 2 — Aire entre \(\sin x\) et \(\cos x\)

Sur \([0\,;\pi/2]\), les deux fonctions se croisent en \(x = \pi/4\). On applique Chasles :

\[\mathcal{A} = \int_{0}^{\pi/4}\!(\cos x - \sin x)\,dx + \int_{\pi/4}^{\pi/2}\!(\sin x - \cos x)\,dx = 2(\sqrt{2}-1)\ \text{u.a.}\]
Théorème — Volume d'un solide de révolution

Le solide engendré par la rotation autour de l'axe \((Ox)\) du domaine délimité par la courbe de \(f\) (continue, positive sur \([a\,;b]\)) et l'axe des abscisses a pour volume :

\[V = \pi\int_{a}^{b}\!\bigl[f(x)\bigr]^{2}\,dx.\]
Exemple classique — Volume de la sphère

On fait tourner \(f(x)=\sqrt{R^2-x^2}\) sur \([-R\,;R]\) :

\[V = \pi\int_{-R}^{R}\!\bigl(R^{2}-x^{2}\bigr)\,dx = \pi\left[R^{2}x - \frac{x^{3}}{3}\right]_{-R}^{R} = \frac{4}{3}\pi R^{3}.\]
Exemple — Cône

Rotation de \(f(x) = \dfrac{R}{h}x\) sur \([0\,;h]\) :

\[V_{\text{cône}} = \pi\int_{0}^{h}\!\frac{R^2}{h^2}x^2\,dx = \frac{\pi R^2}{h^2}\cdot\frac{h^3}{3} = \frac{1}{3}\pi R^2 h.\]

Aire entre deux courbes — choix interactif

\(f\)
\(g\)
aire \(\int(f-g)\)

Sélectionnez un exemple dans les contrôles

Aire = 0.3333 u.a.

La surface colorée représente l'aire algébrique entre les deux courbes. On l'obtient en intégrant la différence \(f - g\) (en valeur absolue si les courbes se croisent).

Exercice type Bac — Étude complète

Fonction, primitives, IPP et volume de révolution

On considère \(f\) définie sur \([0\,;+\infty[\) par \(f(x) = (x+1)\,e^{-x}\).

Question 1. Calculer \(f'(x)\) et étudier les variations de \(f\).

Solution \[f'(x) = e^{-x} + (x+1)\cdot(-e^{-x}) = e^{-x}(1 - x - 1) = -x\,e^{-x}.\]

Comme \(e^{-x} > 0\), on a \(f'(x) \le 0\) sur \([0\,;+\infty[\). \(f\) est décroissante sur cet intervalle. \(f(0) = 1\) et \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x) = 0\).

Question 2. Montrer que \(F(x) = -(x+2)\,e^{-x}\) est une primitive de \(f\).

Solution \[F'(x) = -e^{-x} + (-(x+2))\cdot(-e^{-x}) = e^{-x}(-1 + x + 2) = (x+1)\,e^{-x} = f(x).\]

Question 3. Calculer \(\displaystyle I = \int_{0}^{1} (x+1)\,e^{-x}\,dx\) et interpréter.

Solution \[I = \Big[-(x+2)\,e^{-x}\Big]_{0}^{1} = -3e^{-1} + 2 = 2 - \frac{3}{e} \approx 0{,}896.\]

Puisque \(f \ge 0\) sur \([0\,;1]\), cette valeur représente l'aire du domaine sous la courbe, soit \(\approx 0{,}896\) u.a.

Question 4. Calculer \(\displaystyle J = \int_{0}^{1} x(x+1)\,e^{-x}\,dx\) par IPP.

Solution

On pose \(u'(x) = f(x) = (x+1)e^{-x}\) (primitive \(F(x) = -(x+2)e^{-x}\)) et \(v(x) = x\) :

\[J = \Big[x\cdot(-(x+2)e^{-x})\Big]_{0}^{1} + \int_{0}^{1}(x+2)e^{-x}\,dx = -\frac{3}{e} + \int_{0}^{1}(x+2)e^{-x}\,dx.\]

Or \(\displaystyle\int_{0}^{1}(x+2)e^{-x}\,dx = I + \int_{0}^{1}e^{-x}\,dx = \left(2-\frac{3}{e}\right) + \left(1-\frac{1}{e}\right) = 3 - \frac{4}{e}\). Donc :

\[J = -\frac{3}{e} + 3 - \frac{4}{e} = 3 - \frac{7}{e} \approx 0{,}425.\]

Question 5. Calculer le volume \(V\) du solide de révolution engendré par la rotation de la courbe de \(f\) autour de \((Ox)\) sur \([0\,;1]\).

Solution \[V = \pi\int_{0}^{1}\!\bigl[(x+1)e^{-x}\bigr]^{2}\,dx = \pi\int_{0}^{1}\!(x+1)^{2}e^{-2x}\,dx.\]

On développe \((x+1)^2 = x^2 + 2x + 1\) et on calcule par IPP successive. Le résultat est :

\[V = \frac{\pi}{4}\!\left(1 - \frac{5}{e^2}\right) \approx 0{,}648\ \text{u.v.}\]
Résumé — Calcul intégral
Définition

\(\displaystyle\int_a^b\!f = F(b)-F(a)\). Aire sous la courbe si \(f\ge0\) et \(a\le b\).

Propriétés

Linéarité, Chasles (pour tout \(c\)), positivité et croissance si \(a \le b\). \(\displaystyle\big|\int f\big|\le\int|f|\).

Valeur moyenne

\(\mu = \dfrac{1}{b-a}\displaystyle\int_a^b\!f\). Encadrée par le minimum et le maximum de \(f\).

IPP

\(\displaystyle\int u'v = [uv] - \int uv'\). Dériver ce qui se simplifie, intégrer ce qu'on connaît.

Aire entre courbes

\(\displaystyle\mathcal{A}=\int_a^b\!(f-g)\) avec \(f\ge g\). Chasles si les courbes se croisent.

Volume de révolution

\(V = \pi\displaystyle\int_a^b\![f(x)]^2\,dx\). Retrouver \(\frac{4}{3}\pi R^3\) et \(\frac{1}{3}\pi R^2 h\).

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